‹ Philosophie, beaux arts et belles lettres, correspondance, mélanges. ExtraitsChapitre 131 sur 153 · A EMMANUEL BACH · texte numérisé non relu

A EMMANUEL BACH

Hambourg, 1774.

Je suis Français. Je m'appelle Diderot. Je jouis de quelque considération dans mon pays comme homme de lettres; je suis l'auteur de quelques pièces de théâtre, parmi lesquelles le Père de famille ne vous sera peut-être pas inconnu. Je viens de Pétersbourg en robe de chambre et sans ma pelisse, en poste et sans aucun vêtement; sans cela je n'aurais pas manqué d'aller voir un homme si célèbre. Je le prie de m'envoyer quelques sonates pour le clavecin s'il en a de manuscrites et qui n'aient point encore été publiées; il aura la bonté d'y attacher un prix que je remettrai à la personne qui m'apportera ces sonates de sa part. La seule observation qu'il me permettra de lui faire, c'est que j'ai plus de réputation que de fortune, conformité malheureuse qui m'est commune avec la plupart des hommes de génie, sans y avoir le môme titre ^.

Je suis, etc..

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