PÉRIODE ALEXANDRINE
Sous l'impulsion des Ptolémées, Alexandrie devint le rendez-vous des savants, des rhéteurs, des poètes, des philosophes et des médecins.
C'est à Alexandrie que naquit la médecine scientifique, des efforts combinés des disciples d'Hippocrate et de ceux d'Aristote. Ptolémée Soter, à peine en possession de son royaume, attira auprès deluiÉrasistrateetHérophile.Par malheur, les ouvrages de ces hommes célèbres n'existent plus, et nous sommes réduits à en chercher les traces dans Gelse et Galien, qui nous ont conservé quelquesunes de leurs opinions.
Hérophile, le premier, distingua les nerfs des tendons et des ligaments ; le premier, il reconnut qu'ils tiraient leur origine du cerveau et de la moelle épinière. De plus, il leur assigna la double faculté de transmettreau cerveau les sensations extérieures, et aux muscles, les ordres de la volonté.
Érasistrate, franchissant la borne où Hérophile s'était arrêté, admit deux espèces de nerfs, les uns pour le mouvement, les autres pour le sentiment. Sauf quelques modifications de détail et des expériences ultérieures, la doctrine physiologique du système nerveux resta à peu près telle que l'avaient fondée ces deux chefs de l'École dogmatique, qui furent aussi les fondateurs de la méthode expérimentale. Du reste, ce qui prouve que la chirurgie fil
des progrès plus considérables et bien plus rapides que la médecine, c'est le succès de l'École empirique et de lapolypliarmacie dans cette période scientifique. Les spéculalions trop subtiles des théoriciens de la médecine justifièrent en partie les entreprises des empiriques. C'est sous l'influence de ces derniers, particulièrement, (jue les moyens empruntés à l'hygiène furent insensiblement négligés et remplacés par la saignée, les vomitifs et les purgatifs. Aussi Asclépiade réagit-il sagement et avec succès contre la médecine active des empiriques en restaurant la diététique, c'est-à-dire l'usage des exercices et du régime.