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James Glerk Maxwell

Le physicien distingué James Clerk Maxwell (né en 1831, à Edimbourg, mort en 1879, professeur de physique à Cambridge), célèbre surtout pour avoir développé sous une forme mathématique la théorie électro-magnétique de la lumière, est important pour l'histoire de la philosophie à cause de l'intérêt qu'il apporta à bien se rendre compte des premiers principes de sa science. William Hamilton, dont il suivit les cours, étant étudiant à Edimbourg, fit naître en lui le goût de la philosophie ; Maxwell reçut ici (au dire de ses biographes), une impulsion qui ne cessa jamais d'agir sur lui. Hamilton se sentit également de son côté attiré par le jeune étudiant à l'esprit pénétrant et très avide de science. La conception que se fit Maxwell de l'essence et de l'importance de la pensée, même quand plus tard il eut pu la fonder sur une recherche personnelle et très pénétrante, rappelle encore par des points décisifs la philosophie d'Hamilton. — Les travaux de Maxwell que nous prendrons surtout en considération, se trouvent dans le tome II de ses Scientiftc Papers (Papiers scientifiques), que Ton a rassemblés et publiés après sa mort.

On a soutenu, dit Maxwell, que la spéculation métaphysique n'appartient qu'au passé et que la physique l'a démolie. Il ne faut pas craindre pourtant que la discussion des idées fondamentales de l'existence n'ait plus de çlace à notre époque. L'exercice du pouvoir spéculatif reste pour* tout esprit hardi aussi attrayant qu'il l'était au temps de Thaïes ! — Mais il s'agit de développer des idées avec lesquelles nous puissions travailler. Lesprogrès des sciences exactes reposentsur la découverte et le développement de représentations appropriées (appropriate) et précises, qui nous mettent en état de donner

une représentation (représentation) mentale des faits, — représentation qui est d'une part assez générale pour être à même de représenter chaque cas en particulier, et d'autre part assez précise pour servir de base à des raisonnements mathématiques. C'est la voie que l'on a suivie d'Euclide à Faraday.

Si Ton demande comment nous vient dès le début l'idée de poser un principe et de l'appliquer dans un domaine déterminé, Maxwell renvoie à l'importance de l'analogie pour la science. Par analogie physique on entend la ressemblance partielle des lois de deux domaines de l'expérience, analogie qui nous permet d'éclairer un domaine au moyen d'un autre. C'est ainsi que toute l'application des mathématiques à la science repose sur l'analogie des grandeurs physiques aux lois des nombres, et que les sciences exactes tendent tous leurs efforts à ramener les problèmes de la nature à une détermination de grandeurs par des opérations numériques 80 . Ce qu'on appelle la conception mécanique de la nature est du même genre. Elle s'appuie sur une analogie des lois concernant les variations qualitatives qui surviennent dans la nature avec les lois du mouvement. Il lui devient ainsi possible de décrire les variations des corps, comme si elles ne consistaient ju'en des mouvements de parties très petites. Une description d'un phénomène qui permet de considérer ce phénomène comme l'exemple d'un principe qui se laisse encore appliquer à d'autres phénomènes, est une explication, et l'expérience nous montre que toute explication de <ce genre est accompagnée d'une satisfaction particulière de l'esprit. Pourvu que l'analogie soit valable, on n'a pas besoin de se faire des représentations déterminées de la nature de ces très petites parties ; il n'est même pas nécessaire de leur attribuer de l'étendue, une forme, de la dureté ou de la mollesse. Ce qu'il faut demander aux parties ultimes de la matière, c'est laçons* tance et la régularité seules de leurs mouvements. La constance et la continuité du mouvement, tels sont les fondements de l'idée de matière.

Sur ce dernier point, Maxwell donne son adhésion à des idées qu'avaient déjà mises en valeur Faraday et W. Thomson (Lord Kelvin) 81 . Ce n'est que par le mouvement, affirme-t-il qu'on comprend le repos et V équilibre; c'est pour cela que la

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