‹ Philosophie anatomique. Des monstruosités humaines. Ouvrage contenant une classification des monstres; la description et la comparaison des principaux genresChapitre 8 sur 62 · PRÉLIMINAIRE. XV · texte numérisé non relu

PRÉLIMINAIRE. XV

Je né suis soucieux de conclure que dans la crainte dé faire injure à la sagacité du lecteur. Il ne satrait douter que l'étude de l'organisation ne s'appuie sur ‘dés règles fondamentales. Aucun arbitraire ne peut s'y introduire; et notre inconnu #sera nécessairement & ou b, l'un à l'exclusion de l’autre, l’un des deux sans la moindre hésitation.

Ces regles, je me suis long-temps occupé d'en réchercher les principes : et si j'ai enfin pris confiance dans quelqués-unes de leurs applications ; si l'on m'a vu, aidé de leur secours, conclure quelques détérminations ; et si Jai donné une forme à ces travaux par des appellations dont la nouveauté d’expression était rendue nécessaire par la nouveauté des objets à faire connaître, je n'ai pas cru que ce fut trop d’un volume pour discuter mes motifs.

En écrivant ceci, ce n’est pas que je songe à me garantir de quelques critiques : j'y vois d’ailleurs trop de difficultés. Comment s’entendre sur les conséquences, si au début l’on diffère sur les principes? Il n'est que trop ordinaire d'être jugé sur des vues nouvelles, qui n'ont point encore été appréciées par le sen- I. b

xvii} DISCOURS timent toujours conservé des anciennes, de l'être par qui se. laisse surprendre par des préventions de propre supériorité, et sur la remarque peu réfléchie alors. qu’on. pense, soi, et qu'on a toujours pensé différemment.

Car c'est à quoi on fait rarement attention:

les principes d’une science changent successivement, comme la signification des mots employés à en consacrer les. aphorismes. Une semblable révolution était surtout inévitable dans une science aussi peu avancée que l'anatomie générale. On a beau. vouloir avec fidélité, avec toute rigueur, s’en tenir à la propre valeur des expressions en usage de son temps, on.est original malgré soi; puisque, pour le peu qu'on fasse avancer la science, c'est-àdire qu'on étende la généralité de ses idées, on étend dans la même raison la portée des termes, qu'un besoin plus restreint avait fait créer avec un caractère de premier âge.

L’hésitation des meilleurs esprits à l'égard de notre position actuelle tiendrait donc au caractere de sa nouveauté. Pour comprendre comment cette position est un effet du temps, et dépend de. l'ordre progressif des idées, voyons ce qui fut à l’origine des choses; sa-

PRÉLIMINAIRE. xix chons pourquoi et comment on recourut à l'anatomie. | | … L’anatomie, comme je la concois, et comme je pense qu'on l’entendra un jour, je veux dire, l'anatomie dans toute sa généralité, me paraît avoir pris, Jusqu'à présent, trois caractères assez distincts; et je puis de suite ajouter que ses trois principales modifications se rapportent en même temps à trois époques successives. Philosophique chez les Grecs, Zoologique de nos jours, et entierement Médicale peu après la renaissance des lettres en Europe, l’anatomie générale n’intéressa d’abord que comme completive de la seule anatomie youlue alors : on n'y avait recours, on ne la consultait que pour éclairer quelques points obscurs de l’anatomie humaine.

Cette division de l'anatomie, loin cependant d'en présenter les parties comme indépendantes les unes des autres, nous montre au contraire celles-ci sous l'aspect de trois rameaux sortis d’un seul tronc, de trois écoles produites par une même pensée, par une conyiction qui précéda les temps de la science, par le pressentiment, enfin, que tous les êtres sont formés sur un même patron, modifié

xx | DISCOURS seulement dans quelques-unes de ses'parties.

Aussi, telle l'anatomie fut imaginée dès l'origine, telle elle est. restée chez les Grecs. . Elle y a conservé son caractère philosophique, sa condition de généralité, de ce que plus pres de son berceau, et par conséquent constamment attachée au système de l’uniformité organique, elle ne donna lieu à aucune supposition d'anatomie différente, M ji. vétérinatre et comparée.

L'école d’Aristote ne connut effectivement qu'une seule anatomie, que l'anatomie générale; ce qui n’empêcha pas qu'elle n'établit avec une grande sagacité les diversités de beaucoup d'organisations particulières, comme on peut dire que nous n’admettons de même qu'uneseule zoologie, que la zoologie générale : ce qui ne nous prive pas non plus de présenter le tableau des classes et des familles, dont il n'est pas plus difficile de donner aussi les différences; puisque pour arriver sur les faits qui caractérisent chaque groupe où chaque animal en particulier, il n’est besoin que de descendre de la hauteur des considérations les plus générales.

Quiconque imaginerait de dire aujourd'hui

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