‹ Philosophie anatomique. Des monstruosités humaines. Ouvrage contenant une classification des monstres; la description et la comparaison des principaux genresChapitre 34 sur 62 · NT T · texte numérisé non relu

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turbations, dont on s'était borné j jusqu’ ici à voir dl à décrire les résultats. À

Qu'’attendre en effet des procédés Me suivis: de l'observation, du mode usité de publication des diverses monstruosités ? On se bornait à des détails purement topographiques, Les descriptions faisaient d'abord et tout naturellement connaître les organes qui n’étoient pas trop ou qui n'étaient nullement détournés de leur forme originelle, ceux par conséqnent qui étaient reconnaissables à la première vue; mais venait-on à rencontrer diverses parties d’une conformation équivoque; le premier et même le seul sentiment qu'elles faisaient naître, c'était de ne produire aucune surprise. D'une monstruosité devait - on attendre autre chose ? Et sans s'arrêter à cette circonstance, par conséquent sans y attacher d’importance, sans y voir le sujet d’une question, on. se bornait à rechercher à quoi du monde matériel on pouvait comparer et rapporter les nouvelles: formes : on achevait ainsi sa description, en ramenant à quelque chose de connu cesac, par exemple, cette plaque, cette protubérance ou ces digitations : ce qui paraissait informe était par cela même jugé indéterminable. Enfin, ces procédés donnaient lieu à bien d’autres inconvéniens sur lesquels on n’était pas mieux éclairé. Car, s'il ne survient jamais de

changemens ; tels que les monstruosités en introduisent dans l’organisation, que ces changemens n’occasionent l'extrême réduction de plusieurs organes, on s’en autorisait pour Les méconnaitre, pour les passer sous silence, et, le plus ordinairément, sur un premier mouvement et sans réflexion, pour se persuader qu'ils manquäient entierement.

Cette routine est à abandonner aujourd’hui. Nous pouvons désormais étudier et décrire l’organisation des monstres sous d’autres rapports, puisque nos premiers écrits l'ont montrée susceptible, dans ses écarts, des mêmes applications et des mêmes règles que dans ses modifications constitütionnelles pour tous les animaux vertébrés. Une monstruosité cesse ainsi d’être un fait individuel, qui se borne à parler aux yeux par ce qu'il offre d'observable : nos règles nous la donnent & priori tout au contraire existante avec des conditions nécessaires et absolues. Nous la voyons sous le plus haut pomt de vue dont elle est susceptible; nous la voyons, dis-je, également capable de tendances à de semblables développemens successifs, également douée des mêmes forces d’assimilation ; enfin , également soumise à un ordre invariable dans la production et les relations de ses élémens constitutifs.

Mais cela étant, que devient la différence d’un animal que ses développemens ou rapprochent ; où écartent de l'essence de son type? Ce qui pré-

164 ) | cède donne comme l'équation de cette sorte de problème. Nous décrirons les monstruosités, en restant attentifs à l'indication de nos règles; et, forts de cette direction, nous ne tarderons pas à saisir le moment où les développemens organiques abandonnent leurs allures ordinaires, et où par par conséquent ils se trouvent, par une circonstance fortuite, entraînés dans des déviations, formant, de cette maniere et à ellés seules, le caractère essentiel des monstruosités.

Ces règles, d’une application générale à toutes les modifications dont l’organisation est susceptible, si souvent invoquées dans mes écrits, et que déjà certains esprits considèrent comme les seules et les véritables bases d’une physiologie générale, sont exprimées sous ces formes appellatives : théorie des analogues, principe des connexions , affinités électives des élémens organiques, et balancement des organes. Que j'aie ces règles présentes à l’esprit, en décrivant la monstruosité d'Arras et je suis tenu d’être attentif à certaines circonstances qu’on eùt jugées auparavant fort indifférentes. Je n'irai point donner ce fait d'observation, que le cœur, le foie et le cerveau sont rejetés hors de leurs cavités ordinaires, d’une manière légère et sans en approfondir les causes; car j'aurai à m'inquiéter de cet énoncé, dès que je ne saurais admettre la possibilité de connexions interverties. Et de même,

( 165 ) 1 l'observation me rendait certain que quelques oranes n’auraient point été reproduits, je rendrais ompte de mes recherches pour trouver quelques estiges de ces organes, ou pour établir par quelle orte d’empêchemens leur apparition aurait été Jrévenue.

Décrire en pareil cas, c’est se livrer à un travail le détermination, et c’est toujours ce qui devient sécessaire, quand on se propose de faire connaître ne nouvelle façon d’être de l’organisation : dérire, c’est peindre par la parole, et il e$t de toute iécessité que l’on acquière, avec netteté, l’idée de image qu'il s’agit de transmettre à d’autres.

Je viens de raconter avec quelle préoccupation l'esprit j'ai fixé mon attention sur la monstruosité Arras (1). Je vais lui demander, j'y cherchera ous les organes de l’état normal, et je n’en resentirai que plus vivement tous les contrastes , outes les déviations que l'observation va m’y faire découvrir.

Cette monstruosité est complexe : elle affecte et e tronc et la tête, quelques parties séparément, t d’autres d’une manière consécutive. Mais d’abord, nous traiterons des difformités de la tête.

(1) Je dois l’établir sous le nom générique d’Aypérencé= phale.

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