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THÉORIE DE L'ÉVOLUTION ET THÉORIE DE LA CONNAISSANCE

trouvons dans une série infinie. Mais le dernier mot de la science concerne la relation fondamentale du distinct à l'indistinct et dit que toutes les variétés, en quelque endroit qu'elles se présentent, sortent d'un tout et sont embrassées par un tout.

La théorie de l'évolution selon Ardigb se lie étroitement à sa théorie de la connaissance. Toute explication est une dissociation, une analyse. Ce qui reste à dissocier est inexpliqué. La pensée est toujours contrainte d'aller plus loin, malgré le penchant qui la porte à s'arrêter à un distinct fini ; — et ce qui pousse ainsi la pensée en avant, c'est l'infinité même de la nature. Bien plus, la nature infinie est l'énergie même dans la loi propre de la pensée logique".

Que la loi de la pensée ou de l'explication soit ainsi identique à la loi de la nature, il n'y a rien d'étonnant à cela, puisque la pensée elle-même est nature ou formation naturelle, au même titre que les autres choses. Mais si la pensée est un fait empirique, comme tout autre, et si elle n'est elle-même qu'un exemple d'une formation naturelle, il devient alors impossible d'expliquer la nature entière en la tirant de la pensée, comme le veulent la métaphysique et la théologie. Car la pensée ne se peut comprendre elle-même que par la loi générale de l'évolution qui fait sortir les distincts de l'indistinct. Nous sommes amenés par là à expliquer un fait par un autre, sans pouvoir .arriver à un terme absolu. La nature est un cercle incommensurable dont le centre est partout et dont la circonférence n'est nulle part.

Ardigô a trop laissé absorber la théorie de la connaissance par la théorie de l'évolution. Psychologiquement ou biologiquement considérée, l'évolution de la pensée n'est évidemment qu'un exemple des lois générales de l'évolution. Mais le problème de la connaissance se pose aussitôt qu'on cherche comment nous fondons la valeur des lois générales que nous croyons trouver aussi bien pour la pensée que pour les autres phénomènes. Ce problème ne cesse pas du fait que l'on renvoie à la loi de l'évolution comme point commun à tous les phénomènes. Même ce qui caractérise la pensée, c'est d'être l'instrument au moyen duquel toute évolution et toute loi de la pensée

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comme des autres choses se conçoit et s'exprime. La question est donc celle-ci : quelle valeur ont cette conception et cette ïorme qui l'exprime ,6 ?

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