MARIANNE, LE MARQUIS
(Marianne cbaiite. Le marquis pasyc près de Marianre, et, celle fois, sans écouter la chanson.)
J'aurai bien de l'esprit demain, car je tiens ma charade. Encore deux heures d'étude et...
MARIANNE, après avoir en vain joué du regard, â part.
Voyons, il faut engager la conversation. (Haut.) Vous aurez bien de l'esprit, monsieur, j'en suis fâchée.
Que dis-tu donc, Marianne?
MARIANNE, avi'C un cliarmant souriie.
Je dis, monsieur, qu'il n'y a rien de bon à faire avec l'esprit, car l'esprit gâte les sentiments. Vous allez dire
DE LA MAnQUlSE. 235
que mon esjM'it ne gâtera pas mes seiiliments. Cela m'est égal; quand on a du cœur, on se moque du reste.
D'où te vient ce babil quasi philosophique?
MARIANNE
J'ai été à bonne école. A propos, monsieur, tout à l'heure nous n'avons pas fini d'égrener notre chapelet. Nous en étions donc...
LE MARQDIS, à part.
Eh! mais, il paraît qu'on fait singulièrement son chemin avec celle-là. Jean -Jacques dit qu'il faut attaquer les femmes de face; Voltaire dit de profil; moi, je dis que c'est en leur tournant le dos. (ii un mine de s'en aller.)