‹ Philosophes contemporains [microform]Chapitre 78 sur 87 · LA NATURE DE L'EXPÉRIENCE RELIGIEUSE · texte numérisé non relu

LA NATURE DE L'EXPÉRIENCE RELIGIEUSE

admettre aussi que ces mêmes hommes ont besoin d'une nourriture spirituelle différente, en sorte que, au point de vue religieux, ils pourront différer les uns des autres.

Vis-à-vis de la religion, James a une attitude nettement sympathique. Les meilleurs fruits de l'expérience religieuse, suivant sa conviction, sont les meilleures choses que l'histoire puisse montrer. Ici il sent la vie intérieure se mouvoir avec sérieux et énergie, agir avec profondeur et concentration, en opposition avec tout ce qui pourrait la gêner et l'éparpiller. -C'est comme si l'on était transporté dans une atmosphère plus élevée et plus pure. James renvoie sur ce point à l'appréciation -faite par Sainte-Beuve des personnages religieux dans son oeuvre célèbre sur Port-Royal.

Nous trouvons donc chez James les trois points de vue principaux de la discussion philosophique des questions religieuses. Il annonce que, dans un ouvrage ultérieur, il s'opposera aux tentatives, qui seraient faites encore de nos jours, de traiter la philosophie de la religion d'une manière plus spéculative, — tentatives qui, chose étrange, se présentent plus fréquemment en Angleterre et en Amérique que sur le continent. En attendant, son travail prouve avec ampleur qu'il faut appliquer les trois points de vue indiqués, dans la philosophie de la religion. — Je regrette de n'avoir pas été capable, dans l'analyse que j'ai faite de la position occupée par James, de rendre aussi manifestes qu'ils le méritent, la sincérité, la vigueur et l'art d'expression dont l'auteur dispose.

b) La nature de V expérience religieuse.

Le sentiment religieux n'est pas, selon James, un s-entîment spécial ou élémentaire. Tout sentiment peut, sous certaines conditions, prendre un caractère religieux, et cela quand il collabore à la conclusion des expériences vitales humaines , conclusion que James appelle « réaction totale contre la vie ». Nous trouvons une détermination un peu plus précise de ce qu'est la religion dans le passage où il est dit que la religion est un des moyens qui peuvent introduire deTunité dans notre vie. L'unité, dit James, est accompagnée d'un sentiment de paix et de

WILLIAM JAMES

bonheur qu. dépasse tout ce qu'on peut autrement éprouver Cette unité peut se produire subitement ou être acquise par une lente évolution; c'est en quoi se manifestent les différences jndmduenes. Mais l'essentiel, c'est que l'individu qui se sen! te.t antérieurement partagé et gêné, petit et malheureux a maintenant le sentiment de l'harmonie, de la liberté et de ïéll

wÎIë» T- T.1"" '^"'' '"P«™^«"'' à «tre de possibilités .déaies, étaient à la périphérie de l'âme, en sont maintenant devenues la propriété centrale. C'est comme si une énerrie nouvelle s'était répandue dans l'individu, une énergie plv" nant de sources placées en dehors de sa conscience, et qu'il n aurait pas été en état de déclancher directement par' u„ effort conscient. Cette importance subordonnée du conscient et du volontaire (the hopeless inferiority of voluntary to 1 tincuve action) par rapport à l'inconscient et à l'invoLtaire est un trait caractéristiquede toute religiosité. Des formes ma^l drvesna,ssent.quandmanquentla force intellectuelleetlegoût

L expérience religieuse a un caractère mystique qui lui vient en partie de sa nature inexprimable, puisque chacuLcinê pe^t comprendre qu'indirectement les autres hommes, en partie de «,n caractère immédiat, puisque la pensée discu;sive'n'y oue aucun rôle, en partie de la brève durée des états et de la diffi eu té qu on éprouve à se les rappeler, et en partie enfin de l'attitude passive de l'individu par rapport à ces expériences t

Z" Zrr*' T ""'""' ""^ *=''""^"P*^ d'états semblables! Le caractère religieux provient, comme nous l'avons delà

indiqué du fait que l'atUtude de l'homme par rapport" la ^ cornue loUhté entre en ligne de compte dans ces état ; p là ces états reçoivent une unité et une énergie qui leur font défaut autrement. Ce qu'on appelle spécialement mystique nestquune forme déterminée, souvent extrême, decequ^se présente dans toute expérience religieuse.

c) Les types les plus importants.

James déclare que le plus sérieux résultat qu'il ait atteint par ses recherches sur la conscience religieuse, ce ontTs grandes vanétés qu'elle offre. Une partie importante de soa

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