‹ PhiliberteChapitre 5 sur 71 · ACTE I · texte numérisé non relu

ACTE I

S'il osait l'avouer, je ne le croirais pas. Non, non ; j'ai des garants plus sûrs : son embarras Devant toi , sa rougeur quand je fais ton éloge, Lorsque tu n'es pas là ses regards à l'horloge, Et cent autres détails observés chaque jour, Voilà les vrais témoins d'un véritable amour.

PIIILIBERTE.

Si je croyais... mais non ! Tu te fais une idée ; Car jamais il ne m'a seulement regardée, Et je me souviens bien qu'un jour dans le bosquet. Nous suivant, il n'a pas ramassé mon bouquet.

JULIE

Tu l'avais donc laissé tomber?

PIIILIBERTE.

Oui , par mégarde.

JULIE

Pour qu'il fût ramassé par notre arrière-garde. Mais Raymond est timide, et nous étions trop près . Il sera revenu le prendre une heure après.

Non, car le lendemain, moi , je suis retournée. Et j'ai trouvé la fleur au même endroit fanée.

JULIE

En tous cas sa froideur n'a rien là d'évident.

PIIILIBERTE.

Tes témoins si certains sont moins clairs cependant. Mais pour avoir d'un mot la question vidée, S'il m'aimait , à ma mère il m'aurait demandée.

11 est, pauvre.

Il m'aurait avoué son amour.

JULIE

Tes froideurs lont bien pu dépiter à son tour. En somme, voudrais-tu qu'il t'aimât?

Que m'importe?

Tiens, ne ranime pas cette espérance morte ; Aux désenchantements je ne veux plus m'offrir. Aimer, sans la beauté, c'est chercher à souffrir.

JULIE

C'est un malentendu, je crois, qui vous sépare.

Soit donc. C'est un malheur.

JULIE , à part.

Qui d'un mot se répare.

Et je dirai ce mot.

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