‹ Philippe, Vaudeville en un acte. Avec MM. Mélesville et Bayard. Représenté, pour la première fois, à Paris, sur le théatre de Madame, le 19 avril 1830Chapitre 6 sur 51 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

croit deux fois plus riche que je ne le suis... je fais des dépenses énormes... je nai jamais de dettes, et toujours de l'argent comptant.

Je n'y ai pas grand mérite . . . pourvu qu'on se souvienne seulement que deux et deux ne font jamais que quatre, ce n'est pas malin d'être intendant... je sais bien qu anciennement ce n était pas comme cela.

Aia du Piège.

Tons ces fripons d'intendans d'autrefois Tous ruinaient d'une ardeur peu commune.

Mlle d'harvillb.

On n'en a plus, et cependant je vob Qu'on dissipe bien sa fortune.

D'accord... je sais qu'on la mange souvent Avec une vitesse extrême...

Mais du moins on a maintenant L'esprit de la manger soi-même.

(7/ présente un registre à mademoiselle d'Harville.)

Mlle d'hàbville.

C'est inutile, Philippe.

Mademoiselle veut toujours signer sans lire... ce sont les usages d'autrefois... Lisez, lisez, il le faut... qu'est-ce que c'est donc que ça? {Mademoiselle éCHarville passe auprès de la table , et s^assied pour examiner les papiers que Philippe lui a présentés.)

C'est drôle, il u'yaque lui qui gronde ma tâui«.«,

lo PHILIPPE,

et elle ne se fâche pas... Ces vieux serviteurs ont

des privilèges,

PHILIPPE passant auprès de dlathîlde.

J'ai tort, sans doute... mais voyez-vous, mademoiselle, un ancien militaire ne peut pas parler comme un gentilhomme de la chambre, ïïlle d'ha-rville.

Qu est-ce que je vois là? {lisant.) « Secours donnés par mademoiselle... six mille francs... » (à Philippe.) C'est plus du double des mois ordinaires.

Mademoiselle est si bonne, et l'hiver est si rigou^ reux.

Air : Dans un casîel dame de haut lignage. A vos désirs j'obéissais d'avance ; Dans vos salons, de tous ces grands seigacnr» Quand votre nom attire l'affluence.

Pour ses bienfaits on le bénit ailleurs. Si votre hôtel est connu d' la noblesse.

Par riûdigence il l'est aussi; Et si quelqu'un ignorait votre adresse.

Le premier pauvr' lui dirait : i< C'est ici. »

Klle d'harville se lève et continue de lire. Des ouvriers... d'anciens militaires.

Des camarades à moi, qui servaient dans l'armée de Rhin et Moselle ... Il faut faire quelque chose pour ceux qui y étaient, mademoiselle... car c'est sous leurs tentes que bien des gens, qui valaient mieux que moi, ont trouvé asile et protection.

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