Curtius, Griechische Geschichte , I
les Cyclades; sur la côte orientale de l’Argolide sont des bois épais de citronniers et d’orangers; le dattier africain vit dans un coin de la Crète. A Athènes, qui est le centre de la civilisation grecque, les plus nobles fruits du Midi croissent sans culture. Il n’y gèle guère que tous les vingt ans; la grande chaleur de l’été y est modérée par la brise de la mer ; sauf quelques coups du vent de Thrace et des bouffées de sirocco, la température y est exquise; aujourd’hui encore1 « le peuple a <fr l’habitude de coucher dans les rues, depuis le milieu « de mai jusqu’à la fin de septembre ; les femmes dor- « ment sur les terrasses. » En pareil pays on vit en plein air. Les anciens eux-mêmes jugeaient que leur climat était un don des dieux : « Douce et clémente, « disait Euripide, est notre atmosphère; le froid de « l’hiver est pour nous sans rigueur, et les traits de « Pliœbus ne nous blessent pas. » Et ailleurs il ajoute : « O vous ! descendants d’Érechthée, heureux dès l’anti- « quité, enfants chéris des dieux bienheureux, vous « cueillez dans votre patrie sacrée et jamais conquise « la sagesse glorieuse comme un fruit de votre sol, « et vous marchez constamment avec une douce satis- « faction dans l’éther rayonnant de votre ciel, où les « neuf Muses sacrées de Piérie nourrissent Harmonie « aux boucles d’or, votre enfant commun. On dit aussi « que Cypris, la déesse, a puisé des vagues dans l’ilissus « aux belles ondes et qu’elle les a répandues dans le