‹ Philosophie de l'architecture en GrèceChapitre 4 sur 13 · L'APOGÉE · texte numérisé non relu

L'APOGÉE

L’énergie du sentiment national, dans chacun des États helléniques, l’abondance des richesses, la forte constitution de la cité, tels sont les trois éléments, trèsdéterminés et largement efficaces, qu’on voit en action pendant tout le vi® siècle. Au commencement du v® siècle, un grand événement, sans introduire d’autres caractères, porle jusqu’à leur plus haute puissance ceux qu’on vient de signaler. Le patriotisme, l’opulence, la vie urbaine, se développent pour ainsi dire jusqu’à l’extrême, et précipitent l’épanouissement des beaux-arts.

Depuis près d’un siècle déjà, la Grèce continentale semblait groupée autour de Sparte : c’est à cette ville que Crésus s’adresse comme à l’État président de la confédération hellénique. C’est elle qui règle les différends des Mégariens et des Athéniens, qui convoque scs alliés en convention en vue de rétablir Hippias à Athènes, etc... Mais les liens étaient encore faibles; la cité dorienne exerçait le prestige de sa puissance,

de ses mœurs extraordinaires, de son aptitude au commandement; mais le grand enthousiasme pour la patrie commune n’était pas né. 11 ne fallait pas moins que la pression d’un grand danger pour produire, entre tous ces États en discorde, la contraction puissante et comme la brusque prise en masse du sentiment panhellénique. La grande idée que le premier choc de la Grèce et de l’Asie avait fait entrevoir à Homère, et qu’il exprime par le mot significatif Panachéens, l’agression de Darius et de Xerxès contre la Grèce continentale la dégage pleinement en 490 (1). Pour la première fois, l’Hellénisme vibre tout entier comme un mêlai homogène. En devenant (pour un temps trop court) le grand principe de passion, le patriotisme collectif cherche instinctivement un autre organe que l’État dorien, égoïste et conservateur. A une date précise, en 476, il se fixe sur Athènes, devenue à son tour le président de la confédération et le chef de la guerre contre les Perses. Une activité prodigieuse, d’éclatants succès servent à la fois de mobile et de justification à cette préférence. Ils excitent, à un degré extraordinaire, l’âme du peuple appelé à cette haute fonction. Tout y est vie, chaleur, orgueil, ambition sublime, vaste générosité, infatigable espérance. C’est, en quelque sorte, la température du grand art; car les œuvres supérieures en ce genre sont faites avec l’excès de chaleur non dépensé par les nobles actions, et c’est au soleil couchant d’un jour héroïque que s’épanouissent les grandes

(1) « Ce n’est que depuis les guerres Médiques », disait Aristote,

« que les Grecs put çultivé la sagesse çt la vertu. »

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