‹ Philippe-N. Pacaud [microforme]Chapitre 2 sur 5 · FA · texte numérisé non relu

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Mais il fallait fuir, fuir encore, fuir toujours, M. Pacaud se réfugia alors chez un Pauvre homme de Saint-Hugues, dont la chaumière, ou plutôt la cabane, était À deux pas de la forêt, mais qui malheureusement n'avait pas autre chose À donner que son dévoûment. Epuisé par toutes sortes de privations, M. Pacaud lui dit un jour :

—Mon ami, il est temps que jete débarrasse de ma Personne ; va dire à monsieur le curé que je suis ici, C'est un prêtre et un gentilhomme : il ne me trahira pas.

Le brave homme sa commission.

—Cela ne me regarde pas, répondit le curé ; seulement, tu diras à M. Pacaud que je pars ce soir Pour un assez long voyage ; qu'il prie le bon Dieu pour moi !

M. Pacaud comprit de suite l’ingénieux 250ÿen que prenait le bon abbé pour lui être utile sans ge Compromaettre. Le suir même, la ménagère lo recevait au presby-

ces imagi-

partit et s’acquitta de

nables : et, pendant huit jours, cette maison k«;italière fut pour le pauvre proscrit un véritable paradis terrestre.

La vie de presbytère lui allait tout aussi bien que le costume ecclésiastique. Mais les plus belles choses ont un terme.

Un soir, —les huit jours étaient écoulés, —il aperçoit sa propre voiture arrôtée en face du presbytère, sane conducteur.

Qui l'avait amenée là? La ménagère n'en savait rien. Alors M. Pacaud comprit qu'il était temps de déloger. Il se Jette dans sa voiture et s'élance À fond de train sur la route de Saint-Hyacinthe.

Lâcher les guides et se précipiter dans la porte de sa demeure, qu’il trouva heureusement ouverte, fut l'affaire d’un clin d'œil.

Il se mit à la fenêtre : un homme venait de s’emparer du cheval, presque à l'instant même où Comeau et ses recors, flairant quelque honne aubaine, débouchaient sur le place, |

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—La jument appartient au collége, répondit l’homme, et la cariole à M. Pacaud.

Mais, comme il est absent, nous nous en servons quelquefois : je viens justement la lui remettre.

Là-dessus il so met à dételer tranquillement, pendant que l’odieux Comeau s’éloigne en grommelant les jurons les plus énergiques de son répertoire.

M. Pacaud dut errer ainsi, pendant plusieurs mois, d’un endroit à un autre, toujours sur le qui-vive et toujours poursuivi à outrance par les sbires du gouvernement.

Ce n’est jamais sans émotion qu’il se rappelle surtout la généreuse et cordiale hospitalité qu'il reçut chez M. H.-L. de Martigny, seigneur de Saint-Hugues, et M.

Aimé Massue, seigneur de Saint-Aimé.

Enfin, au printemps de 1838, la proclamation de lord G+ ford lui permit de ren-

trer dans ses foyers.

Mais il n’était pas au bout de ses tribulations. L'échauffourée de 1838 devait avoir pour lui des conséquences bien autrement

Ces longs mois de réclusion, autant que les leçons de l’expérience, avaient calmé considérablement, chez M. Pacaud, l’enthousiasme du jeune homme. Il n'avait pas moins d'amour pour son pays, sans doute ; mais il avait réfléchi à la folie de leur entreprise ; et quand, dans l’automne suivant, le Dr Robert Nelson se mit à la tête d’une nouvelle insurrection, il était bien déterminé à n’y prendre aucune part.

Malheureusement pour lui, M. Elisée Malhiot, l’un des chefs du mouvement, vint à Saint-Hyacinthe pour communiquer avec les Patriotes de l'endroit, Une assemblée secrète eut lieu. M. Pacaud eut la faiblesse de s'y rendre. Ils étaient espionnés : il n'en fallait pas plus pour lui faire perdre tous les bénéfices de l’amnistie. II eut beau ne plus bouger de chez lui ; il était compromis, et son nom marqué d’une Croix rouge. .

Sir John Colborne, le commandant des forces, et pendant quelque temps l’administratour du pays, avait visité Saint-

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Hyacinthe quelque temps auparavant, et s'y était vu l’objet ‘d’une démonstration peu flatteuse pour un gouverneur général.

Il avait, parait-il, dans un voyage qu'il venait de faire dans le Haut-Canada, laissé échapper quelques expressions grossières à l'adresse des Canadiens-français, et nos amis lui avaient organisé le charivari le mieux conditionné qui aît jamais eu l’honneur de fêler les oreilles d’un représentaat royal de la vindicative Albion.

Naturellement M. Pacaud devait porter sa bonne part de responsabilité dans cette affaire, et il ne pouvait guère s'attendre à échapper au châtiment.

Le 3 novembre, l'insurrection éclata.

Elle fut héroïque, mais les choses tournèrént mal dès le début. Les Patriotes de Saint-Hyacinthe allèrent rejoindre ceux

- de Verchères et de Chambly pour recevoir

les armes qu'on leur avait promises et qui

devaient arriver des Etats-Unis Malheu-

reusemeut, ils avaient été odieusement

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