‹ Philosophie anatomique. Des monstruosités humaines. Ouvrage contenant une classification des monstres; la description et la comparaison des principaux genresChapitre 9 sur 62 · PRÉLIMINAIRE. XX · texte numérisé non relu

PRÉLIMINAIRE. XX

zoologié comparée révolterait : car on verrait là un pléonäsme tout-à-fait insignifiant. S'il en est ainsi, on ne dira pas long-temps encore anatomie comparée. À des idées de même ordre, on doit des termes assortis. La z0ologie, en.effet, est la description des organes extérieurs des animaux, comme l'anatomie est celle de leurs organes intérieurs.

Cette conclusion est rigoureuse : car je regarde comme sans valeur l’objection que l'on pourrait faire, que la zoologie s'étend de plus à dautres considérations ; parce que si l'on écarte les reliefs Sobliiéraent observables des organes, pour s’en tenir à l'objet final, à l'emploi où au jeu de l’organisation, j'entends pour rester fixé sur les appareils en action, et sur toutes les autres manifestations de la:vie, on arrive il est vraï sur les seconds attributs. de la zoologie. On se porte sur cette seconde section de la science, traitée de si haut et avec toute la richesse du style le plus harmonieux dans lHisrorre NATURELLE; sur les mœtirs et les habitudes des animaux. Mais à ce moment on'$e retrouve a même pointqu'en anatomie, après qu'on en a épuisé les considérations descriptivés : car il ya aussi les actions de ses organes àraconter; éequ'onexprime par lemotde

#x1] DISCOURS fonctions. Ainsi voüs considérez daris les deux cas la forme et le jeu des organes : la forme, qui est proprement le sujet de l'anatomie et de la zoolôgie descriptives , et le jeu des organes; une seule et même chose, bien que vous l’appeliez fonctions ‘ou habitudes : expressions, quoi que vous fassiez, qui dans cette application ne diffèrent point, ou plutôt qui deviennent synonymes. La zoologie pourrait donc avoir à part sa physiologie tout aussi-bien que l’anatomiie. Point de différences dans les résultats, mais seülement dans les termes.

Ce sont la des déductions tres-naturelles de ce qui précède. Cependant il n'y a rien d’étonnant à ce qu’elles n'aient point été données plutôt: elles arrivent à leur heure marquée, comme tout ce qui dépend de la filiation des idées. Et, en effet, tel est le caractère de notre époque, qu’il devient impossible aujourd'hui de se reñfermer sévèrement dans le cadre d’une simple monographie. Étudiez un 6bjet isolé, vous fie pouvez le rapporter qu'à luimême, et par conséquent vous n'en aurez jamais qu'une connaissance imparfaite. Mais voyez-le au milieu d'êtres qui s’en rapprochent sous plusieurs rapports, et qui s’en éloignent à quelques autres, vous lui découvrirez des

PRÉLIMINAIRE. Xxii] relations plus étendues. D'abord vous le connaîtrez mieux , même dans:sa spécialité : mais de plus, le considérant dans le centre de :sa sphère d'activité, vous saurez comment il se conduit dans son monde: extérieur, et tout ce que lui:même reçoit de qualités par la réaction du milieu ambiant. | - On s’est bien trouvé de la route suivie jusqu'à présent, de l'observation préalable des faits : mais, dans l’ordre progressif de nosidées, c'est le tour présentement dés recherches philosophiques, qui ne sont que l'observation con: centrée des mêmes faits, que,cette observation étendue à leurs relations et ramenée à la généralité par la découverte de leurs rapports.

La zoologie, qui compose son trésor dela connaissance des formes diversifiées sous, les> quelles. la vie se reproduit, n'existe véritablement que, par des, études comparatives. Elle est:.donc, nécessairement comparée, ; comme, l'anatomié.né doit et ne peut jamais cesser de l'être, à moins que l'anatomie ne. s’en tienne qu'aun seul caractère, à n'être qu'une topogra: .phie.organique. Dans ce cas, je ne vois plus là qu'une dés branches de la science, qu'une partie .applicable,simplement à l'un, des arts.

KxIv DISCOURS de la société, à l’un des plus importans sans doute, puisque c’est sur lui que se fondent la plupart des connaïssances Lperniqhes Telle est la portion d’anatomié nécessaire encore plus au chirurgien qu'au médecin. fi

Ce n'est point d’après ces réflexions, qui eussent exigé plus d’études et plus dematurité que cela n'était possible alors, qu’à larenaissance des lettres en Europe l’on. vit la zootomie médicale entrer néanmoins tout aussi franchement que l'anatomiechezles Grecs dans les voies philosophiquesde l’analogie. Uneseulé pensée occupait tous les esprits à ce moment; celle de procurer: à la physiologie des! fon> demens de plus en plus assurés. Mais, comme on n'avait rien imaginé au-delà, on fut bien forcé de s'en tenir à la doctrine des: Grecs» Une juste défiance de ses forces inspiratà chaéun cette conduite; ét ceci dura tant que, faute d’une bonne méthode d'exploration, , on s’apêrçut qu'il y avait plus d'avantages à aller puiser les matériaux de la science dans ‘les chefsd'œuvre des Anciens, où on les trouvait élaborés, que danis les ouvrages de la Nature, oùioni n'avait point encore appris à les découvrir.

Il n'entre point dans mon sujet d’éxaminer

PRÉLIMINAIRE. XXY comment ce concours d'événemens amena nécessairement-(en anatomie pour sa part, comme dans tout ce qui'était-du domaine de l'esprit) le siècle de l’érudition. Ce qu'il me suffit de remarquer, c'est que la zootomie médicale se trouva jouir à ce moment d’une position propre à la garantir de bien des écueils, dont plus tard on eut à connaître le danger.

Ce danger fut occasioné par la multiplicité des recherches et des directions différentes de l'esprit humain. :

Les premiers érudits avaient moissonné dans le champ des remarques grammaticales ; ceux de l’âge suivant, donnèrent à leurs interprétations l'autorité de l'observation même desobjets. Ces recherches accessoires ouvrirent une nouvelle route, et cette route fut presque aussitôt suivie pour elle-même, jusqu'à faire oublier comment on y'étoit entré. Bientôt il ne fut rien moins question que de reconstruire entièrement l'édifice des sciences : alors commença l'étude des faits particuliers. Les Grecs étoient descendus des rapports de ces faits à la considération de leurs caractères différentiels : ‘ainsi la méthode des modernes fut l’inverse de celle des anciens.

XXY] | DISCOURS

L'anatomie, philosophique chez les Grecs, s’en tint à être monographique dans le dernier siècle. On la ploya à tous nos besoins, et-elle devint anatomie humaine et anatomie vétérinaire au profit des deux principales espèces; sur l'intérêt desquelles était fondée notre économie sociale. sidigstétfle

Perrault l’avait comprise dans lemème sens que les Grecs ; et, pour la ramener à son caractère primitif, la généralité, il'avaitconcu l’idée de ces anatomies monographiques desanimaux, dont le recueil est placé en tête-des Mémoires de l'Académie des sciences. Ce ne pouvoit.être et ce n'était, dans les idées de ce grand académicien, que des matériaux pour une anatomie générale. Cependant la réunion de ces monographies, où n'étaient que des faits: à comparer un jour, fut encore considérée comme une troisième sorte d'anatomie; sous le titre d'anatomie comparée:

Enfin cette troisième sorte prit un caractère entierement zoologique, quand ;fécondée par le génie des Camper, des Pallas et des-Cuvier, elle fut si habilement et si heureusement employée à la recherche amende: «2408 des rapports naturels des: êtres.

PRÉLIMIN AIRFT. XXVi]

» C'est dans ces circonstances que je fis paraître le premier volume de ma Philosophie anatomique.

J'avais eu quelques raisons pour croire que les nouvelles vues de cet ouvrage n'avaient point obtenu lasanction du plus illustre de nos anatomistes. Je désirais une explication publique : je la sollicitai même dans mes écrits sur les insectes. Quelle fut ma satisfaction, quand le 19 février 1821, j'entendis M. le baron Cuvier, dans un rapport (1) à l’Académie des Sciences, s'exprimer sur les déterminations nouvelles des organes comme j'aurais souhaité le pouvoir faire moi-même. Je vis ‘que nous ne différions que par l'expression, plus heureuse, plus ferme et plus élevée chez mon savant confrère. Ces idées sont completives de celles que j'ai désiré présenter dans ce discours; je les donne ici textuellement.

« Quiconque a pris la peine de rapprocher un certain nombre d’êtres naturels du même règne ou dé la même classe, a dû s’apercevoir qu’au milieu de ces innombrables diversités de grandeur, de

(1) Voyez les Annales générales des Sciences physiques , pubhées à Bruxelles, t. 7, p: 397.

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