‹ Philippe, Vaudeville en un acte. Avec MM. Mélesville et Bayard. Représenté, pour la première fois, à Paris, sur le théatre de Madame, le 19 avril 1830Chapitre 39 sur 51 · SCENE XVI. t · texte numérisé non relu

SCENE XVI. t

Eh ! qu'importe? il y va de la vie.

Mlle d'h.vrtille.

Je trouverai un autre moyen de sauver votre fils... mais je ne puis accorder ma nièce à un jeune homme obscur.

Je vous le demande comme une grâce.

Mlle d'harville.

Non, vous dis -je... {avec hauteur.) Finissons, Philippe... c'est oublier étrangement ce que vous me devez... et qui vous êtes.

PHILIPPE avec une indignation concentrée. Qui je suis!., c'est vous qui l'oubliez... mais je vous le rappellerai.

Mlle D HARViLLE inquiètc.

PHILIPPE lui prenant la main.

Ecoutez-moi . . . lorsqu'un arrêt de proscription frappait et vous et votre famille... lorsque seule, séparée d'une mère chérie, vous alliez payer de votre tête l'éclat de votre nom... où vîntes -vous chercher un refuge?,., sous la tente d'un soldat; sous la mienne... car alors, ce n'était que là que l'on trouvait la pitié!... et des millieurs de cœurs généreux battaient sous le modeste uniforme... Je vous reçus, je vous cachai, au risque de ma vie. AiB. : Je n'ai point vu ces bosquets de lauriers. Pour vous sauver en ce moment d'honrenr. Sur mes dangers je devins insensible}

ôo PHILIPPE,

Et ces dangers même avaient pour mon cœur Je ne sais quoi de doux et de terrible.

Alors... voua le rappelez-vous?

U n'était plus de rang ni de distance.

Le trépas nous menaçait tous; Et quand la mort est si proche de nous ,

Déjà l'égalité commence.

Mlle d'harville se cachant la figure.

Pliilippe!...

PHILIPPE continuant.

Oui, j'étais jeune, j'étais brave... mais je n'étais

rien... qu'un soldat... vous l'avez oublié un momentj

et de ce jour votre sauveur est devenu votre esclave.

Mlle d'h\sville effrayée , et montrant la porte de

Plus bas, de grâce.

Alors, ému de vos regrets, de votre désespoir, je me soumis à tout... plus tard, pour rendre le calme à votre conscience, vous vouliez un mariage... j'y ai souscrit. Pour le monde, pour votre orgueil, vous avez exigé qu'il /ùt secret, j'y ai consenti... et votre époux ignoré, confondu dans la foule de vos gens, n'a jamais laissé échapper une plainte, un murmure, {avec une émotion profonde.) Savez- Tous cependant ce que vous sacrifiais?... je ne vous l'ai jamais dit, madame... mais, au fond de mon village, près de mon vieux père... une jeune fille douce, modeste, attendait le retour du pauvre soldat!... elle avait reçu mes sermens; elle m'aimait., , elle était fière de moi, celle-là: et mon bonheur eût

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