SCENE XVI
Mlle d'hartille.
Frédéric!... {regardant Phîiippe.) Que s'est -il donc passé? vos traits sont bouleverséa.
Je suis arrivé à temps... il allait se battre.
Mlle d'ha.rville effrayée.
Se battre!
Avec votre neveu.
Mlle d'harville.
O ciel!... il fallait le lui défendre.
C'est ce que j'ai fait... je l'ai consigné dans sa chambre, et jusqu'à nouvel ordre il n'y a rien à craindre... mais en me servant de mon autorité, il a bien fallu lui prouver que j'en avais le droit... il sait que je suis sou père.
Mlle d'hartille.
Grand Dieu!
Rassurez-vous il n'en sait pas davantage;
le reste du secret ne m'appartenait pas. . . je l'ai respecté. Mais il ne faut pas s'abuser, madame... les demi-mesures ne mèneraient à rien... ces jeunes gens se sont défiés, et plus tard... Mlle d'harville.
Malgré votre défense?
A leur âge, quand on a de Thonneur, la défense de se battre n'en donne que plus d'envie.. . Je sais ce que j'éprouvais , ce que j'éprouve encore à l'idée
d'un affront... il n'y a qu'un moyen d'empêcher ce malheur... et vous seule pouvez l'employer. Mlle d'harville.
Moi, Philippe!
En faisant disparaître entre eux tout motif de querelle.
îiUe d'harville.
Et comment?
Frédéric aime votre nièce.
Mlle d'harville avec impatience»
Je le sais.
Monsieur de Beauvoisis n'aime que sa dot... il lui sera facile d'y renoncer , et d'abjurer tout projet de vengeance, si vous le lui ordonnez... Quand à Frédéric, je reponds de lui, s'il obtient la main de
Mlle d'harville virement.
La main de Mathilde!... qu'osez-vous dire?
PHILIPPE froidement.
Il le faut, madame.
Mlle d'harville.
Vous avez pu croire que je consentirais à une pareille union?
H le faut, vous dis-je.
Mlle d'harville.
Vous n'y pensez pas, Philippe... m' abaisser à ce point!... donner des armes contre moi?