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Philippe II d'Espagne

Une esquisserapide du portrait psychologique de Charles-Quint sera certainement la meilleure introduction possible à l'étude de la valeur humaine et royale de Philippe II. Le lien de père à fils qui existe entre eux implique nécessairement l'examen de l'hérédité subie par le roi catholique. Mais l'intérêt principal de ce préliminaire n*est pas là. C'est comme personnes distinctes, en leurs différences et similitudes, qu'il faut surtout les envisager. La puissante complexité de l'un rendra plus saisissante et significative la concentration singulière de l'autre.

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La plupart des existences, même les plus uniformes, sont marquées de loin en loin par quelque acte culminant, ou par certaines manifestations majeures, préméditées ou soudaines, qui tiennent au moi en son intimité la plus profonde, et le caractérisent ainsi sur le vif, par-dessous le masque et le déguisement. Ces lueurs subites sur lame, ces sautes incoercibles du naturel, ordinairement domestiqué, ne peuvent qu'être très précieuses pour établir l'identité psychique d'un individu.

Telle est bien la valeur, dans la vie de Charles-Quint, de la suite d'actes extraordinaires par lesquels le monarque ambitieux de domination et de gloire, abdiqua son immense pouvoir sur les hommes et les peuples, pour se retraire en la solitude érémitique de Yuste.

Le 25 octobre 1555, lorsque le « maître du monde » dans la salle d'honneur du palais de Bruxelles, en décor de grand apparat, prélude à ces abdications volontaires et opiniâtres qui devaient, selon sa propre expression, le « desnuer de tout », il explique luimême que sa détermination est causée par ses souffrances et maladies. Il prie même

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