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(184) ES | da nature? C’est ce qu’il n’arrivera à personne de. “faire, je le sais : on est, dans cet exemple, sur la considération d’un ordre de phénomènes trop
simple. On ne craint point d'ètre forcé de trop donner à la cause occulte qu’on a toujours tant de ‘ raisons d’exclure, et qu’on nomme le hasard ; mais, au, contraire, on procède à jeux découverts. Le ballon examiné, on trouve que c’est de l'air empri- ‘sonné dans une vessie : cet air a des propriétés qui ‘tiennent à son essence; il est compressible, élastique, etc. La vessie joue le rôle d’un contenant. Le tout ensemble manifeste encore une autre propriété, celle,:comme corps grave, d'être soumis à l’action de la pesanteur. L'esprit qui possède toutes ces données agit avec discernement; 1l s'explique facilement toutes les circonstances de cette vie tourmentée (1) du ballon. En dernière analise, le M ballon se meut, une impulsion lui étant donnée, en vertu des propriétés des parties matérielles dont à il.est composé ; et pourquoi ? c’est qu’il n’est aucun w k. corps naturel qui ne soit doué de propriétés, et qui ne soit forcé de les manifester, dès que de certaines circonstances en favorisent le jeu.
(1) Tout corps qui a cette activité, qui est sujet au mouvement, | “et qui exécute plusieurs déplacemens en vertu d’une seule impulsion, jouit sans doute, pendant la durée du phénomène, d’une
existence quelconque; il vit à sa manière.
Puisqu'il en est ainsi nécessairement, n'est-il pas plus convenable, au lieu de cettelocution, Æst quod futurus ést, traduisible par, C’est déjà ce que cela deviendra plus tard, d'admettre cette autre: plus précise et d’une exactitude incontestable : Ce-corps existe avec telles et telles propriétés, lesquelles, l’obligeant d'entrer en relations avec plusieurs choses ‘de son monde extérieur, le sollicitent à subir diverses métamorphoses ? Et alors qu’ÿ a-t:1l d'étonnant à ce. que l’on puisse pressentir les destinées futures de ces subséquentes formations, si detelles prévisions se fondent sur la connaissance tant de premiers produits que de produits différens engagés dans des. actions réciproques, déterminées et connues?
Vous pourrez répliquer, je l'avoue, que, si lon. passe de l'exemple du ballon aux considérations mêmes de l’organisme animal, il faudra se tenir dans de tres-hautes abstractions ,. d’ou il sera-impossible de descendre, c’est-à-dire qu'il faudra laisser la: plupart des phénomènes sans explication. Telle sera:en effet notre position. C’est que, là, les . ressorts sont infiniment plus compliqués que dans . l'exemple précité. Les düficultés tiennent ‘au défaut d'exercice sur ce point, ou même à l'impuissance de notre esprit(1). Ce qui, dans le vrai,
(1) Il viendra peut-être un jour où l’on reconnaitra que notre
ignorance des hautes fonctions de la vie tient moins encore à de.
( 486 ) est praticable dans un cas où interviennentau plus, je suppose, deux ou trois inconnus, cesse, de l'être quand ceux-ci se multiplient par centaines. Que conclure. de tout cela? que nous ne comprenons presque rien encore aux conditions les plus essentielles de l’animalité. Voilà ce qu'il faut savoir reconnaître, et J'aime mieux l’aveu:qui en est fait à propos que les spéculations de la plus brillante hypothèse: car une hypothèse qui n'est pas la vérité est une erreur qui éloigne plus qu’elle n’approche du. but. Eten effet, voudrait-on néanmoins continuer à sen servir, l’esprit, qui se tient pour satisfait, demeure en repos, tandis, au contraire “que, s 1l aperçoit que des obstacles lui barrent le chemin, il ne lui arrive d'entreprendre de passer outre
graves. difficultés du sujet qu’à la fausse direction de l'esprit humain dans d’aussi importantes recherches. Cette réflexion m'est surtout suggérée par le mémorable travail de M. le docteur Flourens sur les fonctions du système cérébro-spinal. (Remontez d’äge en âge pour en trouver un qui lui soit comparable de toute. manière, et vous arriverez à la découverte de la circulation du sang.) : | |
Quelle idée se ferait-on du mouvement d’un ballon, si l’on n'était pas déjà familiarisé avec la connaissance de l’air et celle de ses propriétés, avec les questions de la chute des corps ? Un tel problème à résoudre offrirait aussi des difficultés immenses , qu'on ne s’expliquerait peut-être de même qu’en les jugeant d’un accès impossible à la faiblesse de notre intelligence.
( 487 ) qu'autant qu'il se sent la force et les moyens de les surmonter.
On voit, par cette discussion, dans quel labyrinthe on jetait la question des monstres, en la mêlant et en la soumettant à celle de la Paie des germes.
‘Mais il y a mieux; c'était faire le plus grand des contre-sens : car, les deux questions ont-elles autant de connexité qu’on l'a pensé, il fallait se servir de celle dont les faits restent sous l’action de nos sens, pour tenter d’éclaircir ensuite par elle l’autre, qui n'y laisse aucune prise. C’est bien, à quelques égards, ce qui dévint le fond des célèbres débats de Winslow et de Lemery, de 1733 à 1742. Toutefois ces deux orands anatomistes ne firent qu'effleurer ce sujet en se tenant sur une seule considération, celle des monstruosités par exces.
Cependant, si, comme je l'ai déjà exposé ; page 208 {r), etcomme bien d’autres considérations
(1) Je recois en ce.:moment une thèse inaugurale soutenue à: Utrecht, intitulée : De labi leporini congenitinaturé et origine (brochure in-8° de 72.pages, avec une planche; Utrecht et Amsterdam, 1822), dans laquelle l’auteur, M. le docteur C. Nicati , figure sous. le n° 7: de sa, planche un embryon humain de tro's. mois, d’après un sujet de:la collection de son maitre, M. le professeur Vrolik. Je ne suis plus à temps de faire profiter les nombreuses.et savantes observations répandues dans. cét ouvrage à
mon article Bec de lièvre, imprimé déjà fort anciennement (une:
( 488 ) viendront plus bas en fournir une nouvelle et définitive démonstration, il n’est point de monstruosité qu'elle ne dépende d’un tirage s’exerçant du dehors
maladie, les devoirs de mes places et quelques autres travaux m'ont forcé d'interrompre la publication de ce volume, dont quatre cents pages étaient imprimées/en mars 1822); mais je puis du moins appeler l'attention des anatomistes sur le fait trésimportant de la figure 7 que je viens de citer.
M. Nicati a cru ne donner qu’une observation de plus de bec de hèvre ; et sans prévention, il a laissé représenter une circonstance en apparence accessoire, mais que je tiens pour fondamentale. C'est une tige tégumentairé autour de laquelle une parlie du cordon ombilical est enroulée : elle paraît sortir, à droite, de la portion du crâne où les angles du temporal, du pariétal et du frontal, viennent se réunir; et par son autre extrémité, elle se rend, de concert avec le cordon ombilical, sur le placenta, y adhérant et reproduisant ainsi quelques circonstances de notre monstruosité pl: V, ou de l’hypérencéphale. À l'extraction du fœtus, très-probablement dans la vue d’écarter des lambeaux jugés inutiles , on aura cru dégager le placenta en rompant cette bride, qui, selon moi, contenait les véritables élémens de la monstruosité du sujet. NS ANR
Car une plaie, ainsi que nous en développerons plus tard le mécanisme, aura donné naissanee à ce filet tégumentaire, à cette bride placentaire. Celle-ci se sera prolongée sur lés membranes du palais. Les os incisifs, dans un fœtus aussi jeune, sont écartés des maxillaires, et ils peuvent par conséquent être facilement entraînés les uns loin des autres. Pour céla faire, il suffit que les eaux de l’amnios agiséent par leur accumulation sür les membranes de l’œuf, et que celles-ci, au moyen de la bride subsistant
en dedans, d’un tirage portant son action sur un des points superficiels du corps du fœtus; et de plus, si cet effet de tirage ne peut se manifester que subséquemment à une lésion accidentelle, il faut en conclure, et il est pour moi évident qu'il n'y à pas, qu'il ne saurait y avoir de monstruosité originelle. Tout cet échafaudage d’un germe primiüvement monstrueux, d’un germe préexistant et mboîté de toute éternité avec de vicieuses qualités, reste une pure supposition, non-seulement qu'il répugne à notre raison d'admeitre, mais en outre que les plus simples et de journalières observations s'accordent, je pense, à proscrire,
Le cultivateur le moins instruit en sait plus sur cela que nos plus subtils métaphysiciens, parce qu'il ne saurait long-temps se tromper sur la réelle valeur et sur l'avenir des germes de reproduction,
intermédiairement, attirent sur elles le fœtus, que son propre poids retient en sens contraire. Un tirage est ainsi exercé de dedans sur le dehors : le maxillaire droit aura été maintenu; ‘et le bec de lièvre, qui se dirige effectivement vers la droite, est définitivement le produit de ces luttes et actions diverses. La
peau, plus tard continuant à se former et à s'étendre pour entourer la. face, aura recouvert la bride placentaire et procure l'apparence de sa sortie vers l’un des points de la tête. Encore n'est-ce ainsi en totalité qu’au-dessus de l’os frontal, puisque la peau, faute d’une entière cicatrice, est restée ouverte comme si
on l’avait fendue à dessein , depuis l’œil jusqu’à la bouche.
objets de sa spéculation, sans s'exposer à une ruine certaine. Il croit donc à la formation des germes. Sa prétention, légitimée parle succés, est de pouvoir diriger à à son gré et selon ses besoins cette forme-
tion. Il donne des étalons de choix ay ant telles qualités déterminées à à sa cavale, à ses brebis ou à sa génisse, pour se (procurer, je suppose, une race hybride, des agneaux à lainage beaucoup plus fin ;
ou un veau qui croîtra sans prendre de COTNES. De mauvais blés lui donnent des épis sinon avariés,
du moins amaigris ; car,desemences défectueuses, il ne peut attendre que des végétaux souffrans et mal venans. Si les graines sont absolument viciées, elles ne lèvent pas, et pourissent en terre ; si elles.
ne sont que défectueuses, comme 1} suffit qu une
seule molécule de gluten soit soumise à l’action du nisus formativus, il en provient néanmoins un sujet normal , qui estnécessairement et seulement débile
et rabougri.
. Cependant plusieurs : causes es perturbatrices peu-
vent encore détruire l'espoir d’ une riche:moisson , |
comme l’attestent toutes les maladies des blés, l’ergot, le charbon, etc. ; et il faut bien que la.seule ressource du CAR RGE contre ces désastres consiste à éloigner de sa semence des perturbations
qui proviennent | du dehors, à Juger par. les SOINS. | qu l prend de chauler son ble, C ’est-à-dire de l'en
duire d’une couche de chaux.
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( 4gt )
IL en est donc de la monstruosité des végétaux comme de celle des animaux : une intervention de lésions extérieures et accidentelles l’occasione. Qu'un insecte pique une cloison mitoyenne à deux germes, et que néanmoins ceux-ci continuent à se développer, il en résulte deux fruits appuyés l'un sur l’autre, et qui alors présentent, dans cette union anomale et pathologique, tous les caractères de la monstruosité. Combien d’autres exemples en faveur de cette thèse pourraient être fournis par le règne végétal !
Un fœtus blessé dans le sein de sa mère réalise, sous tous les rapports, la condition d’un animal surpris dans son monde extérieur et frappé à Pi improviste. La blessure est-elle grave, la vie cesse ; n'est-elle que légére, ou n’a-t-elle retranché qu'un membre dont l’amputation n’entraine pas nécessairement la mort, les bords de la plaie se Ta prochent; car l'action du risus formativus n'est jamais interrompue. Mais, comme cette action procède sur des organes déchirés et en l'absence d’une portion emportée, ce qui se forme en remplacement de ce qui avait été formé est une réunion, par suture, des vestiges des organes dilacérés, c'est-àdire un nouvel assemblage hétérogène, et Je pourrais risquer de dire, un nouvel organe, alors pathologique., C’est Le nom que je dois en effet à ce résultat, puisqu'il réunit toutes les conditions qui
ie paraissent caractériser un organe, puisqu'il se trouve constitué par un certain nombre d’élémens liés ensemble, soumis aux mêmes vicissitudes,
comme ils sont tenus aux mêmes devoirs et ‘engagés dans les mêmes services. Et par exemple, \: aurait-il eu amputation d’une partie du bras, etcetteamputation aurait-elle été suivie de guérison ? un MOoIgnon est ce nouvel organe hétérogène, anomal, pathologique, qui $e marie avec toutes les autres parties contiguës ayant persévéré dans l’état normal, et dont l'individu blessé est tenu alors de s’accommoder.
Les phénomènes dont nous sommes journélle- “ment les témoins, ne se passent pas différemment dans la monstruosité. Celle du rbinencéphale, par exemple, tient à la suppression presque totale de l'organe olfactif. Ce qui intervient sur la ligne mé-" diane sont les racines des organes latéraux, lesquelles S ‘appuient les unes sur les autres, au lieu, de s’ appuyer sur l’appareil nasal: engagées et réunies, ces racines forment ensemble un tout, un organe nouveau bizarre, hétérogène, anomal, pathologique , Ce que, dans ce cas particulier, j'appelle la monstruosité, l'organe monstrueux, enfin l'organe rhinencéphale. Cet organe, c’est une seule cavité oculaire, un seul œil, toutes les modifications
dont j'ai présenté les caractères, page 93.
Si donc il y a parité dans les deux Phénôtiènes ‘a |
m'ont servi d'exemple, si le fœtus rhinencéphaleou monstrueux est sous l’action du même régime que le sujet amputé, si les deux déformations dépendent réellement d'une lésion LAALCETENTE j'arrive à la même conclusion que tout à l'heure au sujet des végétaux ; il n’y a aucune condition originelle et nécessaire pour la monstruosité. Tout fœtus naît avec une susceptibilité plus ou moins grande pour son heureux développement; suivant la condition de vigueur ou de faiblesse de ses parens, il passera à des formes athlétiques, ou il n’existera que d’une manière chétive. Mais, quoi qu'il lui advienne au moment de sa conception, sil est, c’est pour se développer d’une manière uniforme et régulière (x).
. Nous ne sommes pas plutôt arrivés à cette conséquence, qu’un autre résultat plus général et plus directement applicable à la principale question de ce paragraphe vient frapper notre esprit. La remarque
(1) M. Virey est, comme moi et avant moi, arrivé à la même conclusion dans le trente-quatrième volume du Dictionnaire des Sciences médicales, au mot Monstre, page 140.« Tous ces faits, « dit-il, semblent établir que les germes des animaux et des végé- « taux sont émanés purs et réguliers de la main du Créateur, « c’est-à-dire que toutes difformités ou monstruosités sont sub- « séquentes et résultent de divers chocs, ou de dérangemens, ou
« de l'inégale nutrition, etc., de ces mêmes germes. »
que nous a suggérée la monstruosité du rhinencéphale subsiste 6 en son entier et également pour tous les autres cas de monstruosité. IL n est véritablement aucune partie du Corps qui ne soit susceptible d’un tirage extérieur, et qui ne puisse, par un retardement de. développement que ce tirage OcCCasione, devenir aussi monstrueuse. Il n’ést en effet aucun organe qu’ une force du dehors ne parvienné à dominer, que cette force ne puisse détourner de la tendance à une Tormation régulière, où, comme nous nous en sommes jusqu’à présent expliqués én recourant à l'expression consacrée par le célèbre Blumenbach, ne puisse détourner de céder à | l'action du risus formatious. eee ovu
Si sur tous les points, soit profonds, soit superficiels, de l’être organisé, il peut survenir üne cause perturbatrice de l’action du risus formativus, il n’y a donc rien de primitif, d’absolument nécessaire quant à l'avenir dans les conditions du germe : ce ne peut donc plus être une chose problématique que la question si fameuse et si long-temps débattue de la préexistence des germes (1). Je le répète;
(1) Entendue, comme je l’ai exposé plus haut. Car tout ce qui tient à la matière, telle qu’elle est sortie des mains du Créateur, et à ses propriétés coéternelles comme elle, devient le sujet d’une autre question que je n'ai voulu ni directement ni indirectement
traiter ici.
( 495 ) on ne saurait effectivement reconnaître de préexistence, de développement nécessairement invariable, du moment qu'il est prouvé qu’une déviation de l’organisation est toujours et se trouve partout possible.
Cependant, dira:t-on, aucune de ces inquiétudes n'empêche celles des spéculations de l’économie rurale, qui sont fondées sur la rénovation des êtres : c’est que, dans ce cas, les chances de probabilité équivalent presque à de la certitude. Vous savez ce qui adviendra, pour lé conclure par voie d’analogie; mais je puis aussi ajouter : Vous Ié pourriez conclure également de haut et sur la considération seule des faits ; vous le pourriez savoir, et tout aussi sûrement, par voie æ déductions philosophiques. DT
En effet, que vous connaissiez les élémens qui entrent dans la composition d’un corps naturel, les propriétés de ce corps sont une résultante des propriétés distinctes de chaque élément partiel. Tout ce qu'il deviendra en se combinant avec un autre Corps À, ou avec un troisième B, sont des effets nécessaires comme dépendant de l'essence dechaque composant, comme résultant de la valeur des propriétés mises en comrun et concourant au résultat acquis. Ces effets, pour être prévus, ne peuvent pas être cependant jugés des effets préexistans.
L’acide muriatique (1) a de l’affinité pour [a soude : je prévois et je m'explique la formation d’une molécule de sel gemme, d’ après ce que je sais des propriétés des deux composans. Ce qui préexistait à la molécule de sel, c'étaient ses composans, doués de certaines propriétés ; mais, bien que ces mêmes composans ne puissent nécessairement et absolument produire que cette même molécule, vous ne direz pas, ou du moins vous ne devrez pas dire celle-ci préexistante à elle-même. Je puis étendre plus loin cette explication : car je trouve dans l’histoire de la chimie que Ce Cas normal est quelquefois affecté d’irrégularités; dérogation aux conditions ordinaires, qui correspond tout-à-fait aux anomalies pathologiques de l’organisation animale. Mon célèbre et savant confrère M. Berthollet, examinant en Égypte les lacs de natrum, vit que la formation du carbonate de soude avait lieu par une décomposition contraire aux lois des affinités ordinaires : là le muriate de soude ou sel gemme, et le carbonate de chaux, se métamor-
(x) Jen’ignore pas que les derniers progrès de la chimie font aujourd’hui préférer le nom d'acide hydro-chlorique à celui d'acide muriatique, comme le nom de cAlorure de sodium à celui de rnuriate de soude ; maïs je conserve ici les expressions de l’ancienne théorie, parce qu’elles se prètent mieux aux expli-
cations que je crois utile de donner.
phosent et se résolvent en carbonate de soude et en muriate de chaux avec excés de base, par un échange réciproque de leurs bases et de leurs acides. M: Berthollet, en étudiant ce phénomène, reconnut que la puissance des masses changeait l’ordre des attractions. C’est ainsi que nous voyons jouer, dans ces actions réciproques, à la puissance des masses le rôle que, dans nos exemples précités de monstruosité, nous avons vu remplir à un tirage extérieur, c’est-à-dire le rôle d’une cause perturbatrice luttant avec succès contre les propriétés des corps et leur tendance à une semblable et régulière formation.
Nous terminerons par un exemple qui présente plus de points de contact avec les phénomènes de l'organisme animal. Soit une pile à auges mise en batterie; elle est une image sensible, reproduisant, sous bien des rapports, l’action et le jeu de la vie chez les animaux inférieurs. Une telle pile a ellemême une vie propre, qui se conserve tant que la pile fait emploi de tous ses moyens : c'est une existence comme la lui permettent les élémens qui lacomposentet la complication d’effets qu'amènent ces arrangemens. Les points de contact de cette machine avec l’animal sont qu’elle cesse de jouer et d'exister, soit par Le défaut d’alimens dans les auges, soit par l'usure de ses appareils. Elle périt en effet, quand elle a épuisé sa provision d’eau et
d'acide sulfurique, et elle périt encore et nécessairement lors même qu'il est pourvu à son alimentation par une succession réglée de versemens d’eau acidulée, quand arrive l'usure totale des appareils ou des plaques qui plongent dans les auges.
Dans cette position des choses, qui peut douter que la pile.ne puisse, ne doive produire régulièrement et exactement le phénomène qui est la fin de sa mise en activité, qu'elle n’opère nécessairement la décomposition des fluides contenus dans les auges ? Mais cependant que vous apportiez d’autres conducteurs croisant leurs actions avec ceux de la machine, vous occasionerez une perturbation dans fes phénomènes. Maitre d'agir à votre gré dans l’expérience, vous en expliquerez facilement les effets, soit réguliers ; soit irréguliers ; et vous recueillerez cette conclusion définitive, que les phénomenes se développent constamment de la même façon sous l'influence de causes déterminées , ‘et qu'ils varient comme changent leurs conditions prédisposantes. Rien dans tout cela de préexistant; mais, un corps étant formé, il l’est avec de certaines propriétés, et son activité est réglée d'après ces propriétés, qui tiennent à son essence.
La perturbation que nous venons d'admettre répond à la perturbation que les animauxéprouvent par l'effet d’un tirage extérieur. Sans cette per: turbation, un animal régulier serait produit; elle
( 499 ) intervient, c’est un autre animal dans le point de cette intervention; et cet autre animal vivra, si la perturbation n’affecte pas les centres d’action vitale, comme vivent, par exemple, tous les monstres à bec de lièvre : dans l'hypothèse contraire, l'animal meurt en naissant.
C'est où j'arrête ces recherches sur la connexité de la fameuse question dela préexistence des germes avec les faits de la monstruosité. Au delà, jene sais plus rien, je ne vois plus rien d’explicable. Et en effet, arrivé sur cette limite, le physicien disparaît ; l'homme religieux (1) seul demeure, pour partager l'enthousiasme du saint prophète et pour s’écrier avec lui : Cœli enarrant gloriam Dei. ; laudemus Dominum.
(x) On a remarqué mon premier volume comme portant à la méditation religieuse. Voici comme se termine une des analises qui en furent faites dans le temps : celle-ci a paru dans la Bibliothéque médicale, cahier d'août 1819. « Du reste, la curiosité et «le goût de toutes les classes de lecteurs trouveront de quoi se « satisfaire dans la Philosophie anatomique; car les sciences « physiques ne profitent point seules des conséquences du beau « principe que M. Geoffroy vient de proclamer ; et il me semble « que l'unité de l'idée, sur laquelle ont été formés des ouvrages « si composés et si nombreux, témoigne avant tout de l’urité de
« leur cause. »