VAR
Corps perdu dans le mouvement de ré- insol:
aistance à l’oligarchie anglaise, qui carac- 1 cratie térisa cette époque ; et, quand arriva À sérieu
] âme de :
et de héros.
ets d’acier, lai cœur, la tête!
paules de sta." a façon cor-
, ou vous en!
lale et digne. | portrait qui | » il avait une!
10mie pleine !
ace, C'était | 1 beau brun, | e, galant caet capable, | tournure de | solide jouun homme
neau, Fran- À libéral jus- Je de toutes ait se jeter nent de réqui Carac- = nd arriva |
| l'heure de la bataille, nul ne décrocha plus
résolûment le vieux mousquet des anciens jours, et peu d'hommes eussent plus contribué que lui au succès, —si le succès eût été possible.
Mais n’anticipons pas.
IT
M. Philippe-Napoléon Pacaud est notaire de profession.
Il naquit à Québec, le 22 janvier 1812, d’une famille distinguée par sa position et ses alliances ; fit ses études au séminaire de Nicolet, étudia le droit sous l'honorable Louis Panet, et’ reçut sa commission le 23 janvier 1833. L'année suivante, il allait s'établir à Saint-Hyacinthe, où, après avoir ouvert une maison de commerce florissante, il épousait mademoiselle Aurélie, fille du lieutenant-colonel Boucher de la Bruère, seigneur de Montarville. :
En 1837, le pays, poussé à bout par les insolences et les injustices de la bureaucratie anglaise, commençait À s'émouvoir sérieusement. Le parlement impérial avait
autorisé le gouverneur Gosford à prendre de force les subsides refusés par les cham- | bres, et cette mesure arbitraire porta l’exas. |
pération du peuple à son comble.
L'insurrection fermentait depuis long-
temps. La grande assemblée de Saint- |
Charles fut le signal de la révolte, Cette réunion eut lieu le 23 octobre, sous la présidence de Wolfred Nelson. I]
Y avait là à peu près cinq à six mille | ommes venus des comtés de Richelieu,
de Saint-Hyacinthe, de Rouville, de
Chambly et de Verchères. Les princi- | P8Ux Oräteurs de la circonstance furent |
Papineau, N elson, Viger, Lacoste, Côte Brown et Girod. |
nel ; mais ce fut inutile ; le grand tribun était débordé,.
“ Non ! s’écria Nelson, plus de temporisation : ce serait de la lâcheté ! le moment est venu de fondre nos cuillers pour fondre des balles ! ”
Ce fut ià l'expression général de cette démonstration celèbre dans notre histoire sous le nom d'Assemblée des Cinq Comtés.
Papineau exhorta le ; pcuple à rester sur le terrain constitution - |
rd à prendre par les cham-
> porta l’exas- |
ble.
depuis long-
6 de Saint- |
yolte.
23 octobre, |
Nelson, I]
à six mille |
> Richelieu, ouville, de
Les princi- | ance furent |
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and tribun
de tempo- 6 ! le moillers pour
l de cette e histoire q Comtés.
PHILIPPE-N, PACAUD î
M. Pacaud y fit la connaissance des principaux chefs du mouvement insurrectionnel, et devint l’un de leurs plus formes adhérents.
De retour à Saint-Hyacinthe, il y Organisa de suite une succursale des Fils de la Liberté de Montréal, dont il fut nommé capitaine ; et, le dimanche suivant, à la tête de sa compagnie, il planta, sur la place de l’église, aux acclamations de la foule, le mai de l'Indépendance, surmonté du bonnet phrygien.
Ce mai fut abattu, quelques jours après, par les bureaucrates, qui, pour prix de cet acte de loyauté, furent bien et dûment goudronnés et emplumés, la nuit suivante.
Ce fut peut-être là, de tous ses exploits, celui qu'on pardonna le plus difficilement au jeune capitaine.
Nous avons dit que peu d'hommes plus que lui eussent contribué au succès, si le succès eût été dans l'ordre des choses possibles : voici comment.
L'année précédente, de concert avec son frère Charles un autre brave, celui-1à—et M. Pierre Boucher de la Bruère, il avait fondé à Saint-Hyacinthe une banque sous le nom de Banque Canadienne.
Il était pour ainsi dire l'âme de cette institution financière, lorsque les troubles éclatèrent,
En homme pratique et clairvoyant, M.
Pacaud vit tout de suite le défaut de la
Cuirasse, comprit le rôle important qu'il |
pouvait jouer, calcula les immenses services qu'il por vait rendre, et, en homme
. de cœur et de dévoûment, il résolut de | co qui lui man- | la guerre ! C'é-
fournir à l'insurrection quait le plus—le nerf de tait mettre en enjeu et faire de gaieté de Cœur le sacrifice de ses plus belles espérances de fortune et d'avenir. Il n’hé- | sita pas,
Les chefs étaient rassemblés à Saint- Denis. Il y court ; 6 en deux mots leur soumet son hardi projet : celui d'émettre, Pour les besoins de la Cause, des billets de
icert avec son >, celui-là—et uère, il avait > banque sous 1e,
ime de cette » les troubles
irvoyant, M.
défaut de la
oortant qu'il |
nmenses ser- , en homme
1 résolut de !
ui lui man- !
zuerre ! C'é- |
le gaieté de belles espé- *... Il n’hé-
és à Saintmots leur | d'émettre, À 8 billets de
banque rachetables par la nation, après la conquête de son indépendance.
Cette proposition fut acceptée avec un empressement facile à concevoir. De suite, oh songe à organiser un commissariat, et i] est unanimement décidé que l’on mettra d'abord, et sous le plus court délai, un montant de $300,000 en circulation.
—Ét à quand le remboursement ? demanda Nelson.
—Le jour où Papineau sera président de la République canadienne !
—Et queiles garanties exigez-vous?
—Sa parole : elle vaut celle d’un roi !
—Mais si nous sommes défaits ?
—Si nous sommes défaits, je serai pendu : je me moque bien du reste. Après nous ie déluga !
—Et votre récompense sera ….?
—La reconnaissance de mon pays !
—C'est un Spartiate, dit Papineau en jui tendant la main avec cette chaleur un peu théâtrale que le grand homme mettait presque toujours dans ses moindres actes.
BIOGRAPHIp DE :
IV des fair fl Nommé Commissaire-généra] des armées jf sair | Canadiennes, M. Pacaud retourna à Saint 4 que Il yacinthe et se mit à l'œuvre. ff che | Mais il était bien tard POUr songer à ce | Cor] Côté si important de toute entreprise gé- 4 bier rieuse ; et l’on n'avait pas encore fini de Y Préparer ces assignats d’une nouvelle es- 183 péce, lorsque la défaite de Saint-Charles M can: Vint anéantir: et rendre inutile ce commen- Cement d'organisation qui eût pu devenir formidable, s'il eût Setuement daté de quel L ques semaines plus tôt. D ependant, tout Commissaire - général M cés ( qu'il était devenu, M. Pacaud n’abandonna tanc Pas le commandement de sa Compagnie, Il | L avait sous ses ordres des Jeunes gens pleins chen 8 Courage et de bonne volonté, mais peu Patr expérimentés dans le Maniement des armes et le et complètement étrangers à toute éduca Cava. tion militaire. SUreusement que, pen- mit | dant son séjour à Québec, il avait vu sou- le pe
Al vent parader la garnison ; € 4 tions naturelles aidant—;i]
*n que mal à initier ses sol
1] des armées 1rna à Sainta,
SOnger à ce htreprise sé- Core fini de nouvelle esaint-Charles ce commenpu devenir até de quel-
re - général abandonna npagnie, Il zens pleins ] mais peu es armes, ute éducaque, penlt vu sou- 8 disposivint tant au secret
des principaux commandements, et à leur faire exécuter les évolutions les plus nécessaires peur entrer en campagne. Desorte @ que, le moment de l’action arrivé, pas un 4 chef ne pouvait se montrer à la tête d’un 4 corps de braves aussi bien exercés, aussi A bien disciplinés que notre jeune ami.
4 Voilà où l'on en était le 23 novembre 1837, date mémorable dans les annales canadiennes.
Les événements avaient marché.
Des mandats d'amener avaient été lancés contre les chefs canadiens et, la résistance s’organisait,
L’escarmouche qui avait eu lieu sur le chemin de Chambly, où une poignée de Patriotes avaient délivré M. Desmarrais ét le Dr Davignon, qu’un détachement de cavalerie emmenait prisonniers à Montréal, mit le feu aux poudres. Ce succès exalta le peuple, et chacun courut aux armes pour défendre leur chef Nelson au village de Saint-Denis, sur lequel un corps d’armée s’avançait à marche forcée.
j NOM AMS AN SENER TU
qui se présenta chez le
vez être tué comme
Duus. Or, quelle que soit l’issue de la lutte que nous entreprenons, le Pays a besoin de vos services : vous n de vous exposer !
e n'ai jamais conseillé la révolte armée, répondait Papineau ; Mais, puisque le sort en est jeté, je veux part
—Tiens, c’est mon jeune banquier, dit + l'apineau, Ma foi, mes amis, ajoutat-il en souriant à ceux qui l'entouraient,
si VOUS en avez plusieurs comme celui-là, Vous réussirez |
Il céda et partit pour Saint-Charles,
et fit partie de la députation
le dernier d’entre |
‘avez pas le droit |
premiers au
la députation | son poursup- !
ndre part à la !
ine en sûreté. % On, vous pou- À
nier d’entre ue de la lutte +ys a besoin
pas le droit !
à révolte ar-
s, puisque le r vos périls!
s’écria alors tolet de sa à rester ici, ur au bon le anglaise
nquier, dit ais, ajoutaitouraient, Le celui-là,
harles.
PHILIPPE-N, PAUAUD
Deux heures après, la bataille s’engageait.
Nelson haranguait ses troupes lorsque l fusillade commença ; deux Canadiens venaient de tomber à ses côtés sous les balles anglaises.
“ Patriotes ! s’écria-t-il, vous le voyez, on
nous assassine, Vendons chèrement nos vies. Soyez fermes, visez juste, ne vous exposez pas inutilement ; mais que tous vos coups portent. Allons! en avant!
Mort aux Anglais ! et vive la liberté ! ” Le vieux sang français se réveilla. Ces braves qui avaient à peine une centaine de mauvais fusils de chasse pour tout partage, armés pour la plupart de haches, de fourches et de faulx, se ruèrent sur l'ennemi comme une trombe, et du premier choc déconcertèrent leurs assaillants.
Malheureusement ces bandes indisciplinées ne pouvaient manœuvrer avec ordre sous le commandement d’un seul, et le résultat de la bataille était inévitablement livré aux hasards de l'initiative individueile,
14 BIOGRAPHIE py
Toujours en homme Pratique, M. Pacaud comprit la situation d’un coup d'œil ; il se dit que la discipline, l’ensemble,
le nom- à re eb la supériorité des armes, devaient fatalenient avoir le dessus en rase cam- Œ d'
| Pagne, | Il — 1] faut à tout Prix se retrancher, dit- qu > Car les boulets et la Mousqueterie fini- pa TOnt par nous décimer Jusqu'au dernier, | ta
I y avait près de là uno Maison en
Pierre à deux étages, admirablement située à et appartenant à M: ame St-G
t-Germain, e
—Madame, lui dit-il, nos biens comme À ve
208 vies appartiennent en ce moment à la le
Patrie. Voulez-vous lui donner votre qu
Maison ? A:
— Faites ! répondit la noble femme ; et pa que Dieu vous aide !
ent hommes ici ! cria M. Pacaud.
Ds étaient à Peine installés, qu’un boueb de canon troua le Mur, et tua du Coup udevoir, Bouthillier et St-Germain, trois gl des plus braves insurgés. Mais ce fut sar t cette Manœuvre, ainsi
[ue, M. Pacaud 1p d'œil ; ilse mble, le nom- Mes, devaient on rase Cam- |
trancher, dit- Queterie finivu dernier,
> Maison en ement située xETMAIN, liens comme noment à la hner votre
femme ; et
Pacaud,.
qu’un bouà du coup nain, trois 15 ce fut ainsi que Marches.
irnée,
Quoiqu'il en soit, notre héros se battit
“<omme un lion. Il était bon tireur ; et, tout en dirigeant les mouvements de sa ‘Compagnie, il faisait lui-même un feu d'enfer.
—Je ne sais pas combien j'en ai tué, dit quelquefois M. Pacaud ; mais si je ne tirais pas sans quelque inquiétude, je tirais certainement sans remords. Ce n’était pas tant le ressentiment des affronts et des injustices subies, que le vieil instinct des haines traditionnelles de races qui se réveillait en nous ; nous combattions bien le despote, mais c'était surtout l'Anglais que nous aimions à coucher en joue!
Aveugle sentiment heureusement bien disparu depuis,
Nous ne raconterons pas en détails les glorieuses péripéties de cette rencontre sanglante qui dura neuf heures. Le soir arrivé, le colonel Gore, laissant derrière lui ses morts, ses blessés et son artillerie, était en pleine déroute. Les Patriotes étaient
MI
compagnon d'armes, l'infortuné Ovide | ] Perrault, mortellement frappé. Il lui fallait ] faire dix-huit milles, par des routes affreu- 1 ses, par une nuit noire ct un temps glacial. ] Prés Un pareil combat, et salis avoir rien mangé depuis quatre heures du matin, la t tâche était assez rude, mais les émotions de la journée l'empêchaient de ressentir | | ni la fatigue ni la aim. n Il arriva à Saint-Hyacinthe au milieu 8 6 la nuit, Bon nombre de patriotes étaient rassemblés chez le Dr Bouthillier g uand on le vit descendre de cheval crotté, gelé, affam » harassé, ce fut une d acclamation générale : le bruit s'était ré M @ pandu qu'il avait été tué, s’ | VIII d l'e sa né
eprenaix 4 cheacinthe, après ière fois à son ortuné Ovide 6. Il lui fallait routes affreutemps glacial.
ans avoir rien du matin, la
es émotions
de ressentir
1e au milieu de patriotes Bouthillier.
|” de cheval, ce fut une Ib s'était ré-
25, un des : avertir le nelle qu'il Quvent ve-
nait d'arrêter deux hommes, dont elle n’avait pu distinguer la figure, et qui refusaient de répondre aux questions qu’on leur posait, Il se rendit en hâte sur les lieux, et sa surprise fut grande lorsqu'il reconnut, à la lueur d’une lanterne, Papineau et le Dr O'Callaghan !
—Où allez-vous ? leur demandat-il tout bas.
—Chez Poulin, répondit Papineau.
- Ce monsieur Poulin était an ancien membre du Parlement dont la résidence se trouvait à quelque distance du village.
— Une escorte pour ces deux voya- Seurs ! commanda M. Pacaud.
Et, après un serrement de main furtif donné à son jeune ami, le grand patriote, entouré d’une escouade de gens dévoués, s'enfonça dans les ténèbres de la route.
Quelques jours plus tard, Poulin conduisit Papineau chez le capitaine Du- Charme, à Saint-Césaire, et ce dernier l'accompagne jusqu'aux Etats-Unis, en passant sous les baïonnettes anglaises stationnées à Saint-Athanase.
Notons ici que le gouvernement avait
alors promis une récompense de quatre-
mille piastres à qui livrerait Papineau mort ou vif ; et, non-seulement cet homme ne rencontra pas un traître, mais ces
deux braves citoyens réclamèrent avec:
instance l'honneur de risquer Jeur vie pour sauver le courageux et éloquent défenseur de leurs droits. La race de ces hommes se fait rare aujourd’hui ; Mais en 1837, des actes de désintéressement et de dévoûment comme ceux-là étaient si nombreux et paraissaient si naturels, qu'ils passaient pour ainsi dire inaperçus.
Enfin le désastre de Saint-Charles arriva ; désastre complet, fatal, irrémédiable.
Le surlendemain de la bataille de Saint- Denis, le 25 novembre, les Patriotes retranchés dans le manoir seigneurial de M.
Debartzch et derrière des amas deterre et de troncs d'arbres renversés, subissaient le choc furieux de l’armée anglaise recrutée d'un régiment royal venu de Saint-Hilaire sous le commandement du colonel W hitherall,
le quatre.
Papineau ; homme inais ces
ent avec:
leur vie juent dé.
à de ces mais en ent et de t si nom- 8, qu’ils us,
arles arnédiable, le Saintiotes real de M.
re et de it le choc ée d’un ire SOUS
dtherail,
Is devaient succomber.
Ils furent tournés, cernés, et du haut d’une colline qui les dominait, l'artillerie anglaise les foudroya. Leur chef, T. S.
Brown,—disons-le À son éternel déshonneur,—après avoir refusé le secours des Patriotes de Saint-Denis, sous prétexte qu'il ne pouvait pas les nourrir, fut le premier à quitter le champ de bataille et à s'enfuir pour sauver sa peau.
Battus, désorganisés, dispersés, découragés, les Patriotes dûrent songer à mettre leur vie en sûreté par la fuite. Alors commença pour notre ami une véritable odyssée, odyssée de fugitif poursuivi, dépisté, traqué, relancé sans cesse ; alternatives sans fin de fuite et d'alerte, de crainte et d'espérance, de terreurs soudaines et de secours inattendus.
Le début en est pittoresque,
Le soir même de la bataille, M. Pacaud, accompagné de son frère Charles, —lequel, entre parenthèse, avait ou ses habits percés de deux balles,__de son beau-frère, le Dr de la Bruère, et de l'honorable Louis
Lacoste, après avoir dit un adieu atten-
nana
drissant à sa jeune femme et à ses chers petits enfants, partait à la hâte pour la frontière américaine. Ils avaient joué leur va-tout et perdu la partie : il ne leur res-
tait plus qu’à sauver leur existence en. p péril.
Ils cheminèrent longtemps, à la rouge qi lueur de l'incendie du village de Saint- te Charles, à travers lequel les volontaires de loyaux promenaient la torche dévastatrice, sé en signe de réjouissance, et pour prouver gi
leur patriotisme,
la r x P
et, A Saint-Césaire, la foule, exaspérée par no
le résultat de la journée, faillit faire un mauvais parti à deux de nos voyageurs. me —En voilà encore de ces chefs, disait- d'e on, qui, après nous avoir embarqués dans pu cette galère, s’en vont mettre leur peau en na sûreté aux Etats-Unis! Ce sont ces beaux sile messieurs, avec leurs grands discours, qui sont la cause de tout; et, maintenant que Pa nous sommes compromis, à eux la liberté, Qu à nous l'incendie, la prison et la potence ! mic
à ses chers
te pour la b joué leur e leur resistence en:
la rouge de Saintolontaires rastatrice, r prouver
pérée par faire un ageurs,
s, disaitués dans " peau en es beaux Jurs, qui ant que à liberté, Jotence !
PHILIPPE-N. PAOAUD
— Ne les laissons pas partir !
—Arrêtonz-les !
—Ils désertent : fusillons:les !
Et la populace s’ameutait toujours, de plus en plus furieuse et menaçante.
Les deux voyageurs, qui n’étaient autres que nos amis, M. Pacaud et son frère, entendaient tout du second étage de la résidence de M. Chaffers—père de l'honorable sénateur de ce nom—où ils s'étaient réfugiés, et ne pouvaient se faire illusion sur la gravité de la circonstance. Quel parti prendre ?
— 1] faut payer d'audace, se dirent-ils, et, s'il est nécessaire, vendre chèrement notre vie. Descendons !
Et nos deux braves, un pistolet à chaque main, vont droit au devant de cette bande d’enragés qui, armés de tout ce qu’ils ont pu saisir, profèrent les plus terribles menaces en hurlant comme des furies. Le silence se fit à leur approche.
—Dites donc, mes amis ! leur cria M.
Pacaud, qu’avez-vous à nous reprocher ?
Quel est celui d’entre vous qui se soit mieux battu que nous deux à Saint-Charles
ou à Saint-Denis? Voulez-vous foire l'office d’espions anglais ? Voulez-vous devenir les valets des Volontaires ? Vous êtes la honte des Patriotes !
—Et puis, il ne faut point tant de céré.
monies, s'écria son frère Charles ; ouvrez les rangs, sacrebleu ! Ou, je vous le jure sur mon âme, nous avons chacun deux pistolets, il nous reste encore des balles, et il y en a quatre d’entre Vous, au moins, qui n'ont plus qu’à faire leur acte de contrition !
Domptés par un pareil sang-froid, les émeutiers s'écartent ; et nos amis, grâce à leur intrépidité, s'échappent sans une égratign
ure.
Le lendemain ils suivaient, avec leurs Compagnons qu’ilsavaient rejoints, la route qui longe la rivière Yamaska, chevauchant lentement pour laisser reposer leurs montures, lorsqu'ils aperçurent, à quelques Pas devani six, un individu armé qui marchait dans :. même direction.
—Qui va 5 7 ini s#la-t-on.
a So
Et jun
Pp
faire l'office s devenir les êtes la honte
ant de céréles ; ouvrez ous le jure hacun deux des balles, , au Moins, cte de con-
z-froid, les is, grâce à 8 une égra-
‘vec leurs 8, la route >vauchant urS monquelques qui mar-
—{taqueite ! fui la réponse.
Il y avait, parmi les insurgés, des compagnies do Æxquettes et de Castors, Celui.
ci appartenait aux Raquettes, I] avait pris part à la bataille, et se sauvait, comme les autres, du côté des Etats-Unis. Par un Caprice bizarre, le brave homme, tout épuisé qu’il paraissait être, emportait avec lui, comme trophée du champ de bataille,
la main et l'avant-bras d’un soldat anglais,
—C'est toujours ça ! disait-il, en s’essuyant le front de sa large main noire de poudre.
Il avait, paraît-il, arraché ce débris humain des décombres fumants où les Anglais jetaient leurs morts pour dissimuler ieurs pertes. Il tenait à prouver qu'il y était /
Ils continuèrent leur route ensemble ; 08 amis trompant la Mmonotonie du voy- °<° €n alimentant la loquacité de mon gaiilard, qui avait autant de verve que de bravoure ; et celui-ci enchanté de voyager en si aimable compagnie.
Mais le plus difficile était à faire.
À quelques lieues de la frontidre améri-
caine, le guide que nos fugitifs avaient
24 BIOGRAPHIE DE loué les prévint—un peu tard— que la route était barrée par un Corps de garde anglais chargé d'arrêter tous ceux qui se
dirigeraient vers la frontièr + situation était critique.
D'un côté, c'était la rivière à traverser, sans embarcation, —et, à cette saison de l’année, il ne fallait Pas songer à se mettre à la nage, De l’autre__difficulté aussigrave —plus de douze milles à Parcourir en pleine forêt, sans chemin, sans guide, sans Provisions, sans même une boussole pour
s'orienter, Que faire ?
On s'arrêta pour délibérer, —C'est le moment de montrer du courage, dit M. Pacaud. Si nous retournons sur no8S pas, nous sommes pris, jugés et condamnés, c’est clair! De sorte qu’à tout prix, il nous faut aller en avant, Or, tenter de franchir la rivière à la nage, ou nous jeter dans la forêt, c'est la mort certaine.
lne nous reste donc qu'un parti à prendre, mes amis, c’est de passer tout droit !
bd th et © HO M 4
rd—que la ps de garde eux qui se
\ traverser,
saison de à se mettre aussi grave rcourir en guide, sans ssole pour
r du couetournons » Jugés et qu’à tout Or, tenter OU nous Certaine.
prendre, it !
—Comment, tout droit? Mais le corps de garde?
—Nous le forcerons !
—Diable ! Savez-vous qu'ils sont au moins quarante hommes armés jusqu'aux dents ?
— N'importe ! nous sommes cinq braves ; nous avons nos pistolets : nous fondons sur eux à l’improviste ; nous en assommOns quelques-uns, nous culbutons les autres, et, à la faveur du désordre et des ténèbres, nous piquons des deux vers la frontière... et, enfoncés les habits rouges | En êtes-vous ?
—J’en suis ! répondit son frère.
—Et moi aussi ! s'écria l'homme au trophée sanglant. Qui veut me prendre en croupe ?
—Monte la jument du guide, dit M.
Pacaud ; je te l’achète |
Le marché allait se conclure, lorsque les deux autres fugitifs intervinrent et refusèrent leur concours à un projet aussi périlleux.
Il fallut done y renoncer et retourner en arrière à tous hasards,
PR sa vas a ne, : eme ES REPAS
BIOGRAPHIE Dx
Ils atteignirent Saint-Hyacinthe sans encombre,
laissait, sous la Question, un vide sans issue, / planche et s’introduirg à l'intérieur, Pour notre fugitif l'affaire d’un instant, La planche, replacée sur les chevrons, dissi- Mulait si bien la cachette, que les plus fins limiers ne l'auraient pas éveèntée,
Il était temps, car les troupes anglaises entraient dans le Village.
On fit les Perquisitions les plus minutiouses ; les deux Corps de logis furent fouillés—en APParence—dans tous les re- Coins, mais sans aUCun résultat, M Pa- Caud entendait tout du fond de son If, et, plus d’une fois, malgré son anxiété bien naturelle, il ne Pub retenir certains accès d'hilarité qui faillirent le compromettre,
acinthe sans
roit chez lui.
ait une aile
or son extréipal, ce qui de l'aile en
Ouper une rieur, furent instant, La rons, dissiles plus fins CA
8 anglaises
plus minugis furent Jus les re- M. Paon réduit, xiété bien ins accès TOMebétre,
mière.
86 cachaïit
ailleurs.
collége. Il
Plus
rd,
une soutane, lui ébauche u
Un mois s Mais on sa
un
eux nouvelles tes, tout aussi inu
perquisitions furent tilement que la pre-
‘écoula de cette façon.
vané, disait-on, ciez lui ; et, les autorités persi oir le dernier devenait dangereuse, M. Pacaud résolut
que M. Pacau
de chercher refuge
M. l'abbé Prince, aint-Hyacinthe, lui a Y Court une une journée à grelotter
it par s'installer dans la chambre réservée pour les visites pastora
il n’y avait alors ni feu ni lit, uvert, qui était l’écolier réglementaire, 1 quand il pouvait ; et
un rabat, ne tonsure,
depuis évêque de ait offert un asile au bonne nuit, passe dans le clocher, et
les de l’évêque, où Le Dr
Pour quelques heures, jeune séminariste
lui fournit lui rase la barbe, et le voilà installé
dans la communauté à étranger, et les élèves de s'écarter respectueusement sur son Passage, la main À leur Casquette, Personne ne le reconnut ; pas méme son jeune frère, qui faisait alors sa rhétorique dans l'établissement.
Cependant, le fameaux Comeau, ce dé-
lateur de Profession, dont le Souvernement s'était assuré leg honteux services, ne 8e reposait pas, Un soir, il arrive au col- 8e avec ses argousins, M. Pacaud, qui était aux aguets, saute Par une fenêtre et rentre chez lui.
ugez de la stupéfaction de acaud en reconnaissant son mari Nouveau costume! Mais Je premier moment d’embarras passé, la surprise fit place à l'effusion, l'effusion aux éclats de
titre de prêtre
madame dans son
nt ns mn