AVANT-PROPOS
Je n'ai que peu de mots à dire sur l'esprit, le sujet et le plan de ce livre.
Son esprit est connu d'avance de tous les lecteurs de ma Théodicée et de mes autres publications philosophiques. Ceux pour qui je suis un homo novus le connaîtront dès les premières pages. C'est l'esprit de la philosophie chrétienne, de cette philosophie qui croit à la raison humaine et à son nécessaire accord avec la foi ; à ses droits, mais aussi à ses devoirs envers la raison divine ; à sa puissance, mais aussi à ses limites.
Son sujet est exactement indiqué par son titre. Il n'a nullement la prétention d'être une histoire détaillée, systématique et chronologiquement suivie de la philosophie française en notre
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siècle ; mais il essaye d'en marquer les principaux traits et d'en représenter la vie et le mouvement dans un tableau général à peu près complet et tout k fait fidèle.
Son plan n'a pas toute l'unité artistique d'une œuvre fondue d'un seul jet. Il en a cependant une très-réelle, sans parler de cette unité supérieure qui relie les uns aux autres tous les travaux d'un même auteur sur un même sujet, quand ils sont fondés sur un même principe, inspirés par un même esprit, dirigés vers un même but. Des trois études dont il se compose la troisième, aussi étendue à elle seule que les deux premières et dont j'aurais pu faire un volume moyennant quelque artifice typographique, est proprement le tableau d'ensemble, où les divers groupes philosophiques de notre temps sont successivement caractérisés et décrits, puis mis aux prises les uns avec les autres, et où les travaux de la philosophie chrétienne occupent une place d'autant plus considérable qu'ils sont ailleurs systématiquement méconnus ou passés sous silence. La première et la seconde préparent le lecteur à pénétrer plus aisément et plus profondément le sens des luttes philosophiques dont nous sommes aujourd'hui les témoins, en
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analysant avec plus de détail les deux faits les plus éclatants de Thistôire des idées contemporaines, à savoir, premièrement, la naissance, les progrès, la domination passagère, la décadence aujourd'hui visible de l'école spiritualiste et rationaliste dont M. Cousin a été longtemps le chef incontesté; secondement, la renaissance et le retour offensif des doctrines négatives dont l'expression la plus complète s'appelle matérialisme, et dont Técole de M. Cousin croyait avoir pour jamais consommé la défaite. Le lecteur visite ainsi tour à tour les trois camps en présence : la philosophie négative, qui détruit directement la raison ; la philosophie rationaliste, qui la détruit indirectement en la déclarant souveraine et devient , sans le savoir et sans le vouloir, une pépinière de panthéistes, de positivistes, de sceptiques de toute sorte; la philosophie chrétienne, qui seule assure la raison humaine en Tappuyant à la raison divine, et seule affermit efficacement dans les âmes la foi aux grandes vérités de Tordre métaphysique et de Tordre moral.
Je crois pouvoir compter sur des lecteurs dans ce troisième camp. J'en espère quelquesuns dans les deux autres, et c'est là surtout que
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j'en voudrais rencontrer. Il me sera donc permis de dire aux uns et aux autres quel esprit il me paraît qu'ils doivent apporter à cette lec* ture s'ils veulent qu'elle profite à l'établissement ou à l'affermissement du règne de la vérité en eux-mêmes et autour d'eux.
Je demande aux lecteurs chrétiens une sévérité très- rigoureuse pour moi. Nous soutenons la même cause, et nous savons qu'elle est la bonne. Mais une bonne cause peut être mal défendue ; et il n'y a rien, à mon sens, de moins philosophique et de moins viril que d'approuver de confiance tout livre, toute discussion , tout raisonnement qui conclut bien. De même qu'il y a un amour faible et aveugle qui voit tout en beau dans la personne aimée et ne l'aide point à devenir meilleure parce qu'il la croit parfaite, de même il y a une sympathie doctrinale qui, trop souvent, ferme les yeux sur les faiblesses de toute démonstration dont on accepte d'avance la conclusion, et qui rend à la bonne cause le mauvais service d'applaudir à tous les traits lancés pour sa défense, même quand ces traits ne portent pas. Excès pour excès, mieux v^ut cent fois celui de la clairvoyance, de celle qui ne passe rien aux person-
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nés aimées parce qu^elle les voudrait parfaites, et de celle qui oe passe rien aux livres où la vérité est défendue parce qu'elle les voudrait irréfutables. Je supplie qu'on ait pour moi cette clairvoyance, et qu'on -m'éclaire sur ce qu'on pourra trouver d'inexact , d'incomplet , à^inconclusif dans ce livre. Il n'y a pas d'apparence , ayant fait de mon mieux, que je le découvre de moi-même. Mais si on fait cette bonne œuvre fraternelle de me le montrer, j'espère, quelque tendresse qu'il y ait au cœur des pères pour les plus mal venus de leurs enfants, que je réussirai à le reconnaître et que je travaillerai à le corriger. Mon premier mouvement sera, sans nul doute, de dire :
ce C'est le plus bel endroit ; » mais tout mon effort tendra à ce que ce premier mouvement, qui n'est pas toujours bon, ne soit pas le dernier.
Aux lecteurs qui me pourront venir de la philosophie négative et de la philosophie rationaliste, je demanderai aussi une sévérité trèsrigoureuse ; — non plus pour moi, car je sais d'avance que cette vertu ne leur manquera guère, mais pour eux-mêmes.
Je supplie les premiers de se den^'»nder av^nt
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tout si leur parti pris contre la métaphysique, contre les vérités absolues, contre l'existence des êtres immatériels, est de ceux auxquels on a le droit de se tenir parce qu'ils ne sont autre chose que l'impérieuse domination de l'évidence sur toute raison humaine, ou si, au contraire, il est de ceux dont on doit loyalement se dépouiller parce qu'ils n'expriment que des préférences et peut-être des préjugés qui, avant toute démonstration et toute - certitude, nous attirent vers tel parti et nous éloignent de tel autre. J'ose dire que tout dépend de cette première démarche, et que le spiritualisme aurait bien vite cause gagnée auprès de tout disciple des écoles négatives qui se poserait sérieusement cette question, non dans sa générahté vague, mais dans un détail tel que celui-ci : a Suis-je bien « sûr, — ce qui s'appelle sûr, — qu'il n'y a pas de a distinction entre le bien et le mal ? Est-ce imméa diatement évident ? est-ce démontré ? S'il y a a des raisons qui m'inclinent à nier cette dis- « tinction, et si ces raisons me paraissent fortes, « n'y en a-t-il pas aussi qui devraient m'incliner cr à la reconnaître ? Et s'il y en a, comme cela <c est sans doute, n'est-ce pas mon devoir de a m'offrir à la discussion qu'on me propose
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tf avec un esprit désarmé de ce parti pris sur « lequel, comme sur uue cuirasse enchantée, a tous les raisonnements s'émoussent et se bri- « sent ? — Suis-je bien sûr que je ne suis pas «libre? bien sûr que je n'ai pas d'âme? — « bien sûr qu'il n'y a pas un Dieu ? — bien sûr (c qu'il n'y a pas une autre vie ? bien sur « qu'il n'y a de vrai que ce que les sens per- « çoivent ? Est-ce évident ? est-ce démontré ? a puis-je l'affirmer sur mon honneur et ma cousue cience , comme un juré qui, pour rien au ce monde, pas même pour sauver sa vie, ne voua drait prévariquer ? £t si je ne le puis, que « fais-je autre chose, lorsque j'écarte, comme a étant en dehors de la science, les idées meta* <c physiques et les idées morales, sinon obéir à ce un préjugé qui est le pire ennemi de la vérité a et le pire ennemi de ma raison puisqu'il ce m'empêche d'ouvrir les yeux et de les tour- « ner du côté où l'on m'atteste qu'ils trouveront A la lumière? Ce qu'on m'atteste, on n'exige pas ce que je le croie sur parole, et l'on offre de a faire la preuve. Comment justifierai-je devant a ma conscience le préjugé qui me défend d'éce coûter cette preuve ? »
Oui, presque toujours, — et pourquoi ne
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dirais-je pas toujours ? — si on apporte à la re cherche du vrai cette disposition honnête^ courageuse et vraiment scientifique, cette parfaite bonne foi avec soi-même qui, de toutes les vertus intellectuelles, est peut-être la plus rare, on viendra très-vite à la lumière, si éloigné qu'on semblât en èlre d'abord. Car la lumière de la vérité, plus agile que la lumière matérielle, parvient instantanément à quiconque n'interpose pas entre l'œil et le rayon un obstacle volontaire. Aucune négation matérialiste, aucun que j'rtw-yeP positiviste, ne tiendront longtemps contre l'évidence des faits intérieurs, contre la certitude démonstrative des vérités métaphysiques dans une âme ainsi préparée.
Ce que je viens de dire aux matérialistes et aux positivistes, je le redis aux spiritualistes rationalistes qu'un préjugé différent, mais plus impérieux peut-être, retient loin de la vérité totale. Eux aussi ont à se demander avant toute chose où ils en sont de cette logique morale dont tout le monde se pique, 'mais que presque personne n'a le courage de pratiquer parce qu'elle impose des sacrifices. Eux aussi accusent la philosophie chrétienne d'être en dehors de la science^ comme ils en sont accusés eux-mêmes
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par la philosophie négative. Eux aussi ont à revenir sur cette proscription à priori qui rend d'eux à nous tout débat impossible^ et à examiner ce que vaut, scientifiquement, le parti pris auquel ils obéissent, a Je suis rationaliste sur la a foi de ce principe, qu^il ne peut pas y as^ir de a révélation véritablement di^ine^ et ce principe a est lui-même une partie de mon rationalisme. « Or, quand je l'énonce et que je me livre à lui, « suis-je bien sûr de mon fait ? Qu'il ne puisse y « avoir de révélation, est-ce évident? est-ce déa montré? Ma répugnance à accepter l'idée « d'une vérité surnaturelle est-elle certainement « un veto de ma raison, ou n'est*elle pas possi- (( blement un veto de mon orgueil ? Quand les <K chrétiens m'ont remontré que la possibilité « d'une révélation se déduit clairement de la ce notion même de Dieu telle que je la possède, «r et de la relation que je reconnais moi -même <K entre la raison humaine et la raison divine, a leur aî-je répondu , puis-je leur répondre a quelque chose ? — Qu'il n'y ait pas, en fait, a de révélation, est-ce évident? Puis-je le soucr tenir, quand une grande religion, à la beauté, « à la moralité, à l'action civilisatrice de la- « quelle j'ai souvent rendu hommage, se pré-
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a sente comme étant elle-même ce fait que je a conteste ? Est-ce démontré ? et quand je ré- « pète que cette religion n'est qu'un magnifique <c produit de la raison humaine, ai-je effacé les « titres historiques qu'elle me présente comme u donnant scientifiquement la preuve du con« a traire? ai-je examiné ces titres? puis-je me a dispenser de les examiner avec l'énergique oc résolution de les accepter s'ils sont authenti- «c ques, et, avec eux, toute conclusion qu'on en « pourra légitimement tirer ? — Je suis rationa- (c liste encore sur ce fondement, que ma raison a se suffit. Mais cela même, sur quel fondement <c est-ce que je l'affirme? Est-ce parce que j'en a suis certain pour tout de bon, ou parce qu'il a me déplairait qu'il en fût autrement ? N'ai*je « jamais eu là-dessus d'inquiétude , rien qui « ressemblât à un découragement, rien qui res« a semblât à un regard d'envie jeté sur ceux ce qui, s'appuyant comme moi à leur raison, a l'appuient elle-même à quelque chose de <c moins flottant, rien qui ressemblât à un désir a secret d'être plus assuré que je ne le suis de a ma voie et de ma destinée ? Puis-je en donner « ma parole d'honneur ? Suis'je certain que le « christianisme n'a rien fait pour la philosophie^
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« que ma pensée moderne ne lui doit rien, et <c que^ s'il disparaissait du monde avec les <x mille influences latentes dont il le pénètre ence core, ni la raison publique ni les mœurs pu- « bliques n'auraient rien à y perdre ? »
Oui, je le dis de nouveau avec une absolue confiance ; qu'un rationaliste, dans sa conversation intérieure, se dise cela à lui-même, et qu'il se place dans l'état intellectuel^ dans la disposition de cœur et d'esprit où cet examen de conscience lui commande de se placer, il est déjà plus loin du rationalisme qu'il n'est encore loin du christianisme et de la philosophie chrétienne.
C'est là, je le sais, un idéaU Ce n'est pas en une heure ni par un seul acte de volonté qu'on s'affranchit d'une disposition intérieure dans laquelle on a toujours vécu, d'un joug qu'on prend pour un signe d'indépendance.
Mais dans la mesure où on aura compris ce que je viens de dire et où on aura fait effort pour le pratiquer avec persévérance, dans cette mesure tomberont ou s'abaisseront les barrières que le préjugé négatif oppose à la vérité spiritualiste, le préjugé rationaliste à la vérité chrétienne. Vous donc qui ouvrirez ce livre en sachant
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qu'il combat les négations dont vous vous croyez sûr, mais dont au fond vous doutez, je vous supplie de faire, avant de le lire, cet acte de difficile courage et de délicate bonne foi, ne fûtce que pour une heure. Si vous êtes rationaliste, je vous en supplie au nom des hautes vérités qui nous sont communes et que vous voyez atteintes par la marée montante des doctrines négatives. Si vous êtes matérialiste ou positiviste, je vous en supplie au nom de l'amour de la vérité, seule chose qui nous soit commune encore. En vous demandant cela, je ne vous demande que de faire votre devoir.
Je dois donner, en terminant, sur une chose en soi la plus simple du monde, une courte explication qui serait fort inutile si nos mœurs publiques, en matière de controverse, avaient fait plus de progrès dans le sens de la charité et de la justice.
Dans les dernières pages de ce livre, consacrées à l'examen des travaux philosophiques du P. Gratry, Tilluslre écrivain est apprécié avec une sympathie hautement avouée qui, d'ailleurS) n'ôte rien à la liberté de mon jugement,
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et avec l'expression longuement motivée d'une vive admiration, d'une reconnaissance affectueuse pour les services qu'il a rendus à la raison publique et à la vraie philosophie.
Or, au moment même où se publie le livre où le P. Gratry occupe cette place d'honneur, je suis engagé contre lui dans une controverse très-vive aussi sur des points d'histoire et de théologie qui se rattachent à la question générale de l'infaillibilité dans l'Église catholique, et je démontre, — péremptoirement, comme il me semble, — que le P. Gratry abandonne, sans raison sérieuse, sous l'empire de craintes chimériques et d'imaginations presque maladives, une croyance qui était la sienne il y a peu d'années encore (i) ; qu'il lit mal les textes les plus clairs et leur fait dire le contraire précis de ce qu'ils disent ; qu'il ne reproduit pas et ne connaît pas les pièces principales des procès où il figure tout à la fois comme rapporteur, comme accusateur et comme juge ; qu'il recueille sans
(1) La croyance à rinfaillibilité du Pape parlant ex cathedra : « Presque tous les catholiques croient et tous admettent en pra- « tique que : le souverain Pontife jugeant solennellement {ex cà- • thedra) en matière de foi ou de moeurs, est infaillible. » (Connaissance de Dieu* !'• édition, 185S, — 6* édition, 1S64.)
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les contrôler aucunement des griefs imaginaires contre la doctrine opposée, à la sienne, s'associant ainsi, sans le savoir, à des calomnies manifestes; qu'il emploie contre la papauté des armes prohibées, destinées à devenir, entre d'autres mains, des armes contre l'Église ellemême ; enfin, que tout son travail porte la trace évidente d'une précipitation, d'une inattention et d'une passion qui lui retirent toute valeur scientifique.
Il s'est donc trouvé, par une coïncidence singulière, que j'ai eu sur ma table, le même jour et côte à côte, que j'ai corrigé les uns à la suite des autres les épreuves du livre où le P. Gratry est très-sympathiquement exalté et les épreuves des brochures où il est très-vigoureusement combattu. Je ne sais si quelques esprits chagrins, voyant une contradiction dans cette rencontre fortuite, estimeront que les éloges, qui avaient pour eux la priorité, devaient m'interdire la controverse et la critique, ou que la critique devait, par un effet rétroactif, me faire supprimer les éloges. Mais ce que je puis dire, c'est que je suis fort éloigné de l'un et de l'autre sentiment, et du second encore plus que du premier. Lorsque j'ai cru de mon devoir de
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combattre le P. Gratry, je l'ai fait sans hésita^ tion^ — non pas sans tristesse; elle a été grande de rencontrer devant moi, comme adversaire, un homme auquel , sans parler de mon inaltérable attachement personnel, je garde tant de reconnaissance pour ses éclatants services aux lettres chrétiennes, d'avoir à relever tant d'invraisemblables méprises chez un maître auprès duquel j'avais coutume de m'instruire, d'avoir à lui dire et à lui prouver, à lui soldat dévoué de l'Église, que, sans le savoir, il fait en ce moment les affaires des ennemis de l'Église. Mais surtout, je ne me serais pas pardonné d'avoir un seul instant, sous l'empire d'une juste désapprobation pour la polémique actuelle du P. Gratry, songé à cette bassesse de retrancher une seule ligne des justes louanges que j'ai données à ces beaux livres, la Sophistique^ la Connaissance de Dieu^ la Logique ^ la Connaissance de tAme^ qui resteront une des lumières et une des gloires de la philosophie contemporaine. La louange et la critique subsistent donc à côté l'une de l'autre, aussi méritées l'une que l'autre ; avec cette seule différence que la louange s'adresse à toute une vie consacrée à la défense de la vérité, la critique à une
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aberration passagère dont la durée ne saurait être longue et dont la fin, en laissant au Père Gratry Tétonnement douloureux d'avoir pu être, un instant, si différent de lui-même, nous donnera la joie de le retrouver tel que nous Tavons connu et tel que nous Tavons aimé.