Beulé, l'Acropole d'Athènes
l'Hymette et l’Anchesme où les colossales effigies de Zens indiquaient encore la parenté primitive du ciel tonnant et des hauts sommets.
Ils portaient le voile jusqu’à PErechthéion, le plus auguste de leurs temples, véritable reliquaire où l’on gardait le palladium tombé du ciel, le tombeau de Cécrops et l’olivier sacré, père de tous les autres. Là, toute la légende, toutes les cérémonies, tous les noms divins élevaient dans l’esprit un vague et grandiose souvenir des premières luttes et des premiers pas de la civilisation humaine ; dans le demi-jour du mythe, l’homme entrevoyait la lutte antique et féconde de l’eau, de la terre et du feu, la terre émergeant des eaux, devenant féconde, se couvrant de bonnes plantes, de grains et d’arbres nourriciers, se peuplant et s’humanisant sous la main des puissances secrètes qui entrechoquent les éléments sauvages, et, peu à peu, à travers leur désordre, établissent l’ascendant de l’esprit. Cécrops, le fondateur, avait pour symbole un être du même nom que lui1, la cigale, qu’on croyait née de la terre, insecte athénien s’il en fut, mélodieux et maigre habitant des collines sèches, et dont les vieux Athéniens portaient l’image dans leurs cheveux. A côté de lui, le premier inventeur, Triptolème, le broyeur de grains, avait eu pour père Diaulos, le double sillon, et pour fille Gordys, l’orge. Plus significative encore était la légende d’Êrechthée, le grand ancêtre. Parmi les