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c'est le rôle de Tlnquisition dans tout ce drame et son influence sur l'esprit de Philippe II. Le Président du Conseil suprême du Saint-Office n'était autre que le cardinal Espinosa, un des plus ardents ennemis de don Carlos, le lecteur verra pourquoi. Les idées généreuses du jeune Prince étaient diamétralement opposées aux sentiments ascétiques du monarque qui s'était fait, à cette époque, le représentant de l'idée religieuse et l'incarnation du catholicisme devant la chrétienté. Aussi don José Giiell fait-il ressortir ce trait, dans les lettres que le Roi d'Espagne écrit pour expliquer au monde Temprisonnement de son fils. La conscience du père s'indignait et se révoltait à la seule idée que son fils, .celui qui devait être son successeur, pactisait avec les hérétiques des Flandres, et pourrait un jour troubler la quiétuce et détruire l'uniformité de l'Eglise catholique, dont il était, lui, Philippe II, le plus solide soutien et le plus ferme défenseur. La conviction que le salut de la chrétienté exigeait la disparition d'un prince librepenseur ressort, avec la dernière évidence, de la lecture de l'ouvrage de don José Giiell, comme il en résulte également que l'Inquisition fit passer cette conviction dans l'âme du père de don Carlos. Que ce Prince fut coupable à l'égard de son père, personne ne songe à le nier, pas plus don José
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Guell que Charles de Moiiy, que Gachard. Chacun d'eux approuve, plus ou moins, la rigueur du père, tenant dans ses mains les Als de la conspiration du Prince avec Montigny, par les aveux de son confesseur, par les confidences de don Juan d'Autriche ; mais nul ne blâme avec plu.» d'énergie la manière astucieuse par laquelle on procéda à son arrestation, on expliqua son emprisonnement, l'on trompa l'Europe sur les motifs de sa détention et sur son genre de mort. Le lecteur trouvera, dans ce livre, des réflexions et des pages énergiques sur la conduite de tous les personnages de ce drame, depuis le roi Philippe jusqu'au confesseur, Fray Diego de Chaves, jusqu'au médecin Olivarès.
Don José Giiell a tiré, pour résoudre le problème historique de la mort de don Carlos, toutes les inductions servant à prouver sa thèse, il a discuté une à une les assertions de Gachard et de Charles de MoUy, les unes pour, les autres contre, et il conclut à l'assassinat du fils par le père. Alors il ne croit pas son œuvre achevée et, pour corroborer, par d'autres faits analogues, les raisonnements qui l'ont conduit à condamner Philippe II et sa politique, il cherche des arguments dans les actes de ce monarque. Rien n'est plus intéressant que les pages où il apprécie la conduite du Roi dans l'affaire du P^stelerç 4e Madrigal, dans le procès de Florès de
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Montmorency, dans la cause de Lanuza, le justicier d'Aragon, dans les persécutions d'Antonio Ferez et de la princesse d'Eboli, dans l'assassinat du prince d'Orange. Il adjoint, sous forme d'appendice, ces grands événements du règne de Philippe II, afin de nous convaincre que c'est le même absolutisme, le même procédé politique toujours mis en œuvre, pour l'emprisonnement arbitraire, la dissimulation la plus rusée dans la procédure, la prescription de la sentence de mort, avant même l'interrogation du prétendu coupable.
Puis, non content d'avoir ainsi apporté des preuves irréfragables pour établir la culpabilité du monarque espagnol, et de l'avoir traduit au tribunal de l'opinion publique, il nous le montre, par
les extraits formant le second appendice, il nous le montre, dis-je, sévèrement apprécié par les écrivains nationaux ou étrangers qui ont écrit, directement ou indirectement, l'histoire de son règne. Il soumet à toute l'attention des hommes impartiaux la mesure que prescrivit Philippe II dans le codicille de son testament, en ordonnant de brûler les papiers qu'on pourrait trouver dans les tiroirs de ses bureaux. Philippe II aurait-il dicté un ordre pareil, si ces écrits avaient du proclamer ses vertus et honorer sa mémoire >
Cette esquisse rapide du livre de don José Gttell
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y Rente, cette indication des points les plus saillants engageront le lecteur, nous n'en doutons pas, à lire attentivement cet ouvrage. Si l'ordonnance de cette composition historique ne le satisfait pas entièrement pour l'observation des règles du genre, il n'y trouvera pas moins un exposé clair et net du problème posé, des appréciations justes, des inductions raisonnées et une conclusion sévère, mais franche et loyale, sur le caractère et la conduite de Philippe II, tant pour le gouvernement général de ses royaumes que pour la direction de ses affaires particulières et privées, et surtout à l'égard de son fils, Pinfortuné don Carlos. L'intérêt qui naîtra de la lecture de ces pages fera ressortir l'importance de ce travail, aux yeux de tous ceux qui voudront désormais voir, sous leur vrai jour, les événements du règne de ce Roi et porter un jugement impartial sur ce monarque. En outre, nous sommes convaincus que personne ne pourra réellement bien connaître l'histoire de l'Espagne, au temps du successeur de Charles-Quint, s'il ne lit préalablement le livre de don José GUell y Rente.
J. G. Magnabal.