SCÈNE II
TALMAY, PHILIBERTE.
TALMAT.
Ou*îl tardait à mon cœur d'être seul avec vous !
Je ne vous aurais pas donné ce rendez-vous , Monsieur, si nous n'avions à régler certain compte, Que je laissais traîner par une fausse honte ; Mais comme vous prenez envers moi , par instants , De petits airs d'esclave un peu compromettants, Il faut bien dissiper, malgré ma répugnance , L'erreur où ce matin vous a mis mon silence.
Bt remarquez , monsieur, que je suis de sang-froid , Bien que de m'indigner vous m'ayez donné droit ; Car c'est une insolence aussi par trop brutale D'oser me proposer à moi , moi 1 votre égale ! Ce que ne pourrait pas entendre sans rougeur La fille d'un manant, pour peu qu'elle eût du cœur!
TALMÂY.
Ce changement de ton a lieu de me surprendre Et vous m'aviez tantôt paru mieux me comprendre.
Je conviens qu'en effet je n'ai pas répondu
 votre étnmge aveu oomine je Taurais àh;
C'est que je me croyais si peu faite en idole i
Que rébahissement m'a coupé la parole. \
Mais tout autre que vous me paraîtrait un siA * \
D'avoir si promptement pris mon silence au moL i
TÀLMAT.
Un sot ! Le terme est vif.
Aussi, j'ai dit : tout autro.
Car avec un esprit connu comme le vôtre, Un esprit si charmant, si fin, si délicat, Je n*ose vous trouver qu'immodérément fat.
TALMAT.
Si vous me trouvez fat, il faut que je vous croie;
Mais j'avais remarqué chez vous certaine joie i
Que j'ai peut-être pu , sans trop de vanité ,
Ne pas juger contraire à ma témérité.
PflILIBERTB.
Vous vous êtes trompé , monsieur, sur les symptâmei : Je faisais mes adieux au plus noir des fantômes Dont jamais femme ait eu l'esprit tyrannisé, Celui de la laideur par vous exorcisé.
TALMAT.
Hé bien , n'eussé-je encor que ce petit mérite Il vaut bien quelque chose...
Aussi je vous tiens quitte. ^
TALMAT.
Votre arrêt me tient-il quitte de vous aimer?