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COURANT BIOLOGIQUE DANS LA THÉORIE DE LA CONNAISSANCE

Des réflexions rentrant dans Tordre de la théorie de la connaissance n'étaient nullement étrangères au groupe de penseurs dont nous venons de nous occuper. Ce dont il s'agissait chez eux en définitive, c'était bien de savoir jusqu'à quel point l'un quelconque des points de vue spéciaux que les sciences particulières appliquent chacune dans son domaine est apte à fournir' le principe d'une conception du monde cohérente et provisoirement bien arrêtée. Mais les difficultés que rencontre la réponse à cette question devaient tout naturellement susciter le besoin d'examiner de nouveau les points de vue et Jes principes scientifiques, leur origine et les conditions de leur validité. Le caractère de la contribution que les sciences naturelles peuvent fournir pour une conception générale du monde, fut soumis — principalement dans le cercle des savants même — à une discussion nouvelle ; on avait été disposé à regarder comme une vérité suprême plutôt que comme une hypothèse, la conception dite mécanique de la nature, fondée par Galilée et par Descartes, qui ramenait tout à la pesanteur, au choc et à Pattraction. Voici qu'à présent se montraient de nouveaux phénomènes (notamment dans le champ de la théorie électromagnétique de la lumière), dont l'explication était liée à des difficultés dans la conception mécanique de la nature, et l'on s'était du reste aperçu que, du fait qu'elle est confirmée par l'expérience, ujie théorie ne doit pourtant pas se considérer comme absolument exacte, tant que n'est pas exclue la possibilité d'une autre théorie dont les conséquences peuvent également recevoir la confirmation de l'expérience.

C'est dans ce sens qu'agit l'importance attribuée à l'évo-

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lution, à l'extension continuelle des limites de l'expérience et à une modification possible de la structure interne de notre esprit. Le dynamique prend ainsi la haute main sur le statique et notre théorie de la connaissance ne pourra plus avoir de valeur que pour un certain stade de l'évolution.

Quand enfin l'élément volontaire est si fortement accentué, surtout dans la position môme des principes, on est porté à examiner la question de savoir quel est le but que nous nous proposons, à proprement parler, dans notre connaissance, et quels sont les moyens dont nous disposons pour nous en approcher.

Par ces voies différentes, nous sommes conduits àuageoope de penseurs, que nous désignons sous le nom de groupe biologique dans la théorie de la connaissance. Dans ce groupe je fais entrer d'abord quelques savants célèbres qui, d'une part, parleurs recherches spéciales et, d'autre part, par l'étude de Thistoirede leur science, ont été amenés à réfléchir sur les postulats de la connaissance, et ensuite un philosophe qui a fait une étude plus développée de la naissance et de la disparition des problèmes dans le cours de la vie et de l'évolution.

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