ACTE IIL
Et vous épouserez, cet honneur n'est pas mince, Quelque longue princesse en disette de prince I
TALMAT.
Pourquoi longue?
PBILIBEETB.
Oh! mon Dieu! courte, s'il vous plaît mieux : le n'y tiens pas.
TALMAT.
Ni moi. Pourquoi pas entre deux?
PHILIBERTB.
Parce que celles-là, qui sont jeunes et belles, Choisissent au-dessus, et non au-dessous d'elles. Vous n'aurez donc le choix que parmi le rebut : Certe , à l'ambition c'est un rude tribut.
^ TALMAT.
Qu'importe I On peut toujours trouver une maîtresse!
PHILIBERTB.
Oh! votre noble épouse est d'humeur de tigresse;
Comme elle vous a pris en simple pis-allor,
Elle se croit le droit de vous faire endiabler.
Si vous vous révoltez, son illustre famille
Vous fait mettre pendant un mois à la Bastille,
Au pain sec! On vous traite en mineur, en marmot...
Vous êtes le mari de la reine , en un mot !
TALMAT.
Morbleu 1 si je croyais...
PIIILIBERTE.
Vous ferez bien de croire.
TALMAT.
Ce serait payer cher une petite gloire 1
74 PUILIBËRTE.
»HILI1ERTB.
Ces mariages-là. pour on esprit mutin,
Sont ceux qu'on peut nommer proprement une fiiir
TALMAT.
Oui 1 la fin du bonheur I la fin de la jeunesse I
PHILIBBBTB.
Mais on a des enfants qui sont fils d'une altesso.
TALMAT.
Il vaut mille fois mieux être maître chez soit
PHILIBBKTB.
Gomme le charbonnier? fi doncl
Comme le rd!
Foin de la vanité 1 fom des princesses maigres! Au diable les plats d'or qui portent des fruits aigres! Au diable les écus, les titres, le blason !
Vive ma mie, ô gué! comme dit la chanson.
Voulez-vous m'épouser, ma chère Philibertef
PHILIBBATE.
Çà! vous perdez l'esprit...
TALMAT.
Ce n'est pas une perte.
Sans vous il m'aurait mis, le drôle, en de beaux draps/
A par».
Draps est le mot.
PHILIBBBTB.
Quoi?
TALMAT.
Rien.
PHILIBEBTB.
Mais vous ne songez pas