‹ Philosophie anatomique. Des monstruosités humaines. Ouvrage contenant une classification des monstres; la description et la comparaison des principaux genresChapitre 46 sur 62 · S VII DES ORGANFS GÉNITO-URINAIRES · texte numérisé non relu

S VII DES ORGANFS GÉNITO-URINAIRES

Du rectum s’ouvrant dans ces organes.

Le podencéphale présente un vice de conformation qu'on est dans l’usage de désigner sous le nom d’imperforation de l'anus : son rectum n’aboutissait, mi ne s’ouvrait en dehors.

Cette observation fait désirer de savoir davantage. Que devient cet intestin? quel est son mode de terminaison? quelles parties à son extrémité sont heurtées par les matières qu'il renferme ? Ces questions, dans des cas semblables, ont déjà beaucoup occupé. L'art, en effet, s'est proposé de venir au secours d’une nature en désordre : s’employant ainsi à l'achèvement d’une formation organique, il a souvent comme réparé une méprise, en procurant aux matières excrémentitielles une issue

nécessaire à leur dégorgement. Cependant les opérations ne furent pas toujours également suivies de succès, et l’on apprit par là que locclusion de l'anus dépendait de causes différentes.

Le cas où cette difformité s’écarte lé moins de la règle est celui du rectum, qui se rend droit au point accoutumé de la peau, et qui s’y épanouit à sa surface intérieure : la plus petite incision pratiquée ramène les choses à l'état normal ; mais assez sou-

(As ve 10

vent 1l y a déclivité du rectum. Si le recium s'infléchit en arrière, il va se perdre dans les mailles du tissu cellulaire, accompagnant les dernières enveloppes des vertèbres coccygiennes; mais, s'il se porte en devant, il vient s’ouvrir dans les voies urinaires, où nécessairement 1l est un sujet de trouble et par conséquent de grave incommodité. Tous ces faits de position et d'insertion ont été rapportés et sont décrits avec beaucoup trop de soin dans les traités de médecine opératoire, pour que je croie nécessaire de m'y arrêter plus longtemps. + Ç

Le plus simple coup d'œil porté sur les figures 8, 9 et 10 de notre sixième planche suffit pour montrer que le podencéphale était dans ce dernier cas. Son rectum s'ouvrait en effet, si ce n’est absolument dans la vessie urinaire, du moins tout pres de son col, dans le canal de l’urètre. Ce | changement de relations donnait à ce canal, remarquable déjà par sa plus grande largeur, une apparence dont les oiseaux fournissent seuls un exemple : les urines et les matières fécales s’y renconirant ou étant dans le cas de s’y rencontrer (ainsi que cela s’est vu par exemple chez un enfant que ce désordre, au rapport de Flajani, Osserva-t zioni di Chirurgia, t. 4, obs. 39, ne fit périr qu’au huitième mois de sa naissance), il en résulte que cette voie commune parait transformée en un

( 3a } cloaque, rappelant, par sa forme, la voie unique des déjections chez les oiseaux.

Analogies avec les oiseaux.

Par ce premier aperçu, je serais déjà conduit à comparer les anomalies des organes génito - urinaires du podencéphale à l’état normal des organes correspondans des oiseaux, si dès le-début une difficulté ne m'arrétait. Je parlais d’un cloaque commun chez le podencéphale ; mais sais-je véritablement ce qu'est cette bourse chez les oiseaux? Le mot de cloaque, inusité partout ailleurs en anatomie, appartient à l'enfance de la science. Il a été imaginé sans quon y ait attaché une idée de rapport. Ce n'est point le nom d’une chose, c’est celui de sa fonction. Tout est là reprochable; Fobjet n’est point défini : on a agi sans vue génerale, et dans le seul point examiné on a fait une fausse application. La grande poche, dite le cloaque commun pour avoir paru commune aux urines et aux Inatières stercorales, reste, dans le fait, étrangère aux unes et aux autres, et jamais n’en contient la moindre parcelle. Il y a mieux; bien qu’elle soit an devant du rectum, elle perd momentanément son caractère de tube ou de canal pour que les matières excrémentitielles n'aient point à la traverser sous cette forme. Et en effet l'oiseau qui se dispose à

fienter prépare à l'avance toutes les parties de cette grande poche. Craignant d’en salir les parois intérieures, ce n’est que quand 1l a pris cette précaution, je pourrais presque dire, quand il à rangé toutes les pièces d’un vêtement extérieur, qu'il fait saillir en dehors son rectum, et qu’ilse débarrasse.

Ce prétendu cloaque commun, qu'il faut bien avouer à ce moment être d’une nature encore inconnue, attire mon attention, et J'en vois de plus le fond s'ouvrir dans une autre partie, dont le caractère, bien différent, est en outre très-remarquable. Quel est l'objet de cette dernière ? Nouvelle obseu-

rité; car je ne connais de publiées nouvellement à

son sujet que quelques citations de MM. Schneider (1) et Tannenberg (2), qui se sont bornés à rappeler ce qu'en avait dit plus anciennement Fabrice d'Aquapendente, vesicula in quam semen emülit gallus, et qui, dans ces circonstances, ont consacré les droits de l'inventeur en distinguant l’objet de sa découverte sous le nom de bursa Fabrici. |

Voilà deux poches donnant l'une dans l’autre que nous connaissons si peu que nous ne savons encore comment Îles nommer. Cependant c’est à

(1) Samnl. vermischier abhandl. zur zoologie, p.147. (2) Abhandl. über die, mannlicher sougungsthaile der vogel. Gœttingen, 1810,p, 24.

ces déux récipiens que l'entrainement de notre sujet nous porte à comparer les principales anomalies du podencéphale en ce qui concerne ses organes génito - urinaires. Évidemment il n'y'a point de rapport, Por de résultat scientifique à espérer: d’un travail où l’on ne CPE RATE que des inconnues. Qi

Ces réflexions nous en disent assez pour nous mettre sur la voie et pour nous tracer une régle de conduite. En conséquence nous nous occuperons d’abord du plan constamment suivi à l'égard des oiseaux, en Île ramenant à celut des mammifères, pris pour point de départ et pour terme de comparaison, et nous n'en saurôns dans la suite que ieux apprécier le degré et l'importance de laberration que nous fait connaitre la monstruosité du poden-

céphale.

Des organes génito-urinaires des oiseaux ; non entièrement ramenés & une forme générale.

À ce moment de nos recherches ,/nous ne pouvons manquer de confiance dans l'esprit quilesa dirigées jusqu’à ce jour, dans notre idée fondanienale, la théorie des analogues. Des jalons existent déjà sur la route. Quelques parties des organes sexuels des oiseaux:ont, au premier abord, paru d’une identité si évidente avec leurs correspondanis

chez les mammifères, qu'il n'y à jamais eu à leur égard de dissentiment. La conformité des ovaires , de la grappe et des tubes oviductes pour les femelles, et celle des testicules, des canaux déférens et des pénis pour les mâles, sont un fait acquis dès les premiers temps de la science, un rapport trouvé par les anciens. On s'arrêta au pointoù nous en sommes aujourd’hui dans la découverte de ces analogies; on ne sut plus ce que ces organes avaient de commun à partir du lieu où ils viennent se réunir, et, comme on le croit, où ils viennent se confondre dans l'appareil urinaire. Cet amalgame se fait différemment, suivant les familles dans lesquelles on lobserve : mais on ne fit pas cette distinction, sans doute par indifférence autrefois , et de nos jours préoccupé qu’on était par des idées systématiques ; et en effet un tout autre esprit régnait dernièrement dans l’école. Au fur et à mesure que la zoologie prit de l’extension, on parnt croire que le terme de tous les efforts était le perfectionnement de ses classifications, et presque sans s’en apercevoir, et à cause d'elle, l’on dévia de la route tracée par Aristote. |

Les choses se passaient ainsi, quand, ‘en ce qui concerne les organes sexuels des oiseaux et des mammiferes, 1l paraissait cependant: plus: maturél de conclure des premiers rapports :si-facilement découverts qu'un second 'effort ferait ‘tout aussi

aisément retrouver dans le surplus de ces organes les autres rapports qui restaient à connaître, et qui ne manquaient probablement à la science que parce que l’intervention de quelques parties étrangères était parvenue à les masquer. Mais ce.ne fut ni ne pouvait être l’objet d’anatomistes occupés de classifications zoologiques. On était parvenu à une époque où l’on dut croire que le perfectionnement de ces classificationstenait à marquer avec rigueur et même à prolonger les intervalles qui séparent les familles, et l’on se montra uniquement sensible à l'avantage de faire ressortir tant de différences caractéristiques. | |

Cependant se porter sur les ressemblances / ne pouvait être qu'un moyen de plus de juger dela véritable valeur des différences. MM. de Candolle et Meckel viennent de le reconnaître et de s’en expliquer formellement dans des ouvrages récens; le premier, dans une deuxième édition de sa Théorie de la Botanique, et le second, dans son nouveau Système d'anatomie comparée (1).

( 1) « Les naturalistes sont aujourd’hui divisés en deux séries... « Les uns semblent voir seulement les différences que les ‘êtres « offrent entre eux , et les autres recherchent avant tout Ves res- «semblances plus ou moins intimes, qui lient et rapprochent «entre elles les espèces naturelles... On sent aujourd'hui le

« besoin de l’observation des ressemblances, qui seules peuvent

C’est ainsi que divers tätonnemens en faveur dé la zoologie sortirent la science de l’organisation de la voie où les travaux d’Aristote etde son siècle l'avaient placée. Mais ce ne pouvait être que pour un moment.-Il était réservé à là scrence qui S’oc: cupe de spécialités ‘au sujet ‘des: animaux ;: d'y ramener plus tard, en montrant que toutes les formes se nuancent à l'infini, et en ‘portant par la multiplicité de ses ‘faits, avec rigueur! ’etrcertitude,; sur. l’idée qu'il n’y a fondamentalement qu’une seule organisation et pour ainsi dire, un seul animal-plus ou moins modifié dans toutes ses parties. ptet |

Ce qui fit qu'on ne ramena pas # l’unité de formation le surplus des organes sexuels dés oiseaux, comme on l'avait fait pour quelques-unes de leurs parües, ic'est que, dans le:point où ces organes vont se mettre en-communication avec les choses du monde extérieur, ils sont réellement .mécon-

« mener aux idées générales et philosophiques. » DECANDOLLE ; Théorie de la Botanique, édition de 1819, préface, P- ul].

« Je pense présentement, dit aussi M. Meckel dans la préface « dé son nouvel ouvrage, qu'on ne.s’élevefatpass aux hautes « considérations des formations organiques, ‘si l’ôn ne s'occupe «tantôt de l'appréciation des différences (mannichfaltigkeït), «et tantôt, de l'unité ou de l’analogie (eirheitober die analogie) «des parties de l’organisation.» Mxcxxr, System. der vergcir chenden anatornie. Halle, 18271.

( 329 ) naissables : ils n'y arrivent pas seuls, mais ils se greffent et s'anastomosent avec d’autres voies devant aussi aboutir extérieurement. C’est donc la difficulté de distinguer dans ces issues ce qui leur appartient en propre, qui empécha toute recherche et paralysa les efforts.

Reconnaïtre ce fait, c’est avoir déjà montré où existent les inconnues de notre problème; et pour les éliminer entièrement, nous n’aurons plus qu’à nous élever si haut que de là nous puissions embrasser à la fois et la généralité des êtres et le caractère des modifications variées dans lesquelles peuvent être entrainées toutes les parties de ces organes. Or ce qui d’abord se mamifeste avec Îa plus grande évidence, c’est leur tendance commune à,se rendre et à se produire au dehors dans tous les animaux. Pour ne point nous laisser influencer par des idées acquises, par quelques préjugés, oublions ce.que nous avons nous-mêmes rapporté plus haut : revoyons les faits, pour, d'après eux, recomposer nos idées; c'est à-dire, ne craignons pas de demander, même à ce moment, si chaque système ne jouirait pas de-moyens propres pour déboucher à lextérieur.

Ces systèmes sont les trois grands appareils des parties postérieures du troric : ils sont aussi distincts quant aux pièces qui les constituent que dans l’objet de leur destination; tels sont l'appareil

digestif, l'appareil urinaire et l'appareil générateur. Les produits dont ils parviennent à se débarrasser en les versant au dehors ne sont par moins différens les uns des autres. Je rappelle que ce sont, pour le premier, les matières stercorales ; pour le second, l’urine; et pour le troisième, la liqueur séminale.

Cependant comment, étant s1 différens dans leur composition et dans leur objet, arrive-t:l qu'ils aient une si grande tendance à se porter les uns vers les autres? Je crois que c’est parce qu'ils sont pareillement le terme des fonctions extra-nutritives, également des organes de déjection pouf les matières non assimilables ou formant surcharge dans les réservoirs. C’est la même nécessité qui les entraine vers les mêmes lieux, mais non une convenance, une affinité réciproques. Le tronc, servant de théâtre aux jeux des principales fonctions de la vie, est le tonneau des Danaiïdes; c’est une sorte de manchon qui reçoit à l’une de ses entrées, ét qui rend à l’autre : tout ce qui n’est point incorporé dans lPanimal est nécessairement refoulé du côté opposé à l'ouverture d'arrivée.

Ainsi toutes les eaux d’une même chaîne de montagnes se rendent dans un même bassin, et viennent de plusieurs lieux aboutir à l'autre extré: mité des canaux qu’elles ont parcourus. Il ne s’en suit pas pour cela qu’une rivière soit, dès son ori-

(BST }

gine, dans une relation obligée avec les autres rivières du même confluent. Toutes celles d’un même bassin cèdent à une nécessité inhérente à leur propre nature lorsqu'elles tombent dans le même point d’arrivage, soit qu’en effet elles gagnent la mer avant de s'être rencontrées et confondues, soit qu’elles ne parviennent à la mer qu'après avoir opéré leur jonction. Mais, quoi qu'il arrive à cet égard, il est certain qu’il n’est rien changé par là à la distribution primitive des eaux, aux conditions prescrites successivement à leur cours par la disposition des terrains supérieurs.

Sans doute que, si au début des observations anatomiques on eüt trouvé les trois appareils de décharge se terminant chacun par une embouchure particulière, cette distinction eüt mieux servi la faiblesse de notre intelligence que leur confusion apparente dans les oiseaux : et cette combinaison, je ne l’imagine pas; la taupe femelle en fournit un exemple (1). La faiblesse de notre intelligence s’en füt en effet mieux accommodée; car, avec les trois voies distinctes, la voie stercorale, la voie urinaire et la voie génitale , il n’ÿ eût eu aucune difficulté,

(x) J'ai fait figurer, pl. VII, fig. 15, les trois pertuis de Ïa taupe femelle : & est l’orifice de la voie stercorale, b l’entrée du vagin, et c le méat urinaire. Je dois la communication de ce fait

intéressant a M. Fr. Cuvier.

| | (338 ) et nos explications actuelles fussent dévenues inutiles. L'unité de composition en ce qui concerne. les organes sexuels des oiseaux aurait depuis longtemps été obtenue à leurs parties terminales tout aussi facilement qu’à leurs parties d’origine, aurait été dans le vrai un fait constant dès le premier abord. | |

1l y a quelque temps qu’on n'eüt pas manqué d'embellir ce sujet par une explication qui eût paru. plausible. Ce qui eùt été si avantageux pour l'exercice de nos moyens intellectuels, aurait-on pu objecter, pouvait n'être pas ce qu'il y avait de plus économique ; et le procédé qui aurait eu pour objet de profiter d’un canal, afin de l’employer au versement de deux ou même de trois produits de sécréuon, pouvait entrer mieux dans les plans de simplicité de la nature. Cette explication, qué suggere la philosophie des causes finales, déjà condamnable dans son esprit, n’est d’ailleurs point d'accord avec les faits : car que vous examiniez les animaux en ayant soin de Les prendre à de certains intervalles sous le rapport de la conformation, et vous verrez que la nature ne se refuse point'à multiplier les moyens d'exécution pour consolider ses ouvrages. Tout ce qui est possible est produit; ct l’un des plus piquans résultats de ce travail sera, je crois, de montrer, quant à la question qui nous occupe, que toutes les combinaisons, hors une

(eo

{ 309: } seule que rejette le principe des connexions, sont possibles, savoir : les trois voies débouchant séparément, les trois voies placées bout à bout et n’en formant qu’une générale, et enfin les trois voies se réduisant à deux issues extérieures, présentant les deux ordres suivans d’association, À et B sans C, puis B et Gsans À. Une seule combinaison est écartée ; sans quoi il füt arrivé, ce qui n’est pas possible, que les routes À et C eussent enjambé sur l’intermédiaire. Au surplus, que nous soyons ou non dans le cas d'admirer ces procédés plus économiques de la nature, 1l est certain que la réunion de canaux propres à plusieurs systèmes difiérens à jeté en ce qui concerne les oiseaux une si grande indécision sur ce qui est personnel à chacun des trois appareils, que c’est, je le répète, à cette seule circonstance qu'il faut attribuer le vague dans lequel | nous avons été sur cela plongés jusqu'ici. Pour en sortir, nous avons besoin d’une méthode qui nous fasse faire sûrement le triage de ce qui dans cette communauté d'organes est décidément propre à chacun d’eux. Il suffira pour cela d’agir tout autrement qu’on ne l’a fait jusqu’à ce jour; c'est-à-dire, qu’on devra, reprenant à part chaque appareil, se borner à le considérer isolément de dedans en dehors, de manière à suivre chaque organe jusqu'au moment où, par son anastomose avec un autre, 1l

vienne com piquer le problème.

( 334 ) De la voie stercorale cheziles oiseaux.

En partant des cœcums, je ne suis exposé. à aucune: méprise. En effet les analogies du canal intestinal sont données, de même que celles des. organes des sens, par exemple, sans travail, on peut dire, d'inspiration, et par conséquent d'une maniere tout aussi incontestable que le sont les plus simples propositions concernant les nombres. Dans ce cas et avec toute confiance, je parcours des yeux toute l'étendue de l'intestin post-cœcal jusqu’à ce qu’enfin. j'en aperçoive la dernière issue. Un premier bourrelet se présente; voyez pl. VIT, lett. 2’,0", fg.4(r). Fen examine la structure; j'en vois le relief augmenté par un muscle circulaire et constricteur ; j'y trouve enfin tous les caractères d’un vrai sphincter. J'en examine de plus le jeu sur le vivant, et je m’assure que ce bourrelet s’entr'ouvre à la volonté de l'animal, qu'il se tient habituellement fermé, et! quil se conduit enfin comme le fait l’anus.chez les

(1) Tout ce qu'on à nommé le cloaque commun, et même au delà, une portion de l'intestin, formaient un large tube qu'on a fendu longitudinalement, et dont on a renversé les parties à droite et à gauche. Ce sont ces parties étalées et mises à plat qué représente la figure dont il est ici question. On a donné la même | eonpe pour Je canard, fig. 8. je |

(339 ) mammiferes. Ce qu'on trouve en dehors de ce bourrelet est de l’urine; ce qui est en dedans, de la matière fécale. Si je m’en tiens aux indications de cette dernière considération, ce sphincter est le véritable anus (1) : mais, pour que ce füt vrai à tous égards, il faudrait qu'il n’y eût rien en avant de lui, et qu'il püt être produit à l'extérieur. N’est-il besoin que de cette condition? elle est en trèsorande partie donnée. Je l'ai déjà exposé plus haut; si les oiseaux veulent fienter (2), toute la bourse, qu'on a nommée cloaque commun jusqu’à ce jour, s'ouvre, se renverse et se retourne comme le doigt d’un gant. Après ces dispositions faites, il n’est

(x) Je viens de voir cette partie sur un casoar femelle de la Nouvelle-Hollande, fraïchement mort. Le réservoir stercoral augmente de diamètre jusqu’à sa terminaison à l’anus : là ce réservoir a jusqu à quatre centimètres de large. L’anus ouvert ne portait qu'un centimètre au plus, parce que le sphincter, qui le constituait, résultait de fibres et de membranes débordant du côté intérieur et formant valvule.

(2) On peut faire fienter une poule après sa mort, et reproduire lentement alors les actes qu’elle exécute si rapidement pendant la vie. Il faut à cet effet remplacer la pression qu’exercent les muscles abdominaux par une eompression graduée sur le ventre, et l’on voit successivement s’ouvrir les trois pertuis, la seconde poche (celle des urines) se ranger en dedans de la première, et la troisième, ou la portion anale de lintestin, former un dernier repli concentrique et saillir au delà des

autres.

(336 ) t } plus besoin que d'un léger effort pour porter l&, portion anale de l'intestin en dehors : cette portion y arrive sans obstacles, étrépand elle-même les'matières dont animal veut se débarrasser. Le cheval; par exemple, n'agit pas différemment en PRE saillir au dehors, sous la forme d’une rosette ponceau, une partie de son rectum. F0" 40 Je réponds de l'exactitude de ces faits comme de choses que j'ai attentivement observées : chacun est d’ailleurs à portée de les vérifier. En conséquence, sans prendre à ce moment aucün souci de ce que peut être le prétendu cloaque commun, je conclus que la portion intestinale circonserite par le bourrelet D", b", forme bien réellement la dernière porüon du tube digestif, l'intestin rectum. Cette détermination acquise, j'ai donc éliminé l’une des trois inconnues de mon problème, savoir, le! tube stercoral, ou, ce qui revient au même, la voie

ca è

des matières excrémentitielles.

De la voie urinaire.

d Jep asse à la voie urinaire, qu’il m'importe égale | ment de connaître, surtout à son arrivée dans le con | fluent commun , où elle mêle son embouchure avec | celle des autres conduits. J’uscrai des mêmes pré- | cautions que dans la détermination prépédentes et | * cet cffet je considérerai l'appareil entier des voies.

urinaires, en commençant cette exploration dés son origine. Or cet appareil se compose d’abord de parties déterminables aussi sans donner lieu à la plus petite crainte d'erreur, déterminables enfin avec une évidence qui a dù frapper dès l’abord les yeux du premier observateur. Tels sont les reins et leurs conduits, nommés wrétères. Les oiseaux sont reconnus jusque-là pour être identiquement formés comme les mammiferes.

Dans ces derniers, une vessie, dite urinaire, recoit l’urine sécrétée par les reins. Cette poche forme un réservoir, où aboutissent les urétères restreints à n'être qu'une voie de communication. Le champ de nos recherches est de plus en plus circonscrit. Il ne nous faut plus qu’une réponse à cette question : Où se rendent les urétères des oiseaux? Je vois ces urétères, #, &, fig. 4, débou-. cher dans un canal V, dont l'animal peut à volonté fermer les issues, et qu’il parvient de cette manière à transformer en une véritable bourse; je dois même ajouter, pour être en tous points exact, que les oiseaux en tiennent toujours, hors le moment d’uriner, toutes les issues fermées.

Cette bourse ne saurait être autre chose que la vessie urinaire. Ce n'est pas uniquement ses rapports avec les urétères qui l'indiquent : elle en a les fonctions, devenant un réservoir dans lequel les urines sont tenues tout-à-fait à part, et con

Page 1