‹ Philosophie anatomique. Des monstruosités humaines. Ouvrage contenant une classification des monstres; la description et la comparaison des principaux genresChapitre 10 sur 62 · XXVII] DISCOURS · texte numérisé non relu

XXVII] DISCOURS

forme et de couleur, qu'ils présentent, il règne de certains rapports dans la structure, la position et les fonctions respectives des parties, et qu’avecun peu d'attention on peut suivre ces. rapports au travers des différences qui les masquent: quelquefois pour des regards superficiels.

« Une étude un peu plus approfondie montré même qu'il existe une sorte de plan général que l'on peut suivre plus ou moins long-temps dans la série des êtres, et dont on retrouve quelquefois des traces dans ceux qué l’on croirait les plus anomaux.

«Enfin on est arrivé à reconnaître que les diversités mêmes ñe sont pas jetées au hasard parmi les êtres, mais que celles de chaque partie s’enchaïnent à celles des autres parties d’après certaines lois, et que la nature!et la destination de chaque être, dans l'ensemble de ce monde, sont déterminées par la combinaison des diversités qui le caractérisent.

« Ces ressemblances, ces différences et les lois de leurs combinaisons forment l’objet de la science spéciale à laquelle on a donné le nom d’anatomie comparative , branche très-importante de la.science générale de l’organisation et de la vie, base essentielle de toute histoire naturelle particulière des êtres organisés.

« L'un des plus grands génies de l antiquité, Aristote, fut le créateur de cette science, parce que le premier il l’envisagea de ce point de vue élevé:

PRÉLIMINAIRE. XXIX mais , immédiatement après lui, on négligea entierement le genre de recherches qui pouvait donner de l’extension à ses idées; et depuis le renouvellement des sciences, on se livra long-temps et avec raison à des observations partielles plutôt qu’à des méditations générales.

«L'esprit philosophique, qui de nos joursa porté la lumière dans la plupart des sciences d’observation, a rendu l'Anatomie comparative à sa dignité, et en a fait de nouveau la régulatrice de la zoologie : aussi remarque:t-on, depuis quelques années, un grand mouvement à son sujet. Les observations les plus précieuses se recueillent, les rapports les plus délicats se saïsissent : tout ce que l’on a découvert d’imprévu et en quelque sorte de merveilleux a semblé justifier la plus grande hardiesse dans les conceptions; elles sont allées, pour ainsi dire, jusqu’à la témérité; et déjà l’on a vu des philosophes vouloir non-seulement lier ensemble tsus les êtres animés par des analogies successives, mais déduire à priori la composition générale et particulière des lois universelles de l’Ontologie et de la métaphysique la plus abstruse. Quiconque a un peu étudié l’histoire de l'esprit humain, sans partager toutes les vues des auteurs de ces tentatives, en félicitera cependant les sciences naturelles. Bien des hommes n’entreraient pas dans une route si pénible, s1 de grandes espérances n'excitaient leur ardeur.

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