SCÈNE PREMIÈRE
NICOLAS
Au lever du rideau, on entend un air de cornemuse. Après avoir joué, Nicolas sorl d'un bosquet à pas de loup, dans un ajustement irès-piltoresqae.
Quoi! ma musique ne l'attire pas? — C'est donc ici le château de la Belle et la Bète? — Je ne veux nommer per-
sonne. — Qul4 chàleau mystérieux! Marianne y est devenue invisible. C'était bien la peine de gâter ces beaux espaliers et ma culotte de velours! Depuis ce matin, je perds mon temps à soupirer sur ma cornemuse. Je me suis présenté plus de vingt fois à la porte, mais il paraît qu'ici on n'a pas l'habitude de passer par là. J'ai vu un freluquet de valet de chambre qui m'a dit : « Halte-là, Nicolas! » Si je savais où est la fenêtre de Marianne! On dit que c'est là un chemin de traverse. — Je lui ai écrit : a-t-elle lu ma lettre? Qui sait si elle ne m'a point oublié? Elle devient quasi grande dame au château. — Oh ! que nenni! on n'oublie pas si tôt Nicolas. Si je pouvais seulement la prendre par le corset, et lui parler entre quatre lèvres! — Mais qui vient donc là-bas? — Ouf! c'est la marquise. Ces pauvres espaliers! ma pauvre culotte de
velours! (Il s'enfuit, ei grimpe au mur du parc.)