II PRÉFACE
cessaire pour faire disparaître à jamais les doutes, répandus jusqu'à nos jours, sur cet incroyable événement.
Les paroles du roi D. Philippe II, ses lettres, ses actes d'alors et les actes postérieurs, où il se conduisit de la même manière, deviennent sa propre accusation. La conduite de Ruy Gomez et d'Espinosa, ses instigateurs et ses complices, et les procédés de son médecin Olivarès suffisent pour établir une preuve complète.
Les coupables ne peuvent comparaître au tribunal de rhistoire, pour répondre devant leurs juges, ni être déterrés, comme le fut le pape Fermoso.
Sans faire lever les cadavres de ces complices, les actes les accusent, et la justice humaine, sans haine et sans vengeance, rendra tôt ou tard son jugement irréfragable, jugement qui s'exécutera à travers les siècles.
Vainement Tastuce et le pouvoir de la force tyrannique voudront ensevelir, dans une obscurité profonde, les actions atroces et leurs victimes. Si Dieu permet des châtiments terribles pour l'exemple des hommes, il ne laisse pas sans défense les martyrs et les innocents. Ces derniers reçoivent à la fin leur récompense, au tribunal de Phistoire et dans la mi-
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séricorde divine. Les méchants ont beau trouver toujours des gens comme eux, qui font chorus avec eux, qui les défendent et les applaudissent.
Les crimes restent matériellement perpétrés dans les époques où ils se commettent, souvent aussi les coupables restent impunis ; mais non pour la raison, pour la philosophie et Thistoire, qui étudient, comparent, prouvent et finalement devinent le tableau exact ofi se sont groupés les faits. Souvent même ils le complètent, pour qu'il serve d'exemple aux générations futures, à la manière de ces grands artistes restaurateurs qui savent ressusciter les œuvres presque détruites des maîtres illustres.
Le travail est difficile : souvent la passion, la connaissance imparfaite du pays, des mœurs, du caractère des acteurs, de leurs mobiles et de leurs intérêts, le manque d'usage du monde, le peu de pratique du cœur humain, tout cela fait tomber parfois dans des équivoques très-grandes les écrivains les plus savants.
Joignez à cela le respect pour des écrits que le temps n'a pas détruits, pour des monuments érigés par le pouvoir, monuments qui ne sont pas toujours l'expression de la vérité et ne rendent pas témoi-