SCÈNE YI
JULIE, embrassant Philiberte qui pleure sur son épaul»^.
Philiberte! c'est moi! ta sœur !' Voyons ! courage!
Ce nest rien. Laisse-moi pleurer... cela soulage...
lu LIE.
Quel chagrin?...
C'est la joie au contraire.
JULIE
Tant mieux.
Cela passe.
JULIE
Est-ce vrai? Levez un peu les yeux...
Oui , l'orage se calme en effet; je vois luire Entre les derniers pleurs l'arc-en-ciel du sourire.
Tiens, voilà le beau temps .. Embrasse-moi, ma sœur. Mon trésor , ma beauté , ma grâce , ma fraîcheur ! Es-tu belle! Es-tu bonne! — Oh! que je suis ravie! C'est d'aujourd'hui, vois-tu, que commence ma vie!
JULIE
Hé ! vite , conte-moi cela !
Figure-toi...
Tu disais vrai tantôt! c'est le je ne sais quoi... Je ne suis pas johe et cependant...
JULIE
Il t'aime.
Non, ne devine pas : je veux conter moi-même Dans tous les détails...