SCENE XVI. 6i
été son ouvrage... eh bien, je lui écrivis que je l'avais oubliée, que je ue l'aimais plus, qu'elle ne me reverrait jamais ! bien plus, pour rester près de mon fils, je me résignai à le voir orphelin... élevé par pitié, dans la maison de sa mère, qui, pour cacher sa faute, le prive de ses droits... je me condamnai à ne jamais le serrer dans mes bras, à ne Taimer qu'en- secret, à la dérobée... et pour prix de tant de courage, je ne vous demande qu'une chose, qu'une seule... le bonheur de votre enfant, et vous me le refusez!
aille d'harvillb.
Je le fais à regret .. mais je le dois, et je suis surprise d'un pareil éclat... après vingt-cinq ans de silence, je ne m'attendais pas que vous, Philippe, vous auriez une prétention qui peut m'enlever, en un jour, ce que j'ai de plus cher au monde, l'estime et la considération de tous ceux qui m'environnent... le mariage de Mathilde et de Frédéric me les ferait perdre sans retour ; car il m'accuserait d'oubli de mon rang, de ma naissance... il trahirait une faiblesse dont on chercherait la cause, et que la mahgnité aurait bientôt expliquée. . . et si cette faute que je déplore depuis si long-temps... si ce fatal secret étaient connus... Oh! Dieux.'... je frémis d'y penser... je n'y survivrais pas, Philippe... ainsi brisons-là, je vous en prie... ne m'en parlez plus... ce mariage est impossible, et ne se fera jamais.
ÏFTIIPPE.
î-unals?.,,
JO
Mlle d'hartille voulant sortir.
Laissez-moi.
PHILIPPE la ramenant avec force.
Non, madame, je ne vous quitte pas.... j'ai pa me sacrifier à votre repos, à votre vanité... mais en échange de tant de supplices, de tant d'humiliations, il me faut le bonheur de mon fils... il me le faut... je le veux... et je Tobtiendrai par tous les moyens , même ceux que vous redoutez.
îllle D^H-iaVILLE.
Qu'entends-je! et votre devoir, vos sermens?
Vous qui parlez, tenez- vous les vôtres? Mlle d'harville apercevant Joseph.
On vient... silence, je vous en conjure. {Philippe reprend sur-le-champ une contenance respectueuse. Mademoiselle d' Harville s'éloigne et descend vers la gauche du théâtre.)