‹ Philosophie de KantChapitre 18 sur 24 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

contraste une contradiction qui annonce plutôt un esprit profondément moral que rigoureusement conséquent; mais il témoigne aussi de la merveilleuse puissance de ridée du devoir dans une âme bien faite, quelque minée qu'elle soit au reste par le doute : car qui fut jamais plus sceptique en métaphysique et plus dogmatique en morale ? Kant représente à la fois le génie du scepticisme spéculatif et du dogmatisme pratique. Tout d'ailleurs n'est pas faux dans ce contraste. Que de difGcultés n'offrent point, que de doutes n'engendrent point les spéculations purement métaphysiques : telle est la nature et la condition de l'esprit humain ; mais en revanche quelle clarté plus lumineuse, quelle certitude plus inébranlable que celle de l'obligation morale ou du devoir, et que de difGcultés et de doutes ne disparaissent point devant lui ! Que si Ton envisage en elle-même la Critique de la raison pratiqWy quel profond sentiment de respect n'inspire pas cette religion du devoir qui en est l'âme I On peut sans doute reprocher à Kant d'avoir trop sacrifié le dévouement au devoir et le sentiment à la raison ; mais où trouver une doctrine morale, sinon plus large, du moins plus forte et plus saine? En outre que d*idées, ingénieuses ou prf)fondes, répandues partout dans ce beau livre ! Et quelle sévérité de méthode, quelle rigueur d'exposition ! Sans doute encore ou peut regretter que la pensée de Tauleur ne suive pas toujours une marche plus rapide et ne revête pas des formes plus simples ; mais jamais esprit plus philosophique ne fut appliqué à ces matières. D'ailleurs au milieu des complications de cette méthode et sous

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