ACTE III
Qui vous a soutenu dans ce suprême effort.
RAYMOND
Vous voulez en savoir alors plus que moi-même?
PIIILIBERTE.
Si vous ne m'aimez pas, Raymond, moi je vous aime;
Depuis que je connais mon cœur, il est à vous,
Et n'a pas souhaité d'avoir un autre époux.
Je n'ai jamais été bien heureuse en ce monde :
A l'âge où tant d'espoir chez les autres abonde,
Je ne me croyais pas d'autre rêve permis
Que la compassion de quelques vrais amis.
Et je me dévouais à vous dans ma pensée
Sans même désirer d'être récompensée.
Vous voyez bien, Raymond , qu'il faut être moins fier
Contre une pauvre fille à qui tout fut amer.
Et ne pas lui fermer, par la rancune impie,
La seule porte ouverte au bonheur de sa vie.
Si je vous ai blessé, j'ai moins d'orgueil que vous!
Faut-il vous demander mon pardon à genoux ?
TALMAY, à Ravruond.
Vous ne vous rendez, pas, morbleu! quand moi je pleure, Moi qui fais tous les frais pourtant...
LE DUC, à part.
A la bonne heure.
RAYMOND
Je reviens de lenfer! Oh! parle, parle encor! A mes yeux éblouis étale mon trésor !
La seule pauvreté qui maintenant m'accable, C'est colle de mon cœur, créature adorable!
Il tc-mbe A ses pied;.
LE DUC, bas à la marquise .
Ainsi, vous consentez?...
LA MARQUISE
Après un tel éclat...
Il le faut bien.
Raymond se relève et baise la main de la marquise. LE DUC, à part.
Allons! je suis échec et mat!
Se ravisant.
Non ! il me reste encor pour rentrer à Versai lie
Une route... une ornière!... — Enfin, vaille que vaille!
JULIE
Oh! que je suis contente!
A d'OUivon.
Et vous, mon cher ami?
d'ollivon.
Très-content.
JULIE
Vous semblez ne l'être qu'à demi ; Tout n'est-il pas au mieux ?
d'ollivon.
Oui. — Sinon qu'en sa joie, Comme un provincial qu'il est , il la tutoie.
0 ma mère ! ô ma sœur !
TALMAY.
Mon oncle?
LE duc.
Mon neveu?