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I. Les deux premières phases du Panthéisme de Spinoza

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inhérent à l'individu et par l'étude de l'essai le plus complètement développé d'une théorie de l'identité se prépara chez Avenarius une conception de la connaissance qu'il professa pour la première fois dans le petit livre qui a pour titre : Philosophie als Denken der Welt gemâss dem Princip des Kleinsten Kraflmasses . Prolegomena zu einer Kritik der reinen Erfahrung 1 (1876). Il part du fait que la conscience ne dispose pas d'une force infinie de représentation ; que par suite elle doit user d'économie dans sa pensée. Elle s'efforce donc de ramenef l'inconnu au connu; cela a lieu dans tout fait de reconnaissance et dans tout acte de compréhension. Ce à quoi surtout elle tend, c'est à réduire à aussi peu de chose que possible les différences et la diversité. La philosophie est précisément la tendance scientifique à penser l'ensemble du donné de l'expérience en dépensant la plus petite force possible. En excluant de la connaissance toutes les représentations qui ne sont pas contenues dans le donné même, elle s'efforce d'arriver à une expérience pure; ce but une fois atteint, elle ne dépense pas, pour penser le donné, plus de force que ce donné lui-même n'en exige.

En 1877 Avenarius fut nommé professeur de philosophie à Zurich; il y composa son grand ouvrage la Critique de l'expérience pure (1888-1890). Ce livre est une théorie des problèmes, où il cherche à montrer, d'une manière purement biologique et psychologique, les conditions de la naissance et de la disparition des problèmes. Avenarius veut se placer vis-à-vis des problèmes au point de vue de l'expérimentateur psychologique ou à celui de l'aliéniste, et par suite étudier les problèmes à la manière de l'histoire naturelle pure. Il croit pouvoir constater, par l'élimination toujours plus grande de tous les éléments de la pensée qui ne sont pas contenus dans le donné même, une approximation continue de Y « expérience pure ». Et cela c'est une approximation d'un concept du monde , purement empirique. Quelle serait la nature d'un tel concept, c'est ce qu'Avenarius développe dans son écrit Der menschli-

4. La philosophie en tant que manière de penser le monde conformément au principe de la moindre masse de force. Prolégomènes à une Critique de l'expérience pure.

RICHARD ÀVENÀRIUS H5

che WcltbegiHff 1 (1891), qui complète l'œuvre maîtresse notamment en ce qu'il cherche le fondement de V « impureté » de l'expérience dans l'animisme et, d'une manière générale, dans le besoin de concevoir les choses par analogie avec nous-mêmes.

L'œuvre d'Avenarius est le produit d'une pensée très sérieuse et elle est appuyée sur une multitude d'observations et d'exemples. Mais il en gâte l'effet par l'introduction d'une terminologie très artificielle et très inutile, qui rebute plus d'un lecteur. Il y a quelque chose de tragique dans le fait que, pour ce motif, son travail puissant de penseur n'obtient pas l'accueil qu'il mérite auprès du public. Des études acharnées ébranlèrent sa santé. En vain chercha-t-il du soulagement dans les villes d'eau, par exemple à Skodsborg, près de Copenhague, où — après avoir déjà fait auparavant sa connaissance à Zurich — je fus initié par lui pour la première fois à 1' « expérience pure » dans nos promenades au jardin d'acclimatation. 11 mourut deux ans après (1896). Une rare énergie de la pensée unie à un goût artistique et à un caractère ouvert et doux, tels sont les traits dominants de l'image que conservent dans leur mémoire ceux qui ont eu des rapports personnels avec luK

Pour analyser la philosophie d'Avenarius, je ne suivrai pas son exposition et je n'emploierai pas sa terminologie. L'élude répétée de son chef-d'œuvre m'a Ynontré clairement que ses idées fondamentales peuvent être exposées d'une façon beaucoup plus simple qu'il ne l'a fait, et que c'est la seule manière de leur faire obtenir pleine justice.

C'est l'histoire naturelle des problèmes qu'Avenarius veut donner en cherchant à montrer du point de vue de la physiologie, de la psychologie et de l'histoire, dans quelles conditions les problèmes apparaissent, deviennent aigus, sont résolus ou tombent. La matière de ces recherches peut se puiser partout, car l'enfant, le sauvage, l'homme pratique, le croyant religieux ont tout aussi bien leurs problèmes que l'homme de science et le philosophe. Tous ici sont placés sur une même ligne, car il s'agit de quelque chose qui est la conséquence des rapports naturels, communs à tous les hommes. La seule différence est que la manière scientifique de poser les problèmes et de les

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