SI. DE LA TÉTE
Ge qui forme le principal trait caractéristique de la tête est une sorte de torsion qu’elle a éprouvée : la ligne médiane ne la sépare point en deux portions égales: une plus grande partie de la face est à gauche, et tout le cervelet a passé de côté et à drôite, dans une position qui correspond à l'épaule. La physionomie n’est altérée que par un double bec de lièvre; au contraire, le dessus de la tête est dans Vétat le plus difforme.
Du cerveau.
Les tégumens communs se sont arrêtés dans leur développement, de telle sorte qu’il n'y a guère que la partie du pourtour de la tête, réponçant à 1æ moitié inférieure du cerveau, qui soit revêtue par la peau ( Voyez pl. V, fig. 1 et 2. ); tout l'hémisphère supérieur en est privé. D n'existe là que les enveloppes subjacentes ou les meninges. On yÿchercherait en vain des traces d'os etde boite cérébrale; le cerveau serait à nu, à sa partié supérieure, sans ses membranes qui l'enveloppent et qui lui tien= nent lieu de bourse. Je passe, pour le moment, sous silence des brides aponévrotiques répandues de la tête au placenta : j'en traiterai plus bas avec
(167) étendue que réclame l'intérêt de cette observation,
. Nous avons ouvert les meninges, examiné attentivement leur texture, observé qu’elles se trouvaïent dans l’état ordinaire, poursuivi leur prolongation à l'intérieur jusque dans la faux, et généralement constaté que cet étui du Cerveau n'avait point souf fert de l'événement pathologique. |
Nous avons la même remarque à présenter pour
lencéphale : car, sauf qu’il avaït participé à leffet de torsion imprimée à toute la tête, et que les lobes postérieurs du cerveau, lettre 7, fig, 2, et principalement le cervelet À, étaient rejetés à droite, tout paraissait, dans l’ordre accoutumé ; même consistance de la pulpe, ét même distribution des vaisseaux et des nerfs.
D'ün double béc de lièvre:
Le bec de lièvre est simple ou double; simple, s il consiste en une fente qui correspond à à la cloison. du nez, et double, s’il provient de l'une et l'autre narine. Notre sujet était dans ce dernier cas.
” Cette difformité est assez commune; dès 1686, Héfmann avait déjà donné son traité de labiis lepori. ns. Dela Faye et Schwalde reproduisirent lesmêm es faits en 1743 et.1744.. Authenrieth, Tiedemann et Sœmmering en rapportent des exemples, et les collections de la faculté de médecine de Paris en.
( 168 ) contiennent plusieurs, ou conservés dans la liqueur ; ou rappelés par des imitations en cire. Louis, Oehme et Desault s’en sont occupé principalement sous le point de vue chirurgical, et les fastes de la médecine opératoire rediront comment aussi et avec quels brillans succès les Dubois, les Dupuytren et le très-habile opérateur M. le docteur Lisfranc ont poursuivi ces écarts de la nature, et les ont ramenés à l'état de règle, à la loi commune. Sous un autre rapport, entrevu par Hérissant (1), ce sujet se rattache à nos études. Puisque cette monstruosité revient fréquemment de la même manière, il
-est là une aptitude dont il nous faut rechercher la
cause : ce devient un fait d'anatomie générale
(x) Ce vice de conformation (le bec de lièvre), dont il y a quantité d'exemples, consiste principalement dans la division de la lèvre supérieure, et est quelquefois accompagné de l’écartement des deux os maxillaires et palatins, et même de la division de la luette en deux portions, dont chacune demeure attachée à chacun des os du palais. Ce qui est extraordinaire dans le sujet de ces considérations consiste en ce que les cornets inférieurs du nez manquaient , et que vers la partie moyenne il ÿ avait un trou oblong très-sensible. De cela résultait qu'une grande partie de ce que l'enfant difforme buvait lui refluait par le nez; et quelquefois aussi, en se jouant, il emplissait sa bouche d’eau, et, la tenant exactement fermée, il faisait jaillir cette eau par ses narines, en forme d’arcade, comme font les cétacés qu’ on nomme souffleurs. HÉRISSANT, Académie des Sciences, année 1743, p. 86.
qu'il nous importe d'examiner dans son intérêt philosophique.
Un double bec de lièvre ne résulte pas de simples déchirures à la peau : il trace dans le palais et se continue jusques dans le système osseux. La modification de laquelle il dépend réalise un état naturel ailleurs, l’état normal des poissons. Il suffit pour cela que les os de la chambre du goût n’aient pu être suffisamment nourris et n’aient point été produits en leur totalité. Or c’est toujours ce qui arrive, quand les maxillaires, restreints à la face palatine du côté intérieur, ne se portent ni en avant sur l'os incisif, ni l’un sur l’autre en arrière. Cet événement se propage au delà, et par conséquent vers les palatins, qu’on sait tenus de suivre le sort des maxillaires : ils laissent entre eux le même intervalle que le font les os maxillaires.
. Notre principe des affinités électives des élémens organiques reçoit 1Ci une application. L’os incisif, réduit à une seule articulation, s’en tient à la plus essentielle pour lui, à l'appui que prend sur le vomer sa branche palatine. De cette concentration sur la ligne médiane résulte une fusion des deux points osseux primitifs; et du peu de développement de ces inter-maxillaires, il suit qu'une dent de chaque côté avorte. L’arcade alvéolaire de notre sujet était disposée pour neloger que deux incisives, que nous y avons d’ailleurs trouvées en germes. On
( 170 ) sait de plus que ces deux dents sont ordinairement | plus grandes dans les individus adultes disgraciés par la double rupture des lèvres. :
Un palais, dont les os sont restreïints dans leur développement, reproduit en effet les principales circonstances de la cavité buccale dés poissons : celui denotre nouveau monstre, fig. 7, est construit sur ce modèle, de ce que, premièrement, la ligne rédiane est formée en avant par un seul inter-miaxillaire, vers le milieu par le vomer et en arrière par lentosphénal, fig. 12, ou le corps allongé du sphénoïde antérieur; et de ce que, secondement, chaqué flané, composé du maxillaire, du lacrymal, du jugal et du palatin, s'étend en aile et forme un appareil distinct, alors doué de quelque mobilité.
Dans ce cas, et de même que dans les poissons, une gorge profonde, n, fig. 7, sépare les os médrans des os garnissant la joue. De là conséquemment point d’arrière-narines : cetté gorge tiént lieu du sinus nasal, C’est cepéndant toujours lé même canal, mais qui dans notre sujet , aussi-bién que dans les poissons , reste ouvert dans toute sa longueur, par la raison qu'il est privé de'son plancher ordinaire ; plancher formé, comme on le sait, par les os palatins et les Te” palatines des maxillaires.
Les tégumens de ces pièces les accompagnent dans toutes leurs sinuosités, y entrant et en res- « sortant librement. Une bride se voit cependant à ;
; (ur) gauche vers la partie évasée de l'inter-maxillaire , et reproduit en ce lieu seulement les circonstances de l'état normal de l’homme ‘et des mammufères : c’est que la gorge du sinus nasal est là moins large, et que les tégumens des bords étant rapprochés jusqu’au contact, ont fini par se greffer.
Ainsi nous rencontrons dans la même monstruosité un exemple dés deux systèmes de voüte palatine, qui différencient sous ce rapport les primcipaux groupes d'animaux vertébrés. Cette rencontre nous donne évidemment le principe de ces variations. 11 est manifeste, en effet, qu’il ne faut pour cela qu’une dépense un peu différente des matériaux organiques. Les troncs artériels, les portant en plus grande quantité sur la ligne médiane, n'en peuvent distribuer dans une même raison aux rameaux qui pourvoient à l'alimentation des flancs. Ea ligne médiane croît donc davantage : elle se prononce par une plus forte saillie, et, pouvant, en raison de la consistance de ses pièces , se suffire à élle:même ; elle parvient noôn-seulement à se passer d'appui et d’articulation sur les flancs, mais elle pourait dé plus, au besoin, opposer son intervehtion à toute formation dé plancher, si celui-ci tendait à se produire. C’est au surplus ce qui ne saurait être ; les lames palatines alimentées par un sang appauvri arrivent à peine à un medium de développement.
Cette explication est assez précise pour que l’on conçoive nettement ce que j'entends, sil m'arrive de dire (V. page 99), qu’une anomalie pour une espèce retombe dans ce qui est la règle pour une autre. Ces renœæntres sont aussi fortuites que nécessaires : aussi fortuites, en ce qu'elles ne se rattachent à rien de systématique, à aucune classification zoologique; aussi nécessaires, comme l’établit l'identité des types pour tous les animaux vertébrés. Qu’une artère dans une espèce régulière se subdivise en deux rameaux de longueur et de calibre semblables, et dans une monstruosité de la même espèce en deux rameaux de grandeur inégale, c’est le même fait que si nous considérions ces artères chez un animal dans le premier cas et chez un autre dans le second. Ce n’est donc point le hasard de ces, rapports avec les poissons, mais les circonstances essentielles du fait qui forment l'intérêt de cette observation. Le double bec de lièvre de notre monstruosité, on vient de le voir, doit être attribué à un retardement de développement. C'est à une semblable cause, à de pareils empêéchemens qu'il faut également attribuer cette même conformation des poissons, leur double bec de lièvre, qui est pour eux un état constant. Depuis (en 1807) que j'ai imaginé de comparer les os de la tête des poissons adultes avec ceux du crâne des mammifères à
‘état de fœtus, je considère les premiers comme
étant, à l’égard des mammifères, dans une condition fœtale qui n’est point altérée par l’augmentation de volume que les poissons prennent en vieillissant : ceux - ci grandissent sans conversion d'organes, sans passer par autant de développemens que les animaux mammiferes. Il n’est donc point étonnant que les deux cavités buccales dont il vient d'être question, se rencontrent identiques. La similitude des âges devait produire, et a produit les ressemblances observées.
Tel est le sens dans lequel j'entends dire qu’un animal des rangs supérieurs abandonne, dans ses déviations pathologiques, les conditions du type de son espèce pour retomber dans ce qui est la règle pour une autre, Il est de plus manifeste que cela ne s’opère que par une sorte de rétrogradation vers des animaux plus descendus dans l’échelle des êtres. |
Des os du crâne.
Tout le cerveau est supérieurement privé d’enve- loppes osseuses. Nous avons donné plus haut ce fait | d'observation. Cependant nousne pouvonsrenoncer au pressentiment qu'aucun des élémens de la boîte cérébrake ne saurait manquer ici, surtout si nous fortifions cette donnée de la théorie des analogues de cet autre pressentiment, qui, à son tour, se
fonde sur le principe des connexions. Il n’est point.
de pièces en effet destinées à recouvrir les parties supérieures de l’encéphale, qu’elles n'aient leurs racines à la base du crâne : or cette base ne manque chez aucun sujet difforme ou régulier.
C'est dans ces circonstances que nous avons reconnu que la tête osseuse de la monstruosité d'Arras différait peu de celle que nous avons décrite en détail dans notre premier mémoire; résultatsans doute bien remarquable, et qui nous apprend ce qu'il faut penser de l'influence des masses encéphaliques sur leurs enveloppes osseuses. Ainsi, dans ces deux exemples, paraît un meme plancher formé, dans un des cas, en présence d'un cerveau tout aussi bien conditionné que possible; et, dans Pautre cas, c’est une base à peu près semblable, qui sert de soucoupe au fluide aqueux de la poche dorsale, On ne saurait voir deux contenus plus différens pour deux contenans plus homogènes.
Ces contenans , où les deux crânes, sont iden-
tiques au point d'offrir parfois cette singularité qu'il | est plus de différences dans le méme individu, chez | le sujet d'Arras, entre les pieces congénères de Fur
et de l'autre côté, qu'entre quelques-unes de
celles-ci et leurs analogues chez l’anencéphale. Nous en avons donné plus haut la raison, en exposant que la tête de l’hypérencéphale a éprouvé un effet |
de torsion, qui a plus surbaissé certaines pièces
vers la gauche, et fait davantage osciller à droite plusieurs autres.
. Pour que cette singularité, que nous verrons plus bas dépendre d’une cause appréciable, puisse être observée sous ses véritables rapports, nous avons fait construire les trois dessins de tête de notre cinquième planche sur le même axe, faisant passer cet axe à travers et dans le centre des sphénoiïdes. et du vomer. Les deux crânes, l’un vu en dessus, fig. 8, et l’autre vu en dessous, fig. 0, sont opposés l’un à l’autre pour laisser ensemble les côtés de même sorte, et les rendre plus facilement comparables.
Cela posé, un simple coup d'œil sur nos dessins fait voir les inter-maxillaires divisés à droite, les nasaux et les frontaux à gauche, l'œil droit plus saillant et le gauche plus enfoncé, et en général toutes les pièces congénères du pourtour du crâne sous des dimensions différentes de l’un à l’autre côté. Il n’y a d’os cràniens qu'inférieurement et en bordure ; car c’est vraiment un fait merveilleux que toute la boïîte cérébrale soit réduite, dans Vhypérencéphale, à la forme d’une coupe ou d’un bassin. Les pièces qui, pour être normales, auraient dù être prolongées sur le vertex, et qui eussent de cette manière constitué la calotte crànienne, se sont arrêtées dans leur développement plus même que chez les anencéphales. N'ayant pu
ni s'élever au-dessus, ni s’insinuer en dessous du cerveau , elles lui servent de ceinture et en entourent la base; tels sont les frontaux en devant, les pariétaux et les occipitaux supérieurs sur les flancs, et les occipitaux latéraux et le basilaire en arrière. |
C’est ici le lieu de parler de ces os en détail (1); cependant, pour ne pas reproduire les faits et la discussion de mon premier mémoire, je n'insis- terai que sur les pièces les plus remarquables.
Les frontaux. Vs se réduisent à un bandeau osseux demi-annulaire (2). Cependant, c’est un fait digne de considération que, dans leur exiguité, ils ne manquent à rien de ce qui en peut être regardé comme la partie essentielle. On peut s'assurer qu’ils présentent trois faces : une oculaire, une frontale et l’autre cérébrale, et qu'ils gardent leurs relations; savoir : du côté interne, entre eux et avec
(1) Je vais aussi placer, dans les notes suivantes, les particularités qui différencient les os du crâne de l’axzencéphale de la Seine , dont j'ai traité dans le dernier mémoire, tant de ceux de l’anencéphale de l’Hôtel-Dieu, sujet de mon premier écrit, que. de ces mêmes pièces chez l’hypérencéphale. Cesnotions, réunies dans le même cadre, en seront plus facilement explicatives.
(2) Le frontal de l’arencéphale de la Seine, pl. IV, fig. 4, est aussi un bandeau osseux demi-annulaire ; par conséquent il dif: fère beaucoup de celui de larencéphale de l'Hôtel - Dieu. pl. I, fig. 13.
| (TT7 0 le lacrymal, le nasal et les pièces subjacentes; et du côté externe, avec le jugal et Le pariétal. Ils dif: fèrent l’un à l'égard de lautre : celui de droite est plus ramassé, et celui de gauche plus grêle et plus allongé.
Les pariétaux. Ce sont de simples filets allongés, principalement celui de droite, plus grêle et d’un quart plus long que son congénère. On dirait qu'il n'est ici vestige de ces es, si amples dans l’état régulier, que pour qu'il soit satisfait par eux aux règles des connexions , que pour qu'il n’y ait nulle confusion dans la disposition d’un si grand nombre de pièces atteintes par l’événement pathologique. Enfin serait-ce un indice de suture, qu’une série de points ou de traits visibles sur le pariétal gauche, et ces pièces auraient-elles été primitivement partagées en pariétal et en interpariétal (1)?
Les occipitaux supérieurs se présentent sous la forme d’un filet arqué, singulièrement renflé sur le centre (2).
(1) Le pariétal de l’anencéphale de la Seine, pl. IV, fig. 5,
ressemble aux deux pièces, pl. I, fig. 16 et 17, parce qu'il est très-certainement composé du pariétal et de l’interpariétal : cetté observation ajoute un degré de plus de probabilité à la réflexion présentée plus haut.
(2) Le renflement de l’occipital supérieur, pl. IV, fig. 7, existe : en arrière chez notre dernier anencéphale, et se compose d’une
grosse tubérosité arrondie au bord externe et coupée carrément
Quant au basilaire(r), il est unique, comprimé et évasé comme à l'ordinaire; sa portion antérieure, ou l’otosphénal, ne se sépare de la portion occipitale, ou du basisphénal, que dans le cas où les rochers prennent un très-grand volume : or cela m'est point ici, ni ne pouvait arriver sous la pression d’un cerveau grand et à peu près normal.
Les sphénoiïides n'étaient point soudés ensemble. L’hyposphénal, pl. V, fig. 8, en formait la partie la plus considérable, et la selle turcique en était plus profonde. (Voyez comparativement, pl. IV, fig. 6, les sphénoïdes réunis de l'anencéphale de la Seine.)
Un seul os, fig. 11, tenait heu des deux ingras- ‘siaux, et, réduit à une lame triangulaire, il paraît comme sil s'était laissé écraser par le poids du cerveau. Au-dessous, de chaque côté, sont deux tubérosités soudées à chaque angle de l’unique wgrassial; elles m'ont paru correspondre aux os bertinaux : lune à droite est développée, l’autre est en rudiment. Au surplus, la partie antérieure de cette pièce était évidée, et recevait à son fond un osselet
en dedans : une apophyse grêle et mince s’étendait de cette pièce sur le pariétal. |
(x) Il n'existe de même dans l’anencéphale de la Seine qu'un, basilaire : non pressé par du cerveau, il était plus ramassé et bien, plus épais que celui décrit ci-dessus. Cependant on peut remar= quer un indice de séparation , signe de l'indépendance primitive,
des osselets, l’otosphénal et le basisphénal. Voyez gl. IV, fig. 8.
( 179 ) peu allongé, l’entosphénal (1), celui-là même qui sert à l'articulation du vomer, et qu'embrassent les lames postérieures de cette longue pièce.
Les grandes ailes et les temporaux sont ramassés etcomme concentrés sur eux-mêmes , ainsi que dans tous les cas d’acéphalies. Je suis parvenu à séparer un hérisséal de sa partie articulaire, ou du ptéréal.
Enfin un autre osselet, fig. 13 et 14 (13 est représenté de grandeur naturelle et 14 grossi), m'a encore présenté quelque intérêt : c'est l’étrier. Seul de la chaîne des os de l'oreille, il offre une curieuse anomalie. Cet os consiste dans une branche unique, assez longue et terminée par un disque ovalaire ; forme qui revient à celle de cet osselet chez les reptiles, fig. 15. Je présume que la sommité de cette pièce est le lenticulaire, qui s’est soudé avec l'étrier.
Il ne faut pas confondre cette modification avec celle résultante de l'absence de la platine opérant la fermeture de la fenêtre ovale. Il est ordinaire que le disque de l’étrier paraisse manquer dans les très-jeunes fœtus : 11 n’y existe alors qu’en cartilage.
. C’est à une autre cause qu'est due la modification
(x) La théorie donnait l’ertosphénal comme un osselet d’abord
isolé, et qui se soude promptement avec les autres matériaux du
sphénoïde antérieur : mais il est tout-à-fait séparé chez l'hypérencéphale et dans l’état où le représente la fig. 12.
de l’étrier chez l’hypérencéphale. La torsion, imprimée à toutes les parties de sa tête, a repoussé en dehors et à distance tous les os de la chaîne; savoir : le tympanal déjà réuni au serrial, le marteau et l’enclume. Ce développement a exigé que le manche de l’étrier füt allongé pour occuper la distance de l’enclume au disque operculaire, et pour prévenir d'interruption la chaine des osselets sur-cette ligne à parcourir.
Je donne aujourd’hui une détermination de l’osselet, fig. 15, différente de celle que je lui ai assignéetant dans mon premier volume, page 5r, que dans la première de mes planches, art. crocodile. Ce n’est pas que j'aie attendu pour cela le nouveau fait fourm par l’étrier de l'hypérencéphale , tout concluant qu'il est. J'avais déjà revu mon travail sur l'oreille, ou plutôt j'ai acquis sur ce sujet un nombre vraiment considérable de faits et d’'aperçus nouveaux, dont je publierai sans doute plusieurs dans ce volume.
Ce que j'ai marqué dans mon ancienne planche, fig. 7,9 etrr, de la lettre o, appartient à des parties plus profondes de l'oreille. La chaine des osselets commence, à partir de la fenêtre ovale, par la: pièce notée e, laquelle me parait correspondre au lenticulaire et à l’étrier soudés et confondus ensemble; et en dehors, appuyces sur la membrane. du tympan, sont, ou en parties osseuses ou en par:
ties cartilagineuses , les pièces analogues à l’enclume: et au marteau.
SIT. Du TroNC; DU DÉPLACEMENT ET DES NOUVELLES RELATIONS DE SES VISCÈRES.
. Nous nous portons sur un autre objet, sans pour
cela passer à un autre ordre de considérations : c'est en effet le même système de monstruosités, sous ce rapport que les viscères thoraciques,.tout comme ceux de la tête, sont hors de leurs propres cavités.
. Sans être communes, de pareilles métastases ont été observées. On en trouve d'authentiquement constatées dans les écrits de Méry (1), et de Sénac (2), dans ceux, plus anciens, de Sténon (3), et dans diverses dissertations de Haller, celle entre autres de Martini, l’un de ses élèves (4). Certains ouvrages modernes en font aussi mention; comme le célèbre discours sur les Monstruosités, de M. le professeur Chaussier ; quelques notices publiées par son collègue, M. Béclard (5), et une observation de sternum bifide, rapportée par M. Serres, dans ses lois de l’ostéogénie.
(1) Académie des Sciences, année 1716, — (2) Zdem, année 1724. — (3) Actes de Copenhague, 1671, 1672, obs. 110. — (4) Halleri Diss. anat., tom. 2, p. 980. — (5) Bulletins de la Faculté de Médecine de Paris, années 1813 et 1815. |
Cependant, on n’aurait encore recueilli ces faits, ou qu'afin de présenter l’organisation comme pas-. sible de désordres variables à l'infini, ou bien, signalés avec la qualification de hernie congéniale, que pour les considérer comme ramenés à une mesure commune, et comme compris par conséquent dañs une sorte d'explication.
Nous exposerons plus bas ce que nous pensons de cette manière de voir : il nous suffit, pour le‘ moment, de considérer ces faits sous un tout autre point de vue; sous celui de la question que présente un aussi grand déplacement des viscères.
À juger en effet sur un premier apérçu de la confusion dé ces organes, on en pourrait croire le désordre inextricable. Mais, comme nous l’avons remarqué -plus haut, ce n’est point ce que nos règles nous portent à en penser. Nous devons croire à une confusion plus apparente que réelle : car que les viscères de l'abdomen et de la poitrine cessent d’être employés, comme dans létat normal, à remplir les grandes cavités du tronc, pour devenir au contraire partie de leur dehors, cé que montre Mhypérencsphs bién qu’il n’ÿ ait rien à opposer à cette observation, notre confiance sera toute pour la prévision donnée par nos règles; et nous ne craindrons pas de prononcer qu'il y a là métastase des parties, et néanmoins maintien de
(183) leurs relations respectives, manifestement et tout à la fois déplacement des organes, et fidélité au principe dès connéxions.
On conçoit cé qu inspirent d'intéréé les monstruosités les plus désordonnées , st les recherches dont élles sont l'objet donnent pour résultat l’imfnutabilité des nouvelles règles, et l'on ne s’étonnera point par conséquent du prix que nous. attachons à envisager, principalement sous ce rapport, lés faits Suivans.
De l’ouvertire du tronc.
Afin de nous appuyer sur quelque chose d’existant à l'état normal, noûs allons d'abord considérer le pourtour dés partiés atteintés d'anomalies. Lé derme environnant ne présente rien d’ extraordinaire : ilne $e réssent d’aücuné influence pathologique, puisque chaque couche subjacente se trouve constituée par les mêmes organes qu’habituellement, c’est-à-dire par les mêmes muscles et les mêmes parties osseuses. Seulement ce qui d’un côté ét de l’autre se füt rapproché et se füt uni, en devant, sur la ligne médiane, est resté écarté, et paraît comme rejeté sur les flancs.
L'idée en conséquence que donne la nouvelle monstruosité sous ce rapport est celle d’une partie éntièré, mäis entr'ouvérté dans toute sa lon-
( 184 ) gueur. On dirait un cylindre ou un manchon fendu | d’une de ses entrées à l’autre. À cela près de cette » ouverture large et béante, 1l ne manque rien au tronc : c'est le même coffre que dans les fœtus normaux, le même exactement, mais dont la fente dans laquelle s’insère la veine ombilicale se serait propagée de haut en bas, supérieurement jusqu'à la naissance des. clavicules, et inférieurement jusqu’à la symphyse des os antérieurs du bassin.
Cette large ouverture est fermée par la masse qu'y a observée M. Duchateau, et que nous avons dite composée du cœur, du foie et des intestins. A ce spec!acle-inattendu , on se demande si c’est que les. systèmes splanchniques auraient été refoulés du dedans en dehors. Mais, avant que nous songions. à résoudre cette difficulté, nous. aurons à dire ce qu’une dissection attentive de ces-viscères nous porte à penser de teurs relations...
Des masses viscérales externes.
Le cœur, premièrement. Le cœur est dans une situation qui exige, pour que nous.en puissions juger sainement, que nous ayons égard aux principaux troncs qui se rendent de cet organe dans les poumons. Ce sont comme autant de liens qui servent à l’enchainement de tous les. viscères pectoraux. Les. poumons n’ont point changé w
de place ; ils continuent à rester abrités par les, côtes : seul des organes contenus dans la poitrine, le cœur occupe une position extérieure. Mais toutefois dans ce déplacement , occasioné par une cause que nous apprécierons dans notre troisième paragraphe , le cœur reste engagé avec les. poumons, comme il convient à ses relations , aux connexions en général, qu'il le soit. Il leur tient par de véritables racines, qui sont ses artères et ses veines pulmonaires. Fixé par ces liens dans le point où ceux-ci existent , il. n’abandonne , au tirage exercé du dehors, que les autres points, que les parties libres de sa surface ; de là, la position transversale qu'il occupe. Son extrémité libre est dirigée à gauche, et son oreillette à droite. (Voyez notre planche hypérencéphale, où la fig. 1 montre ces parties; savoir : le cœur en c et l'oreillette en o.} Le cœur n’a donc rien perdu de ses moyens ordinaires de suspension : il occupe, comme toujours, l'intervalle que les poumons laissent entre eux : du moins , il y enfonce sa base. Par d’autres racines, j'entends par les carotides primitives et l'aorte descendante , il, plonge plus profondément dans le tronc. Ainsi, sans que les relations.et les fonctions réciproques du cœur et des poumons aient changé, une partie de ces viscères reste logée en dedans de la cavité pectorale, et l’autre arrive en dehors et se tient sur les bords de la cavité, alors entr'ou-
( 186 ) : verte, et comme pour en former le couverclé.
Dans la coupe de la masse viscérale, nous sommes parvenus à représenter lés deux moitiés du cœur. (Voyez fig. 3, c' et c”.) La cavité désignéé par la lettre z correspond au ventricule aortique : c'est tout le cœur où à peu près. Cépendäñit, bien que lé ventricule droit ait été sacrifié pour satisfairé à ün plus riche développément du véntricule gauche, il reste toutefois quelques véstiges du premier, mais non de sä propre oreillette. Lé véntriculé rudiméntairé $e voit même figure c”, lettre $. L’unique oreillette égale présque, en capacité, lé ventriculé de la grande circulation : et Comme aû Moyen de ce que le cœur est, potür sa plus grande partie, libre en dehors, rien n’én contrarié le développement, comme lorsqu'il est renférmé dans le médiastin et bridé par le péricardé : sa forme, devenue celle d'un ellÿpsoïide, fait qué l'extrémité, dite la pointe, est arrondie.
La seconde portion, f, au - dessous du cœur, fig. 1 et 3, se compose du foie; le cordon ombilical y aboutit, et s’épanouit sur un dés points dé sa surface. Le sujet de la fig. 3 èn donne la coupe: On aperçoit en celle-ci la section d’une partie À de la veine-pôrte, celle » de la vésiculé du fiel, et celle g du canal cholédoque , lequél chéminé comme à l'ordinaire, et se rend de là vésiculé au. duodénum ; celui - ci étant visible en 4. Un effet”
général est manifeste : c'est que toute cette massé hépatique semble concentrée sur elle - même : le tissu en est beaucoup plus serré, davantage surtout vers la circonférence , où il forme écorce. Tout porte en effet l'empreinte d’une force qui aurait pesé du dehors, ou d’une coiffe qui, serrée contre son contenu, aurait opposé avéc succes la résistance de ses parois à la distension de l’objet renfermé.
Latroisième portion, e, est formée par l'estomac, et plus profondément par la rate. (Voyez fig. 3, la coupe de l'estomac, lettres e e, et l'espace compris par la rate 7.) J’ai suivi sans difficulté, au moyen d’un stylet, toutes les issues qui vont et viennent de l’estomac : j'ai remonté de celui-ci en traversant l’oœsophage jusqu’à la bouche ; tout comme j'ai par: couru les intestins à leur sortie de l’estomac. La rate, engagée dans un repli de ce dernier; était facilement reconnaissable à son tissu maillé et spongieux. | -
Le pancréas; &; est profondément engagé dans la masse des viscères : ordinairement couché sur lé devant de la colonne vertébrale, il avait en celle-ci un point d'appui qui rendait son déplacement tres-difficile. C’est dans ce même lieu, au-dessous de l'estomac, au-dessus de la portion transversale du duodénum et des principaux troncs sanguins; plus'appuyé sur la droite, et enveloppé comme
( 188 } habituellement, que nous l'avons apercu. Notre section, passant par le milieu de la masse viscérale, l'a épargné et l’a laissé en totalité dans la portion de droite. Nous en donnons le trait, fig. 4. Sa forme est celle d'un bonnet contourné; sa base s'appuie sur l'estomac; enfin son volume est considérable, et sa masse dense et d’un tissu comme charnu.
La quatrième et dernière portion, ti, t, consiste dans les intestins, dont toutes les parties agglomérées constituent un groupe très-concentré. Les conduits intérieurs , eu égard à leur capacité, ne se sont en rien ressentis de cette circonstance, chaque intestin étant également distendu, et ver: sant, comme à l'ordinaire, dans le suivant, et tous étant plus ou moins remplis par du méconium.
Cette masse ayant été tranchée à son milieu, a montré tous les trous £, #, figurés aux n° 3 et 4. Enfin la dernière portion intestinale, le rectum, était détachée de cette masse, et se rendait droit à l'anus, passant au-devant et tout le long des vertébres lombaires: Nous avons commencé par en suivre le trajet du dehors, en y insinuant un stylet par lanus.
Notre moitié des viscères, fig. 3, se trouve augmentée de deux autres organes que ne montre | point la masse entière, fig. r. Tels sont les appareils respiratoire et urinaire : la cavité qui contient
ces viscères, se trouvant par le fait presque tout entière affectée à ce service, en a d’autant plus de capacité. Pour que l'étendue de cet espace fût exprimée dans notre planche, nous en avons donné la limite, vers le fond ou en arrière, par deux lignes ponctuées parallèles, lesquelles figurent la place et la largeur de la colonne épinière.
Des viscères renfermés.
Les poumons (1) ne se ressemblaient pas quant à la forme. Le droit est triangulaire, très-aplati, un peu renflé cependant à l'entrée des conduits aériens, et composé de deux lobes, dont le petit est intégralement représenté dans notre fig. n° 3. Le poumon gauche, offrant une grande et une petite scissure, est ramassé, conique au sommet, coupé en biseau à l'extrémité, et terminé par une longue portion qui forme la voüte, et qui s'étend en arrière pour recouvrir le rein, lequel suit immédiatement le poumon.
(1) Pour étudier utilement notre planche en ce qui concerne les poumons, il ne faut pas perdre de vue que la figure n° 3 représente le poumon et le rein de la droite, bien que tout le reste du dessin soit consacré à des parties situées à gauche.
Le n° 5 donne, vu par le dos, l’ensemble des appareils respiratoire et urinaire : toute la grande partie est le côté droit, et la
petite partie les appareils de gauche.
Le diaphragme. Dans la situation des choses, il devenait important de. porter son attention sur le diaphragme, supposé qu'il en püt exister un avec tant de désordres. Le diaphragme ne manque non plus qu'aucun autre viscère. On l’aperçoit, étant divisé comme le sternum, descendant de celui-ci, s'étendant au-dessous des poumons et servant de coiffe à l'appareil urinaire. Ainsi, toujours à la même place, toujours interposé pour diviser le tronc en ses deux moitiés, la cavité de la poitrine et celle de Pabdomen, il sert de cloison aux organes formés et nourris par les premières subdivisions des rameaux artériels. En devant, il ne s'étend que sur les capsules surrénales; mais en arrière 1l recouvre le rein lui-même : la ligne ab, fig. 5, en est la racine : le reste du diaphragme a été supprimé pour laisser voir les pièces que je vais décrire.
Les reins jouissent de plus d’aisance dans une cavité privée de ses appartenances ordinaires : ausst ÿ sont-ils parvenus à un développement très-considérable. Chacun surpasse le cœur en volume. Pour rester persuadé que jeneme méprenais point à leur égard, J'en ai attentivement examiné le tissu; j'en ai vu le bassinet s'ouvrir dans les uretères, et j'ai suivi Le trajet de celles-ci jusque dans la vessie, Je ne pouvais me dispenser d'élever ce doute sur leur détermination, en voyant ces viscères recouverts ,
par le diaphragme en totalité par derrière, et dans un tiers de leur longueur en avant, se confondre par des adhérences réciproques avec le diaphragme, et fournir, par les reliefs de leur sommet, le motif des concavités de la tranche des poumons. Nos figures 3 et 5 rendent visibles l'arrivée au contact des poumons pp et des reins #22 : elles montrent comment ces organes sont respectivem ent l’un pour l’autre, cause et effet des formes qu'ils affectent à leurs points de jonction.
Les capsules surrénales. Les reins sont, chez les jeunes sujets, surmontés par les capsules surrénales. J'ai pu croire un moment, surtout après y avoir regardé, que ces organes manquaient dans lhypérencéphale. Mais cette hésitation momentanée n’a pas tardé à céder son influence à l’indication de nos règles. Il n'était resté, dans la cavité abdominale chez notre monstre, d’autres viscères que ceux des systèmes urinaire et sexuel; et nous venons de voir que les reins avaient profité de cet excès d'emplacement pour s’accroitre extraordinairement, Il n’était donc pas présumable qu'un organe donné pour un rein succenturial, qui est peut-être le rein actif du fœtus, et qui est tout du moins dans une intime liaison avec les reins proprement dits, eût été supprimé - et dans l'instant qui suivit cette réflexion, l'observation du fait porta sous les yeux la réalité de ces rapports aperçus par
l'esprit. Les capsules surrénales étaient sous un voile : le diaphragme qui les enveloppait étant enlevé, elles ont paru dans l’état où les montrent les lettres #77 des figures 3 et 5. Il est visible qu’elles sont très-bien à leur place, et que c’est leur relief qui est embrassé par les tranches concaves qui terminent inférieurement les poumons. |
Des reins et des poumons, sous le rapport de leurs formes et de leurs connexions insolites.
La figure 5, qui expose toutes ces circonstances, nous en fait connaitre d’autres d’un plus haut intérêt peut-être : c’est la dissemblance des parties congéneres et les relations de forme au contraire que des organes essentiellement différens ont entre eux. Le poumon droit est plat, très-large, et terminé en dehors par un contour circulaire. Le rein droit F reproduit cette même forme, mais renversée, au point de ne paraître qu'un deuxième lobe à la . suite du premier ‘ ensemble ces deux viscères apparaissent, en s’ajustant exactement, comme les deux moitiés d’un même ellypsoïde. Celui-ci est très-aplati : l'ellypsoïde de gauche est au côntraire renflé et tout-à-fait ovoide : plus ramassé, il est près de moitié plus court. Ainsi, à gauche comme à droite, les reins ont une forme correspondante à celle des poumons, et vice versä. Or!
ses accords existent, nonobstant l’interposition du diaphragme, qui donne aux espaces occupés séparément le caractère de cavités indépendantes. Je ne puis trop insister sur ces faits, principalement sur la différence des organes congénères. En voyant à droite un poumon autrement établi qu’à gauche, et à l’un des côtés aussi un rein autrement posé et conformé qu’à l’autre, je ne puis admettre que la forme de ces organes leur soit imprimée par une susceptibilité particulière tenant au mode de trans: mission ou à la nature des fluides circulatoires.
Quand on n’a encore observé certains organes que sous une forme déterminée et regardée jusqu’alors comme invariable, ce qui à lieu pour toute espèce à l’état normal, on peut à la rigueur admettre à son sujet le z2isus formativus de Blumen: bach, et croire qu’on explique quelque chose en recourant à cette sorte de loi vitale. Mais il devient nécessaire sans doute de prendre une autre idée des faits que nous discutons : car remarquez qu'il est question ici d'organes qui sont doubles, et que nous avons constaté que non-seulement ils affectent une forme autre que celle de l'état normal, mais que de plus ils différent entre eux de congénère à Congénère ; qu'ils cessent par conséquent d'être symétriques.
Cette dissemblance, di t-on, s'explique par les causes d’où procède là monstruosité. Mais si cette
Il. 13
proposition est incontestable, elle est donnée d’une manière trop générale pour satisfaire ‘complétement. Ilme semble que ce défaut de symétrie pourraitse rapporter à unecause plus prochaine; et, par exemple, à la différence des contenans, des cavités elles-mêmes. Et, dans Le vrai, si cette explication est adoptée, tout se déroule de soi-même, simplement, naturellement. Le sang se distribue soit dans les poumons, soit dans les reins, et ses rameaux s’étendent jusqu'aux limites qu'imposent à leur prolongation indéfinie les parois d’une cavité préexistante.
Chaque contenant est un moule, et le sang répandu dans les.reims et dans les poumons devient le fluide coulé dans le vase prototype. Ainsi s’explique la parfaite harmonie des contenans et des contenus ; ainsi nous aurions avec certitude la raison de ces concavités si bien ajustées sur les bosselures, et en général sur le relief des organes que ces concavités renferment. | Lo
Ceci s'applique également aux formes que le rein et le poumon, l’un à l'égard de l’autre, affectent à leur point de jonction. Le caractère splanchnique de l’hypérencéphale, tenant au déplacement et à | l'entrainement en dehors de tout l’appareïl diges=,
tif, il en est résulté un certain vide dans la cavité
abdominale, et la possibilité pour le rein d’un ac-! croissement proportionnel. Dès lors les poumons |
et les reins n'étant plus exposés au refoulement |
des organes intermédiaires, ont crû indéfiniment dans leurs cavités respectives : libres d’entraves, ils ont marché à la rencontre les uns des autres; et, en se heurtant à leurs points de jonction, ils sont venus se confondre et se mouler, les corps les plus résistans ou les reins servant de base, et les plus celluleux ou les poumons cédant et se répandant tout autour.
Ces actions et ces réactions des contenans et des contenus, ef vice versé, sont admises en physiologie. Mais nous prouverons que le coffre, et non ses viscères, aura eu dans cette circonstance la principale part d'influence, s'il nous arrive de démontrer qu'il est une cause, indépendamment de celle du nisus formativus, suivant ie sens que le célébre Blumenbach attache à cette expression; qu'il est, dis-je, une cause étrangère aux communes cond tions des développemens organiques, au moyen de laquelle le tronc se trouve divisé longitudinalement en deux cavités inégales.
Nous présenterons cette argumentation dans notre troisième paragraphe, et nous nous :bornons ici à donner comme certain, comme un fait d'observation oculaire, que ces deux cavités sont de capacités très-différentes. Les côtes ont à gauche | plus d'étendue, et y forment une courbure plus régulière et plus fermée, et elles sont en même temps plus élevées de ce côté; au contraire, plus
ne RM 2 | descendues ét plus comprimantes à droite. C’est au surplus le même fait, avéc bien plus d’exagération chez l'hypérencéphale , le même fait que celui des difformités de poitrine chez les personnes affectées de rachitisme. Seulement les deux cavités, à droite età gauche, sont mieux séparées par un diaphragme longitudinal, lequel se compose d’une part par le chapelet vertébral formant saillie sur le devant, et de l'autre par les viscères de la circulation et de la nutrition, à raison d’adhérences de ceux-ci avec le corps des vertèbres.
Je ne terminerai pas cet article sans observer que si la correspondance, s'étendant jusqu’au contact, des poumons et des reins, avait fait naître dans l'esprit du lecteur quelques idées défavorables à la la doctrine du principe des connexions, je puis rassurer à cet égard, et faire voir qu'il n’y a vraiment aucune inquiétude à prendre de ces nouvelles conditions. Les relations des organes existent fondamentalement avec les vaisseaux qui les créent et qui les vivifient. Or cet ordre de rapports n’est en rien interverti par le fait de monstruosités » objet de ces recherches. Les reins de mon hypérencéphale ont été formés, comme ceux de tous les êtres réguliers, avec des matériaux de leurs propres artères, embranchemens inférieurs de l'aorte descendante, et de même ceux des poumons, avec des provenances des rameaux supérieurs. |
(297 ) Ayant abordé cette question, je n'ai donc point cherché à éluder les plus sérieuses difficultés de mon sujet. Mais comme c’en est réellement la partie critique, je recourrai à une comparaison qui puisse donner ma pensée, comme je l'ai conçue.
Soit, par exemple, vingt-quatre perles sur une seule série, et disposées comme lorsqu'elles sont enfilées pour former un collier : je leur donne les relations et les noms des lettres de Palphabet. Il suit de cet énoncé que la perle B, je suppose, est dans une connexion nécessaire avec À et C; le fil qui réunit ces perles est l’ordonnée de leurs rapports. Quoi que je fasse, que je rassemble cette chaine en un monceau , que je l’établisse sinueuse ou que Je. la ramène à la ligne droite, je ne parviendrai jamais à priver la perle B.de ses connexions avec À et C, avec la perle qui la précède et celle qui la suit ; le fil. qui les enchaîne rendant leur contiguité incommutable. Ce fait cependant n'exclut pas un arrangement qui procurerait à des perles, placées à distance, une rencontre au contact et des relations accidentelles. Ainsi, que, plaçant la chaine sur un plan horizontal , je lui fasse décrire une courbe en rapprochant la deuxième perle de la douzième, c’est-à-dire B de L, je n’aurai apporté aucun changement dans les essentielles relations de B : car je n'aurai pu faire que B ne soit précédé de À, et qu'il .ne soit suivi de C. Toutefois B, par une de ses,faces
| ( 198 ) | | libres et à raison du coude imposé à la chaîne , peut bien en outre trouver às’appuyersur L; mais jamais de maniere que, s’il acquiert une nouvelle relation, ce puisse être à l'exclusion de ses CONURIQRE Ni mordiales d'existence: mn Deer 2 | Cependant qu'il y ait un zisus formativus, une tendance à formation, qui placé nécessairement notre chaine sur une seule et même ligne, nous dirons de cet état de choses, que c'en est la condition normale. Mais qu'au contraire cêtte tendance à produire une ligne droite vienne à tre contrariée par un éffortsuscitée du dehors et j'entends par-là que la perle G soit tirée mdéfiniment , la chaine tombera dans un cas d’anomialie, dans cette sorte d'état irrégulier, qui, dans ses applications à l’organisation, prend Île nom de monstruosité: car lé résultat de ce dernier effort sera dé l’établir sur deux lignes conjointes. G, placé seul en tête, sera suivi de Fet de accouplés ; ces lettres, deE ét dé Tviendront ‘après DJ, CK; ; puis enfin B et L. T7 page présentement comme en géométrie, et remplacons ces signés abstraits par des quantités réelles. B, dans notre exposition des viscéres de Phypérencéphale, représente le poumon, Lle reitr, et les autres lettres imtermédiares C, D, E, etc. , le cœur, le foie, et toutes les autres dépendances de ‘notre masse viscérale ago glomérée en dehors. Si dans Vhypérencéphalé nous voyons le poumon et le rein
199 ) se confondre dans le même ellipsoïde, c’est pour les causes qui portent au contact, dans l’exemple ci-dessus, les perles B etL : 1l est pour cet effet une ordonnée toute puissante ; dans un cas, le fil, base essentielle de notre chaîne, et dans lautre, les rameaux sanguins, producteurs des organes.
Ainsi nous aurons, par l'exposé ci-dessus, rendu sensible, même pour les yeux, les principes, les -développemens et toutes les conséquences de notre loi des connexions. Nous eussions désiré le faire avec plus de concision et tout autant de clarté ; mais nous avouerons que nos efforts pour y. réussir. ont été inutiles.
Il nous reste à traiter des organes et: sd sternum.
Les organes sexuels offraient peu de variation’: Je testicule droit était descendu à l'anneau inguinal, le gland de la verge présentait une légère irrégularité; mais en général ces faits sont sans importance pour le but que je me suis proposé, en: publiant cette description. Il n’en est pas de même des considérations que fournit le sternum.
Le sternum de l’'hypérencéphate n'était pas seulement bifide, mais de plus séparé en deux appareils tres-écartés, en. deux demi-sternums. Voyez lun d'eux, celui de gauche, pl. V, fig. 6. Nous l'avons fait représenter en son entier, la section que nous avons fâite pour le détacher des parties laté-
rales ayant passé sur le point où les côtes veris-
brales s'unissentaux côtes sternales (1). Le sternum |
n'est au fond composé que d’un périoste. assez épais, dont tout le bord longitudinal ,. par lequel
il est intérieurement limité, est encore renforcé
par les aponévroses des muscles pectoraux qui y ont une grande adhérence. Cependant ce bourrelet longitudinal fournit sur son flanc externe autant de branches qu'il y a de côtes vertébrales; et cha-
-eune de ses branches, uniquement formée par le
-périoste, contient, entre ce qui en compose les dames, un osselet cartilagineux. Ce noyau est:l le radical des os propres du sternum, ou celui.des côtes sternales ? Je reconnais qu’on peut.se diviser sur ce point, bien que j'incline pour le premier de .ces systèmes, sur le fondement que les os sternaux appartiennent à une époque qui précède de beau- -coup celle où apparaissent les côtes sternales.
On. n’est point dans le cas de cette hésitation,
l'égard de ce qui constitue les conditions: essentelles, de l'appareil sternal : son partage tient évidemment à la situation du cœur poussé hors du thorax et entre les deux demi-sternums. Le cœur,
(x) J'éntends par côtes sternales les branches provenant de -chaque os sternal, et par côtes vertébrales les os longs et transversaux venant des vertèbres. Voyez, sur la nécessité de ce changement de nomenclature, mon article Sternum , tome 1, p. 132.
par ce seul fait, a contraint ces appareils à grandir sans passer par aucune série de développemens, et j'entends par cette expression, à croître sous les mêmes conditions et avec les formes des premières époques fœtales. Ainsi le fait de monstruosité que présente le sternum de l’hypérencéphale est purement accidentel. La cause en est prochaine; car faites que le cœur rentre dans sa cavité sternale et les deux moitiés du sternum, perdant leur caractère d'individualité et renonçant à leur position latérale, iront se confondre et constituer un appareil unique pour la ligne médiane.
… Telle est l’une des plus heureuses explications de l'ouvrage couronné par l'académie, ayant pour titre: Lois de l Ostéogénie. Il n’y a en effet de subdivision possible du sternum , que si le cœur en est l’occasion, en traversant le sternum et en demeurant dehors et suspendu sur la poitrine, comme sont les croix de Jeannette au cou des paysannes. C’est un fait de cet ordre que M. Serres eut à observer dans une de nos maisons du Jardin du Roi, alors propriété particulière, rue de Seine, et qui devint J'idée-mère et la preuve la plus péremptoire de: sa loi de symétrie. Bien d’autres, avant cet habile anatomiste, avait constaté ce même fait : Sénac, en 1724; Sandifort, soixante ans plus tard; Heister, que cite ce dernier ; et Sténon , même avant Sénac. Mais tous n’avaient fait cas de leurs observations,
{ 202 ) que pour les signaler à titre de singularités : enfouies dans des collections académiques, ces observations n’arrivérent à nous que comme des matériaux qui demandaient emploi. La valeur scienti-
fique qu’elles viennent de recevoir par les soins |
de M. Serres m'a engagé à insister autant sur le
retour du même fait, sur les deux demi-stérnums |
de l’hypérencéphale.
Les demi-sternums ayant grandi sans participer
aux diverses modifications que la succession des .
âges apporte dans leur structure, les côtes en ont acquis plus de volume et de solidité. fci revient une nouvelle application de notre principe du balancement des organes : car les molécules qui eussent été nourrir le sternum, ont profité aux côtes devenues plus fortes et comme éburnées.
Enfin la clavicule 1, fig. 6, dont l’ostéologie des poissons révele plus expressément les intimes rap-
ports avec les côtes (correspandances que les phi- . losophes allemands, le célèbre naturaliste Oken
entre autres et le premier, expriment par le mot de signifi cation), est dans l’état normal chez l'hy- ‘pérencéphale; mais avec le même excès de volume
et de solidité, qui sont les circonstances que nous.
‘avons remarquées, comme formant le caractère e particulier de ce nouveau genre de monstre humain. J'ai parcouru tout le cercle des difformités du su-
jet décrit dans ce Mémoire. Tel est ensemble d’ex-
( 203 ) ceptions ou d'anomalies qui constitue le caractère de monstruosité dont je forme le genre kypérencéphale ; d’'ért (au delà), et de ÉrxEQaNI (cerveau) : cerveau au dela de sa boite.
Recherchons présentement où se trouve la force mécanique qui, entrant en lutte avec le zisus formativus, donne les causes essentielles ét radicales de ce genre de monstruosité.
S HI. DE L'ADHÉRENCE DU PLACENTA AVEC LES VIS- - CÈRES DÉPLACÉS, ET DE CE FAIT CONSIDÉRÉ COMME L'ORDONNÉE DE CES ANOMALIES. | Les organes du’ fœtus, avant d’appartenir à un système agissant par de propres ressorts, ne sont puére que des résultats pour un système préexistant. A l’occasion d’un point d'irritation dans la matggce, ils y arrivent déposés par les artères utérines. Ils s’ÿ inontrent comme un polype, comme nine Superfétation, avant dé s'y produire avec Îles moyens d’une existence indépendante, Tels sont les organes de l'œuf dans les ÉRFRETES temps de la estation, de Pincubation. Ma Il y aurait donc à distinguer deux états assez hfférens dans une construction organique : lun passif, quand elle recoit; et l’autre actif, quand elle lemande et qu’elle acquiert. Cela posé, une consruction organique de première époque peut se
LS
Cat) passer des rapports intimes et de la réciprocité d'actions de ses élémens : il suffit que ceux-ci | puissent se greffer les uns sur les autres. | Que ce soit le principe de ses développemens, M cette construction ne s'achève pas moins : mais, | PACS de la participation de toutes ses parties, elle ie n'a d'existence qu ‘autant que les afflux du sang qui ÿ l'ont créée la vivifient. En effet, des êtres composés re
d organes qui ne sont pas Me les uns aux "
autres, composés d'organes sans concours réci- | ô proques, finissent nécessairement quand cessent M pour eux les distributions de la gangue capsulaire, | qui est tout leur monde extérieur : 1ls ne sauraient M naître viables; ce sont des monstres.
Cependant il ne faudrait pas conclure, de ce que M les organes, à leur première apparition, ne sont M point encore engagés dans des services réciproques, 1e que cet état de choses puisse se prolonger indéfi- M ment, et qu'il devienne l’état pratique et batuel y de l’organisation. Il s’en faut au contraire que des M associations insolites d'organes se reproduisent fré- | quemment. Les monstruosités sont rares, et ne M peuvent être qu “extrêmement rares. 10 |
Et en effet, si l’on réfléchit aux moyens qui pré: | parent et qui opèrent la génération des animaux. 3 | il doit paraitre évident que le nisus formativus préside à toute construction organique avec un, Carac- | tère d'omnipotence. On est si bien convaincu de |
| (4071) cela, qu'on ne s’est presque point occupé de ce qui pouvait porter le trouble dans ces compositions, | bien que l’existence d’un monstre soit la preuve que des perturbations peuvent intervenir, et qu'elles dérangent en effet le cours d’une élabora- | pon organique.
| Cependant des altérations dans la nature dE mique du sang seraient-elles la source de ces per-
| turbations? Cette question semble répondue par les diversités d'organisation, que font connaître le | nombre et la variété infinie des animaux. En effet, | les qualités physiques et chimiques du sang dé- | pendent, comme on le sait, en grandé partie de sa | force d’im pulsion, dé sa puissance d’oxigénation, et | de sa capacité pour le calorique. Étant plus forte-
| ment lancé, et ayant, par une plus grande raréfac- | ton, acquis plus de fluidité, son tronc principal se Des à des points plus distans, et ses rameaux
gagnent en étendue : avec moins d’affinité au con- | traire pour le calorique, et, devenu plus épais, sés
| routes sont plus raccourcies, et ses derniers vais- Li seaux moins éloignés de leur mère-branche. Les oiseaux et les poissons sont un exemple de ces | conditions extrêmes. Les élémens organiques se | dispersent au loin dans les premiers, quand ils |rayonnent dans les seconds à très-courte distance | du centre : proposition que n'infirme pas la con- | formation allongée des poissons, si, ce que je crois
( 206 ) vrai, mais ce qu'il n’est pas de mon sujet d'exposer | ici, la composition de leur queue appartient à u | autre ordre de faits et d’événemens. 1
Ces considérations, histoire sommaire des diver- | | sités organiques, établissent, ce me semble , que ce n’est pas dans des différences de qualités chi- À miques du sang que résident les causes des mons- | , truosités (1). Je les ai aperçues au contraire dans #
(1) Ce n’est pas que je prétende conclure de ceci qu’une alté- M ration dans la composition chimique du sang ne puisse aussi L donner lieu à quelques monstruosités : mais s’il en existe dé L produites par cette cause, elles ont été à peu près méconnues ; | Î et, dans tous les cas, elles appartiennent à un système d’orga= | nisation différent de celui des monstres, tels qu’on les conserve! | ! dans les cabineïs et que nous les fait connaître la littérature mé= M dicale. Un monstre, comme on l’entend généralement, estun être | normal quant au plus grand nombre de ses organes, irrégulier 1 seulement dans quelques-uns. Or ce n’est pas ce que pourrait | donner un sang vicié : la circulation du sang, si active dans M, toutes ses routes, lui procurant partout un caractère d’homogé= néité, donnera lieu à de mêmes effets à chaque extrémité artérielle, | c’est-à-dire que la monstruosité sera totale et non plus partielle.w
Sans doute qu'il en peut étre d’occasionée par un sang vicié: 1 mais le trouble étant universel dès l’origine des choses, comment, | avec une telle donnée, arriver jusqu’à la construction d’un fœtus! ? Tout au plus la membrane vasculaire chez les ovipares, et les | rudimens du placenta chez les mammifères, ou la membrane du | chorion, seraient susceptibles de ces affections. Et en effet com= |
ment, dans une confusion aussi universelle, ces membranes de: |
vicndraient-elles capables de cette unité d'opérations et de cette | | v.|
/ ‘ (ans
une force mécanique étrangère à l’état moléculaire
de ce fluide, dans une action opérant sur les vais-
seaux-eux-Mmémes pour les déplacer, de manière à
ce. qu'ils fussent plus rapprochés de la circonfé-
rence, ou plus refoulés sur le centre.
concentration des moyens nécessaires à la formation d’un cordon ombilical? Ce qui reste praticable, c'est qu’elles croissent indéfmiment et sans changer leur première forme, parce qu’il n’existe point pour elles de réactions de la part du fœtus, qui les puissent | placer, par une suite de transformations, dans les conditions d’un placenta normal.
Mais nous connaissons des congestions sanguines , des végétations animales sous la forme d’hydatides, des masses charnues, qui peuvent donner l’idée de ces avant-placentas, quise seraient seuls et monstrueusement développés : telles sont les productions insolites décrites sous le nom de r#20oles. Vater, Lévret, et plusieurs | autres physiologistes à leur imitation, ont à peu près donné cette origine aux moles : à peu près, puis-je dire; dès qu’en attribuant la production des moles à un développement extraordinaire des placentas, ils n’ont concu leur explication qu’en faisant dépendre ces transformations de l'apparition, comme préalable nécessaire, et subséquemment, de la destruction du fœtus.
Ceci me conduit à ajouter qu’on a donné le nom de noles à | beaucoup d'organisations très-compliquées, qui diffèrent sous | plusieurs rapports, entre autres par la présence ou l'absence d’un | fœtus rudimentaire. Il y aurait sans doute une histoire naturelle | à donner de ces organisations très-différentes, en les distinguant | aussi par genres et par espèces.
Jen’aiau surplus entendu appliquer les réflexions qui précè-
| dent qu'aux moles restées étrangères à toute formation de fœtus.
( 208 } ; Dans ce que Je dois encore décrire se trouvent et
le complément des deux paragraphes précédens et la justification de l’esprit dans lequel ils sont rédigés.
De quelques brides étendues du fœtus au placenta.
Je vais montrer qu'en effet je ne me suis pas laissé abuser par une vaine préoccupation(r), en indiquant ces causes d'action étrangère, et j'entends ; en produisant des lames aponévrotiques inconnues dans l’organisation normale, des brides enfin, vrais tirans, retenant des parties, étant ordinairement au centre et les fixant à la circonférence.
La plus remarquable de ces brides est répandue de la tête au placenta. Elle occupe à gauche une | étendue considérable, y paraïssant, léttre 72, fig. r, | comme une prolongation du derme : elle y occupait un plus grand espace, avant que, pour faciliter la | vue d’une portion (7) du cerveau situé sous cette | lame, j'en eusse coupé et enlevé une partie, La tés W |