ACTE I
Comme la mienne en moi se souvient de mon père.
LE DUC
Soit ! mais toujours est-il qu'on vous maltraite ici, Et que votre parrain doit en prendre souci.
J'y suis habituée, et par une parole, D'ailleurs, l'affection de ma sœur me console.
La voilà mariée, et ce dernier appui Vous manquant , pourrez-vous supporter votre ennui ? Non, non, c'est impossible. — Il me vient une idée... Absurde! — A rester fille êtes-vous décidée?
Oh ! oui , plus que jamais.
LE DUC
Hé bien ! épousez-moi.
Vous?
LE DUC
Oui. Personne ainsi ne vous fera la loi; Vous deviendrez duchesse. Ah! dame, chère fille, Ce n'est qu'une façon de changer de famille ; Je ne me donne pas pour un parfait mari , Mais pour un bon papa d'indulgence pétri. Que sacrifiez-vous en devenant ma femme. Puisque l'amour n'a pas place en votre programme ? Si vous changez d'avis, votre époux paternel Est extrêmement loin d'être un père éternel , Et laissera bientôt le champ libre à sa veuve,
Assez jeune pour faire une seconde épreuve. Si vous ne changez pas d'avis, s'il vous suffit D'un bonhomme d'époux en petits soins confit , D'un pouvoir absoUi sur tout votre entourage, Du titre de duchesse et d'un grand équipage. Hé bien ! je tâcherai de yivoter longtemps A la bonne chaleur de votre doux printemps. Après tout, mon idée est assez raisonnable, Et comme pis-aller je suis fort convenable. J'ai dit. Réfléchissez mûrement là-dessus; Je tiens l'offre pour faite et je n'en parle plus. Adieu. Réfléchissez.
A part.
Le trouMe est en son ame.
11 sort.