SCENE n. ïi
Mlle u'hvrviile passant entre Philippe et Mathilde. C'est vrai... c'est Philippe qui, dans ce temps-là, nous a aidées à passer la frontière.
MATHILDE
Je comprends alors votre reconnaissance, votre affection pour lui.
Mlle d'hartille.
Achevons... {lisant.) « Pour la pension de Frédéric... cinq cents francs. » (à Philippe) C'est beaucoup pour un mois.
Cest bien peu... puisque vous l'avez élevé et protégé... il faut achever votre ouvrage, il faut qu'il s'instruise... qu'il ait des maîtres... il a besoin d'avoir du mérite, lui qui n'a pas de fortune. Mlle d'harvilie.
C'est ce qu'il faudrait souvent lui répéter.... je vous ai placé près de lui, Philippe, comme un guide, comme un ami; et j'ai à me plaindre de lui... de vous peut-être... vous le gâtez... vous n'avez pas pour lui toute la sévérité nécessaire... souvent il rentre bien tard.
PHILIPPE embarrassé.
Mademoiselle...
Mlle d'harvilie.
Je ne l'ai pas vu hier soir.
Ah! mon Dieu!...
Mlle d'harvilie. ^ j
Ce matin je lui ai fait dire de descendre... et il;
n'a pas encore paru. j
ï2 PHILIPPE,
PHIL[PPE.
Il était sorti de très • bonne heure... pour son droit... pour une conférence... je ne sais pas au
juste il travaille tant que souvent il passe la
nuit...
MATHILDE
Voyez -vous, ma tante. . il finira par se rendre malade.
Jille d'habtiile vivement.
Voilà ce que je n'entends pas... je ne veux pa? quil travaille tant... je le lui défendrai... PHILIPPE à part.
Ce n'est pas la peine.
Klle d'harville allant à la table, et prenant dans
la cassette une bourse qu'elle remet à Philippe.
Tiens, voilà son trimestre... vous le lui donnerez de ma part, en lui recommandant Tordre, réconomie et la bonne conduite.
Oui , mademoiselle , mais vous , en revanche , ayez un peu d'indulgence.
Air : Amis, voici la riante semaine.
Il est léger, mais pleia d'honneur et d'ame : Je m'y connais, et je vous en réponds; Pour des misèr's quand je rois qu'on le blâme , Moi, je l'excuse, et j'ai bien mes raisons. Oui, maintenant, quoiqu'il dise et qu'il fasse. Pour un jeune homm' j' suis toujours indulgent i Car je soupire, et je m' dis : A sa place. Le dîabl' m'emport' si j' n'en Trais pas autant,.. Pardon, mamzell' ; mais j'en frais tout autant.