‹ Philippe II et Don Carlos devant PhistoireChapitre 8 sur 34 · IV PRÉFACE · texte numérisé non relu

IV PRÉFACE

gnage des faits, parce qu'ils sont parfois élevés, au moment même des événements, par ceux qui y trouvent leur intérêt, et que dès lors ils prouvent peu. Quelquefois ils sont postérieurs à ces événements, et alors ils témoignent avec plus d'exactitude, parce qu'ils représentent la vérité discutée et épurée.

Mais ce qui regarde Iqs monuments ne peut s'appliquer aux relations d'une époque, écrites sous l'impression du fait lui-même et sous l'influence de préjugés différents, ou sous le sentiment de crainte qu'inspire celui qui commande, sentiment qui a une force telle, dans les gouvernements absolus, qu'il n'est pas possible que la vérité puisse se faire jour.

Quand on condamne à mort, comme le faisait Philippe II, celui qui importait du dehors ou lisait un des livres qu'il avait prohibés, ainsi qu'il résulte de documents que je citerai dans le cours de ce récit, ce prince ne devait-il pas appliquer, avec plus de décision, cette peine à ceux qui auraient osé contrarier une de ses pensées, à celui qui aurait surtout osé découvrir au monde une action aussi atroce que celle de la mort violente et préméditée de son fils, Carlos.

Les faits auxquels il fit donner de la publicité, appartenant à des causes inconnues et privées, trom-

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