Aristophane
complété la gymnastique. Sous peine de mort, il fallait qu’un Spartiate valût dix Ilotes ; comme il était hoplite, fantassin, et qu’il se battait corps à corps, en ligne et de pied ferme, l’éducation parfaite était celle qui formait le plus agile et le plus robuste gladiateur. Pour y arriver, ils s’y prenaient dès avant la naissance, et, tout à l’opposé des autres Grecs, ils préparaient, non seulement l’homme, mais la femme, afin que l’enfant héritier des deux sangs reçût de sa mère, aussi bien que de son père, le courage et la vigueur1. Les jeunes filles ont des gymnases et s’exercent comme les garçons, nues ou en courte tunique, à courir, à sauter, à jeter le disque et la lance; elles ont leurs chœurs; elles figurent dans les gymnopédies avec les hommes. Aristophane admire, avec une nuance de raillerie athénienne, leur fraîche carnation, leur florissante santé, leur vigueur un peu brutale*. De plus, la loi fixe l’âge des mariages et choisit le moment et les circonstances les plus favorables pour bien engendrer. Il y a chance pour que de tels parents aient des entants beaux et forts; c’est le système des haras, et on le suit jusqu’au bout, puisqu’on rejette les produits mal venus. — Une fois que l’enfant commence à marcher, non seulement on l’endurcit et on V entraîne t mais encore on l’assouplit et on le fortifie avec méthode; Xénophon dit que, seuls entre les Grecs, ils exercent également toutes les parties du corps, le cou, les bras, les épaules, les jambes, et non seulement dans l’ado-