‹ Philosophie, beaux arts et belles lettres, correspondance, mélanges. ExtraitsChapitre 73 sur 153 · Voir la note, pay · texte numérisé non relu

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gracieux, délicats qu'il dotniait aux membres, écartaient ranimai des actions simples, réelles de la nature, auxquelles il substituait des attitudes de convention, qu'il entendait mieux que personne au monde. Mais Marcel ne savait rien de l'allure franche du sauvage. Mais à Constantinople, ayant à monlrer à marcher, à se présenter, à danser à un Turc, Miurel se serait fait d'autres règles. Qu'on prétende que son élève exécutait à merveille la singerie française du respect, j'y consentirai: mais que cet (Mève sût mieux qn un autre se désnler de la mort ou de l'infidélité d'une maîtresse, se jeter aux pieds d'un père irrité, je n'en crois rien. Tout l'art de Marcel se réduisait à la science d'un certain nomhre d'évolutions de société ; il n'en savait pas assez pour former môme un médiocre acteur; et le plus insipide modèle qu'un artiste eût pu choisir, c'eût été son élève.

Puisqu'il y a des groupes de commande, des masses de convention, des attitudes parasites, une distribution asservie au technique, souvent en dépit de la nature du sujet, de faux contrastes entre les figures, des contrastes tout aussi faux entre les membres d'une figure, il y a donc de la manière dans la composition, dans l'ordonnance d'un tableau.

Réfléchissez-y, et vous concevrez que le pauvre, le mesquin, le petit, le maniéré, a lieu même dans la draperie.

L'imitation rigoureuse de Nature rendra l'art pauvre, petit, mesquin, mais jamais faux on maniéré.

C'est de l'imitation de nature, soit exagérée, soit embellie, que sortiront le beau et le vrai, le maniéré et le faux ; parce qu'alors l'artiste est abandonné à sa propre imagination: il reste sans aucun modèle précis.

Tout ce qui est romanesque est faux et maniéré. Mais toute nature exagérée, agrandie, embellie au delà de ce qu'elle nous présente dans les individus les plus parfaits n'est elle pas romanesque? Non. Quelle différence mettez-vous donc entre le romanesque et l'exagéré? Voyez-le dans le préambule de ce Salon.

La (lifl'érence de l'Iliade à un roman est celle de ce monde tel qu'il est à un monde tout semblable, mais où les êtres, et

par conséquent tous les phénomènes physiques et moraux, seraient beaucoup plus grands : moyen sûr d'exciter l'admiration d'un pygmée tel que moi.

Mais je me lasse, je m'ennuie moi-même, et je finis, de peur de vous ennuyer aussi. Je ne suis pas autrement satisfait de ce morceau, que je brûlerais si ce n'était sous peine de le refaire. ' {Salon de 1767.)

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