PRÉFACE DE LÀ PREMIÈRE ÉDITION
Philosophes et Comédiennes? — Tous sont philosophes, toutes sont comédiennes : — Socrate qui va étudier chez Aspasie, — et Aspasie qui gouverne le monde sous le nom de Périclès; — Ab^illard qui donne des leçoris à Héloîse, — et Héloîse qui lui dit tout bas : Ignorant ! — Voltaire qui apprend la comédie à mademoiselle de Livry — qui le lui rend bientôt. Tout homme qui n'est pas doublé tune femme rCestjpç^s uji bovimç^Un poète a dit : « Dieu commence Varltiste, etJa fenym% ï%d$ty. » Et ce poète a eu raison. Ève&%Ll&j>mj, livre m étudie Adam. Dieu a donné la phitostylws&fâjwanw, mais il a enseigné la comédie à la fmMfâÀjw~Sty}ûV* diapason, parmi ceux et parmi (Mes qài àrd mordu au fruit amer de la science, parmi les privilégiés de V esprit et de la beauté : — les artistes, les penseurs, les femmes à la mode, les gens de cour, — la plupart sont philosophes, la plupart sont comédiennes. Il n'y a quà la Sorbonne et au Théâtre quil s'en rencontre peu.
Ami lecteur, les noms de folie ou de sagesse, de deuil
PRÉFACES
et de volupté qui vont et viennent en désordre dans ces pages comme dans les spirales d'une valse éperdue, — sont les masques et les déguisements de ma fantaisie. Parfois même, confondant masques et déguisements dans un imbroglio, tu la verras traverser le récit ou le poème, un pied dans la sandale austère du philosophe, Vautre dans la mule brodée de la comédienne. Mais sous la sombre draperie et sous le corsage au vent, tu sentiras battre le même cœur. Ces capricieuses mascarades sont des métempsycoses transparentes d'une âme qui se cherche et se poursuit elle-même dans les fantômes riants ou toistes du passé.
Lair de cette ronde mélancolique, qui emporte la Gaussin dans les bras de Platon, est aussi bimire que la chanson, ha lyre y alterne avec le tambour de basque, la plainte avec la roulade, le rire avec le sanglot. Cependant les deux accents finissent toujours par se ren~ amtrev'Çt : w\CQnfondre *dan$,.le cri d'un regret, d'une pasÀâftàil'druK mttifàiQffîfy,icomme ces voix jumelles des duos*?fe:MfcajJÇ d#rtt l'une raille et dont Vautre pleure, râai£quVm$ktènf*ensemble les espaces infinis de la gamfà}Mjfki}^tyies'ii, sa note extrême, s'entrelacent, s'àrèighent' f ,sèrlvôt&k et s'évanouissent dans le ciel de Vidéal.
A quoi bon ce livre ? — C'est l'œuvre du temps perdu, — le meilleur temps ! — Qu'il soit pour toi, ami lecteur, le livre dû temps perdu.
Qu 'est-ce que cela prouve? — Rien t sinon qu'en ces jours où Von vit ventre à ter^e, sans souci de l'air qui
PRÉFACES. ni
passe, du ciel qui s'illumine, du monde invisible qui chante l'infini, il faut dorer, — ne fût-ce qu'au procédé Rwb, — V échelle des passions qui monte de V homme jusqu'à Dieu.