‹ Philosophie de KantChapitre 4 sur 24 · EXAMEN DES FONDEMENTS · texte numérisé non relu

EXAMEN DES FONDEMENTS

première critique ; car^ comme s'il avait à cœur de réparer aussitôt ]m ruines quMl venait de faire au sein de l'antique dogmatisme, comme s'il lui tardait de tirer Tesprit humain du doute pénible où il Tavait jeté précédemmentt et de lui rendre à la fin la certitude, la foi et l'espérance dont il l'avait d'abord dépouillé, il s'était empressé, dans cet ouvrage même, d'opposer a la raison spéculative la raison pratique, et de rétablir sur le fondement de la seconde les vérités qu'il avait refusées à la première : la liberté de la volonté, l'immortalité de l'âme, l'existence de Dieu. Mais ce n'étaient là que des indications qui avaient besoin d'être expliquées et développées. Il fallait faire pour la raison pratique ce qui avait été fait pour la raison spéculative ; il fallait la soumettre à un examen régulier et approfondi ^ Établir l'existence et les caractères de cette faculté, ou, ce qui revient au même, des principes qu'elle fournit à la volonté; puis montrer comment ces principes impliquent ou appellent certaines vérités que la raison spéculative ne pouvait établir, et par là déterminent un nouvel ordre de connaissance, la connais-

1 A frai dire, je crois que, lorsque Kaat écrivit la Critique de la raison purey il comprenait sous ce titre la raison tout entière, la raison pratique comme la raison spéculative, et de là le caractère général de ce tilre et la conclusion de TouTrage même. Plus tardai sentit le besoin de (aire de Pétude de la raison pratique un ouvrage à part, qui servit en quelque sorte de pendant au premier, lequel deTcnait alors spécialement la critique de la raiion spéeulative. — ^Plns tard encore, comme je Fai expliqué ailleiin (voyez mon Examen de la critique du Jugement , Conclusion) ^ la Critique du Jugement Tint comme relier les deux ailes de tout Tédifice ; — mais, je le répète, dans la première pensée de Kant, la Critique de la raison pure devait représenter cet édifice tout entier.

sance pratique; tel est, d'une manière générale, le double but de la Critique de la raison pratique ^

Mais avant d'entreprendre cette grande œuvre, Kant s* y prépara et y prépara ses lecteurs par un ouvrage moins considérable , où il se bornait à analyser le concept de la moralité ou le principe fondamental de la raison pratique, et celui de la liberté qui y est indissolublement lié. Tel est le but du petit ouvrage intitulé : Fondements de la métaphysique des mœurs *.

Après avoir littéralement traduit ces deux ouvrages, qu'il ne faut pas séparer, je veui en faciliter encore l'étude par une analyse détaillée, et en examiner ensuite les principaux résultats, au point de vue de la philosophie de notre temps.

1 Cet ouvrage parut en 1788, c'esUà-dire sept ans après la Critiqu$ de la raison pure, et deux ans ayant la Critiqué du Jugemenl,

* Ce petit ouvrage parut eu 1785, cinq ans avant (a Critique de la raison fratique. -— Plusieurs éditions de ces deux ouvrages se succédèrent du Tkant mâme de Kant, mais sans que Pauteur y introduisit aucun ckangement.— J*ai fait ma traduction sur le texte de Tédition de Rosenkrantz.

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