Aristote, Politique , VIII, 3 et A
jeux interrompus, et quantité de faits montrent que, d’année en année, ils deviennent plus populaires. En 776, ceux d’Olympie servent d’ère et de point de départ pour attacher la chaîne des années. Pendant les deux siècles qui suivent, on institue ceux de Pytho, de l’Isthme et de Némêe. Ils se réduisaient d’abord à la course du stade simple; on y ajoute successivement la course du double stade, la lutte, le pugilat, la course en chars, le pancrace, la course à cheval; puis, pour les enfants, la course, la lutte, le pancrace, le pugilat, d’autres jeux encore, en tout vingt-quatre exercices. Les coutumes lacédémoniennes y prévalent sur les traditions homériques : le vainqueur n’y reçoit plus un objet précieux, mais une simple couronne de feuillage, il ne garde plus l’ancienne ceinture; à la quatorzième olympiade, il se dépouille tout à fait. On voit, par les noms des vainqueurs, qu’il en vient de toute la Grèce, de toute la Grande- Grèce, des îles et des colonies les plus lointaines. Désormais il n’y a plus de cité sans gymnase ; c’est un des signes auxquels on reconnaît une ville grecque1. A Athènes, le premier date des environs de l’an 700. Sous Solon, on en comptait déjà trois grands, qui étaient publics, et une quantité de petits. De seize à dix-huit ans l’adolescent y passait ses journées, comme dans un lycée d’externes disposé non pour la culture de l’esprit mais pour le perfectionnement du corps. Il semble même qu’à ce moment l’étude de la grammaire et de la musique