‹ Philosophes contemporains [microform]Chapitre 59 sur 87 · TROISIEME GROUPE LA PHILOSOPHIE DES VALEURS · texte numérisé non relu

TROISIEME GROUPE LA PHILOSOPHIE DES VALEURS

Les trois rapports qu* Avenarius distinguait entre les conditions internes et les conditions externes de la connaissance peuvent nous servir à caractériser la diflérence qui existe entre les trois groupes d'essais philosophiques qui se sont fait jour dans ces derniers temps. Le groupe systématique a pour caractère essentiel de présupposer l'équihbre entre les besoins et leur satisfaction ou entre les facultés et le travail (donc E = R). Le groupe biologique s'occupant de la théorie de la connaissance fait surtout ressortir ceci : que l'existence peut avoir pour nos facultés d'autres et de plus grandes exigences que celles qu'il est en notre pouvoir de satisfaire pleinement (donc E < R). l'infm le troisième groupe insiste sur ce fait qu'il peut y avoir une surabondance de désirs et de facultés (donc E > R), ce qui conduit à attribuer une valeur à l'existence et à tendre à dépasser le donné, Les représentants actuels de cette dernière conception se divisent en deux classes, Guyau et Nietzsche présentant une parenté évidente et contrastant avec Eucken et James, dont les théories sont plus objectives. Eucken a une tendance nettement systématique, parce qu'il est convaincu qu'une philosophie personnelle profonde ne saurait s'affirmer sans la supposition précise d'un ordre de choses absolu, d'un « monde intelligible ». Il trouve ici un point commun avec l'idéalisme spéculatif de l'ancienne philosophie allemande, pour la rénovation de laquelle il combat. James occupe une position un peu plus libre. Il accentue nettement l'expérience personnelle et la nécessité de travailler en se gardant l'horizon ouvert, à l'opposé du dogmatisme naturaliste aussi bien que du dogmatisme supranaturaliste. Quant à la manière dont chaque individu interprète ses besoins et aux moyens qu'il croit trouver

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