VI. DE LA NUFRITION INTESTINALE, DU, FOBTUS, ET
DE SA TRÈS-GRANDE CONFORMITÉ AVEC LA NUTRITION INTESTINALE DE L'ANIMAL ADULTE.
On a vu dans le précédent paragraphe que le colon et son vaste renflement, ou le réservoir qui le suit, étaient chez le podencéphale entièrement remplis de mucus et de matières excrémenttelles. Ce fait m'a paru de nature à beaucoup modifier nos idées sur la nutrition du fœtus, et peut-être même sur la nutrition en général. Entrerai-je 1c1 sur ce sujet dans quelques détails? J'y vois, d'un côté, l'inconvénient qu’une aussi grande discussion puisse, à cause du lieu, paraitre déplacée : mais, d'un autre côté, pourquoi craindrais-je d'admettre dans l'histoire du podencéphale une discussion dont il fournit l'idée-mère, dont il.est l’occasion et» le point de départ?
Du méconium.
° +, AS \ , x 2 Si j'en excepte les opinions où l'on suppose que le fœtus finit par avaler une partie des fluides:(r} 108 2 s cit A 1f (x) Des acéphales. naissent, sans bouche ou avee la. bouche: fermée : ils n'avalent point d'eaux d’amnios, et, par voie, de
conclusion, ni eux ni aücun autre fœtus. 3
( 289 ) contenus dans l'œuf, je ne sache. point qu'on ait imaginé d'attribuer au canal intestinal le moindre usage pendant la durée de la vie utérine. L'opinion la plus générale est que les intestins demeurent passifs tout ce temps; et alors, dans cette hypothèse, le méconium que rend l'enfant peu après sa naissance ne serait qu’une vague. transformation “des sécrétions produites par les membranes mu- ‘queuses et par les organes biliaires. FEU Le podencéphale, en fournissant de nouveaux faits à la question de la nutrition du fœtus, vient compliquer les élémens de ce problème; ou plutôt, en donnant: un nouvel essor à la pensée, il mous porte à quitter utilement les sentiers battus jusqu'ici. Car cé n’est point, absolument parlant, du méconium, un liquide “‘visqueux et en trèspetite quantité, que j'ai observé dans’les gros intestins, mais des matières tout à la fois très-abondäntes:et très-bien caractérisées comme excrémenttielles. Or le canal intestinal n’a pu les amener à ce degré de résidu fécal que par une suite d’opéraons, comme:chez l'animal adulte, L'intestin du podencéphale aura donc joui d'une activité de même ordre,'sous plusieurs rappôrts, que celle des antestins des animaux soumis au régime de la res- Piration aérienne. Par conséquênt une véritable mutrition aura eu lieu dans les voies digestives du fœtus monetrucux.