‹ Philiberte: comédie en trois actes et en versChapitre 4 sur 78 · JULI · texte numérisé non relu

JULI

Que te faut-il de plus quand tu te marieras?

Ohl moi , tu sais, ma sœur : je suis une sauvage. Je voudrais un bonheur fait comme un esclavage, Et je l'emporterais, pour le rendre plus sûr, Ainsi que la lionne, au fond d'un antre obscur. Là, seule à posséder celui qui me possède...

JULIE

Achève...

PHILIBBRTE.

J'oubliais déjà que je suis laide, Et qu'un homme ne peut désirer mon hymen Que pour le million que j'ai dans chaque maîD^

JOLIE

Te voilà triste, et c'est par ma faute peut-êtii^

C'est la mienne. Un captif doit fermer sa fenêtre

I PUILIBERTE.

Et tâcher d'oublier, par folie ou raison, Que l'univers existe autour de sa prison.

JULIE

Hé bien, tu peux laisser celte fenêtre ouverte; Je t'apporte la clef des champs, ma Philiberte.

PUILIBERTB.

Comment?

JULIE

J*ai découvert deux choses, chère sœur^ Que tu n'apprendras pas, j'espère, sans douceur, Et la première, c'est que vous êtes charmante, Mademoiselle.

PHILIBBETB.

Moi?

JULIE

Nouvelle surprenante.

N'est-ce pas? Tu l'entends pour la première (olé^ Et je me sais bon gré que ce soit par ma voix.

PUILIBERTE.

Si c'est un badinage, il est cruel, JuUe.

JULIE

Très-sérieusement, je te trouve... jolie?

Non, ce n'est pas le mot : j'avais mieux dit d'abord;

Je te trouve charmante, et c'est bien plus encor.

II semble à travers toi que ton âme transpire : Ton accent est plus doux que ta voix ; ton sourire Plus joli que ta bouche, et ton regard plus beau Que tes yeux : la lumière efface le flambeau.

Hé bien! te voilà rouge et tout embarrassée?...

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