L ACTE II
JULIE
Vite...
PIIILIBERTE.
Oh ! tu n'es pas au bout !
C'est une histoire!... Enfin, il m'aime, voilà tout!
JULIE
Pourquoi l'as-tu traité si mal?
PIIILIBERTE.
Tu sais?
JULIE
Sans doute; Il m'a glissé tout bas deux mots de sa déroute.
C'est donc toi qui l'avais encouragé?
JULIE
Pardi !
Crois-tu que de lui-même il se fut enhardi?
PIIILIBERTE.
Pauvre jeune homme! Et moi , qui croyais au contraire... J'étais malade enfin, j'étais visionnaire.
JULIE
Et te voilà guérie?
Oh ! radicalement.
JULIE
Et par qui?
PIIILIBERTE.
Par monsieur de Talmav.
60 PIIILIBERTE.
JULIE
Bah! comment?
P II I L I B E p. T E.
Figure-toi qu'il m'aime... il m'aime... c'est-à-dire Qu'il m'offrait...
JULIE
Tu rougis?
Oui, sans doute, et j'admire Comment j'ai pu tantôt sans colère écouter Ce que sans en rougir je ne puis répéter. Il est bien insolent cet homme, quand j'y pense I Et que ne doit-il pas croire de mon silence?
JULIE
En épousant Raymond prouve-lui ta vertu.
PIIILIBERTE.
Oh ! je n'attendrai pas jusque là ! Croirais-tu Qu'il osa...
JULIE
J'ai compris. — Tu semblés étonnée?
PIIILIBERTE.
Je n'avais pas compris d'abord , moi , ton aînée.
C'est tout simple : croyant faire peur à l'amour
Tu n'étais qu'une enfant, ma sœur, jusqu'à ce jour;
Tu viens, en un instant, de faire un pas immense.
Car c'est à !a pudeur que la femme commence.
Et la pudeur au fond n'est que le sentiment
Qu'un homme peut nous voir avec des yeux d'amant.