Appréciation et critique
La philosophie de Bradley est un approfondissement du problème dont se sont approchés "VVundt et Ardigô, mais qu'ils n'ont pas entrepris de traiter expressément, problème que Kant avait soulevé par sa théorie des « idées » comme concept de la totalité, et qui a sa source dans l'essence de la pensée comme activité qui relie (synthèse). Bradley lui-même croit qu'il doit beaucoup à Hegel et, comme plusieurs philosophes anglais contemporains, il est plein d'admiration pour la hardie dialectique de cet auteur. En certains points il rappelle William Hamilton. D'une main ferme il tire, à la limite de la pensée, la conséquence de ses lois propres. 11 prend son appui surtout sur deux lois : la loi de relation {the relational loay of thought) et le critérium de la réalité [complète expérience as standard of realily). Toutes les deux le mènent au même résultat : l'impossibilité de s'arrêter à aucun point, bien que nous puissions nous approcher pas à pas d'une détermination plus précise de la réalité.
Un certain scepticisme caractérise Bradley, puisqu'il insiste davantage sur l'impossibilité d'arriver à un terme que sur les déterminations plus précises possibles de la réalité. C'est pour cela qu'il attribue aux sciences spéciales et empiriques une valeur positive trop faible pour la conception philosophique. Les points de vue dont on se sert pour travailler dans les domaines
FRANCIS-HERBERT BRADLEY