ACTE I
Je démêle mon fil.
JULIE
Le fil de ta pensée?
Les premiers compliments Temmêlent en effet; Mais en très-peu de temps, tu verras, on s*y fait
Tu veux me consoler ; je ne prends pas le change. Je reconnais bien là ta chère amitié d*ange.
Mais si c'était réel ce que tu prétends voir, Tu ne serais pas seule à t'en apercevoir.
JULIE
Bah 1 Ton te trouve laide ici de confîajice ;
Tu rétais, en effet , dans ta première enfance,
Et personne depuis ne t*observant , que moi ,
Ta laideur est passée en article de foi.
De plus je suis la seule encor dont la présence
Laisse à tes mouvements leur charme et leur aisance :
Trop de timidité près des autres te nuit ,
Car ta grâce ressemble à ces Belles de nuit
Que le brillant êckt du soleil importune,
Et qui n'osent s'ouvrir qu'aux douceurs de la lune.
Mais sois un peu toi-même à la barbe des gens,
Et tu plairas bientôt même aux moins indulgents.
Merci. Pour ma laideur ta tendresse qui plaide M'adoucit en effet le chagrin d'être laide.
Mais, ma sœur, le plus clair, d'après ton propre aveu, C'est que je parais gauche...
• PHILIBERTB.
JULIE
 qui te connaît poii«
PHILIBERTB.
Nul ne me connaissant, excepté toi , chérie, Je reste aux yeux du inonde avec ma gaucherie.
JULIE
Laisse-moi cependant finir mon plaidoyer ; Mon second argument confirme le premier.
PHILIBERTB.
Voyons, puisqu'il le faut.
JULIE
Je sais quelqu'un qui t'aime.
PHILIBEBTE.
Oui , toi.
JULIE
Bien plus que moi peut-être, et pas de même fin tous cas.
PHILIBERTB,
Et quel est ce mortel surprenant?
JULIE
Notre pauvre voisin, Raymond de Taulignan.
PHILIBERTB.
Lui?
JULIE
Lui. Cette nouvelle est-elle bien venue?
PHILIBERTB.
Est-ce qu'il le Ta dit?
JULIE
Question ingénue!