LES COMMUNES
Un fait digne de remarque, c'est qu'à mesure que le tiers-état s'avançait dans la voie de l'affranchissement, de l'indépendance et de l'émancipation politique, les communes, qui lui avaient donné naissance, suivaient une marche rétrograde et- voyaient diminuer chaque jour leurs privilèges et leurs libertés. Peu à peu la royauté, qui les avait encouragées et soutenues dans leurs révoltes contre la tyrannie et les exactions des seigneurs, s'emparait de ces pauvres affranchies et leur imposait ses lois.
Il fallait qu'il en fût ainsi; il fallait que ces petites républiques, qui ne reconnaissaient tout d'abord d'autre maître et d'autre puissance que leur propre volonté, subissent le sort de tous les pouvoirs que la féodalité avait créés et maintenus, mais que la royauté ne pouvait laisser subsister et grandir en face de ses accroissements et de ses progrès. Tout ce qui gênait dans sa marche rapide cette puissance nouvelle, destinée à couvrir le monde de sa protection et de son autorité, devait n(^cessairement, ou subir ses étreintes et s'anéantir sous ses coups, ou se plier à ses exigences et se soumettre à ses décrets. Tout ce que l'on consi-